14 sept. 2008

Expropriation massive dans le cadre de l’aménagement de la vallée du Bouregreg


Les habitants de Sidi Hmida fustigent le procédé de l’Agence d’Aménagement et avertissent ...

Par centaines, les habitants de Sidi Hmida à Salé ont signé une pétition dont ils ont déposé une copie à notre rédaction. En voici le texte : « L’Agence d’Aménagement du Bouregreg a décrété de faire passer deux textes de lois en vue de sortir les habitants à majorité rurale de la région de Sidi Hmida Hssain à Salé, de leurs terres, demeures et biens ancestraux. Cette MEGA-Expropriation (titrait un journal économique) aurait pour but un intérêt général et social.

L’AAB avait publié et communiqué sur toutes les presses écrites, radiodiffusées et télévisées, et de la bouche de son Directeur général, que les propriétaires des terres allaient être contactés pour leur proposer, une fois le plan d’aménagement arrêté, d’intégrer ce plan s’il le souhaitaient. S’ils ne voulaient ou ne pouvaient pas le faire, l’AAB leur proposeraient un rachat (après expertise) à la hauteur de leur biens au sol et en surface. Et en dernier lieu et s’ils n’acceptaient aucune des premières propositions, l’AAB se voyait obligée d’exproprier leurs terres.

Or, les propriétaires ont été fortement surpris, au cours du mois d’Août : mois de congés et parsemé des jours fériés et sacrés pour les Marocains parce que fêtes nationales (Révolution du Roi et du peuple et Fête de la Jeunesse), de la distribution en masse et par courriers recommandés de lettres d’avis d’expropriation en masse des biens et occupation des lieux, pour intérêt général.

La liste exhaustive de tous les futurs expropriés est sortie par la suite sur deux journaux.

Le responsable de publication des biens fonciers qui a donné cette interminable et historique liste d’expropriation, l’a fait en connaissance de toutes les données sur le terrain y compris les photos aériennes et le recensement des hommes, des biens en terre et en surface.

Et il publie pour des terrains sur lesquels des familles vivent depuis des décennies, et qui ont dessus leur maisons, leur puits, et tous leurs moyens de subsistance et de confort, que leur bien se résumait à une terre agricole vide et déserte.

Nous contestons avec beaucoup d’indignation la manière et la légèreté avec lesquelles ce dossier a été traité.

Les responsables de l’AAB ont une obligation morale et surtout juridique de se concerter avec les concernés pour tous projets de loi ou d’urbanisation les concernant, s’ils ne veulent pas induire l’émeute dans la population et embraser cette région tranquille de notre chère capitale.

Par ailleurs, les pré-projets publiés et connus de tous, avancent que notre région sera urbanisée avec des villas de luxe, des hôtels de haut standing, un golf de 18 trous, etc...

Si ces réalisations ont un intérêt social, nous participerons au projet avec tout ce que nous pouvons faire, pour ne pas déformer l’urbanisation touristique et de plaisance de la vallée.

Mais, si ces projets seront amputation et frustrations pour les propriétaires de cette région, et qui plus est, sont purement et simplement commerciaux, nous ne bougerons pas d’un pouce de nos biens, quelques soient les manigances.

Les propriétaires du « Grand Menzah » exigeront par tous les moyens légaux qui sont à leur disposition, à être intégrés dans cet aménagement, avec les exigences éventuelles d’un cahier de charge de la zone de projet, qu’ils sont prêts à négocier avec l’AAB.

Les propriétaires de la région de Sidi Hmida sont en effet sur la terre de leurs ancêtres, depuis des siècles pour certaines familles, ou sont des personnes qui ont choisi depuis des décennies, avant même la création de ce projet et de l’AAB, de vivre en paix et en sérénité sur le plateau du « Grand Menzah ».

De quel droit nous déraciner et arracher des milliers de familles à leur terres et biens de survie ? De quel droit les expatrier en masse ? Où iront-ils etoù habiteront-ils par milliers ? Combien on les rembourserait, est-ce que l’argent va leur dédommager le préjudice affectif et moral que l’expropriation de la terre de leur ancêtres leur impose ?

Nous n’avons évoqué ici ni les projets de développement humains ni ceux du développement du monde rural pour notre région, qui ont été démarrés puis stoppés (Routes, Eclairage, Eau potable, Téléphone...) pour déloger plus facilement les gens de la région, alors que nous sommes à proximité de tout ce qui s’est développé à Rabat et à Salé.

Si les responsables de l’AAB ignorent ce cri de désespoir, la tentative de nous sortir de nos maisons et biens fera un drame social et politique dans toute la région de Rabat-Salé.

Sa majesté le Roi que Dieu le glorifie, et derrière lequel nous sommes unis pour tous les projets de développement du Maroc moderne et prospère et surtout du monde rural, et qui a initié le projet de la vallée du Bouregreg, n’a jamais ordonné ou autorisé personne à exproprier en masse des populations entières de la région de la vallée pour l’exécution de ce projet que nous saluons d’ailleurs de tout coeur.

Les propriétaires du plateau du « Grand Menzah », conscients de leur Marocanité et du sens de la responsabilité vis-à-vis de tout développement du pays, exigent un dialogue urgent et citoyen des autorités compétentes avant toute décision qui pourrait nuire à l’avenir et à l’équilibre de cette région ».


Edité le: vendredi 12 septembre 2008.



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