20 déc. 2008

La Cour d'Appel confirme l’innocence de Bahraoui

L'Economiste 1er quotidien électronique du Maroc

· Il était accusé de campagne électorale prématurée

· Le jugement n’a pas été apprécié par ses adversaires


Omar Bahraoui, président du Conseil de la ville de Rabat, a eu gain de cause au grand dam de ses adversaires politiques. En effet, la cour d’appel de Rabat a confirmé, mercredi dernier, le jugement prononcé en sa faveur par le tribunal de Première instance l’été dernier. Rappelons que Bahraoui était poursuivi pour campagne électorale prématurée lors des élections législatives de septembre 2007 avec utilisation des moyens de la commune. Il s’agit de véhicules ayant transporté des citoyens au domicile de Bahraoui. Quel était l’objet de cette visite? Pour ses adversaires, il s’agit d’une réunion qui s’inscrit dans le cadre d’une campagne électorale tenue avant le délai réglementaire. «Une simple rencontre avec les citoyens, car mon agenda de la journée ne me permet pas de les recevoir dans mon bureau», rétorque Bahraoui. «En ma qualité de président du Conseil de la ville, il est de mon devoir de recevoir les citoyens pour examiner avec eux leurs problèmes», précise-t-il.

Omar Bahraoui estime qu’il s’agit simplement «d’un complot fomenté par ses adversaires politiques qui n’arrivent pas à l’affronter sur le terrain». «Ces derniers ont utilisé les moyens et les médias de leur parti pour instruire le dossier et activer le jugement dans un délai record: 48 heures», se rappelle-t-il. Et d’ajouter que malgré cette pression partisane, la justice est restée au-dessus de la mêlée et a démontré son indépendance.

Chez ses adversaires politiques, c’est un autre son de cloche. «On respecte la décision de la justice, mais ce jugement ne peut en aucun cas convaincre l’opinion publique que Bahraoui n’a pas mené une campagne électorale avant le délai réglementaire», commente Faouzi Chaâbi, député du PPS et considéré comme farouche adversaire du président du Conseil de la ville. Il avance que ce dernier «continuera à utiliser les moyens de la commune pour la préparation des élections de juin 2009». En ce qui concerne la procédure judiciaire, Chaâbi s’interroge sur «la présence uniquement de 8 témoins sur les 84 qui ont été appréhendés par la police». «Dans les PV, ces derniers reconnaissaient avoir été transportés par les cars de la commune au domicile de Bahraoui. «Tout ce que je demande, c’est que le contenu de ces PV et le jugement soient publiés pour bien informer l’opinion publique sur ce dossier», souligne pour sa part Driss Lachgar, conseiller de la ville (USFP).
Enfin, on peut dire que ce dossier a été clos sur le plan judiciaire, mais ses retombées vont sûrement attiser la confrontation entre Bahraoui et ses adversaires politiques lors des élections de juin prochain.

Nour Eddine EL AISSI

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