Bouregreg: Le plan d’aménagement fin prêt
· Des propriétaires contre l’expropriation
· Ils réclament leur intégration aux projets programmés
· Les élus veulent renégocier les indemnisations
Le plan d’aménagement de la vallée de Bouregreg est fin prêt. Sa validation constitue une étape décisive dans la réalisation de ce mégaprojet. Mais cette opération risque de trop tarder. Car, avant même de passer à l’enquête publique, prévue du 24 septembre au 28 octobre prochain, une bonne partie des propriétaires est montée au créneau pour protester contre l’expropriation de leurs terrains. Or, cette enquête est primordiale pour la validation du plan d’aménagement. A signaler que sur une superficie de 6.000 ha que devrait occuper le projet, près de 55% des terres relèvent de la propriété privée. Et les associations représentant ces propriétaires ont commencé à se manifester dès lors que l’Agence pour l’aménagement de la vallée de Bouregreg (AAVB) a saisi les concernés de l’objet de l’enquête.
Pour plus d’efficacité, ces associations ont créé une commission de coordination pour défendre leurs intérêts. Laquelle commission a déjà produit un communiqué, mercredi dernier, annonçant l’organisation vendredi 12 septembre d’un sit-in d’une heure. Et, comme nous l’annoncions dans notre édition du jeudi 11 septembre, le lieu choisi pour cette manifestation est à proximité des terres ciblées par l’expropriation. Plus précisément dans le carrefour qui mène vers Sala Al Jadida et Sidi Hmida. Plus de 2.000 propriétaires y sont attendus, dont la majorité composée d’agriculteurs. Ils seront accompagnés de membres de leurs familles. «Nous refusons toute opération d’expropriation de nos terrains non justifiée pour utilité publique, et ce, conformément à la réglementation en vigueur», selon les termes du communiqué. Et d’ajouter, «la majorité de nos terres seront exploitées pour des projets purement immobiliers et commerciaux. Pour cela, on demande d’être intégrés dans la réalisation de ces projets». Sur ce point, les dispositions du nouveau plan d’aménagement ne font aucune place aux constructions individuelles ou collectives via le cadre des associations. 
Ayants droit
La réalisation de ces projets sera confiée uniquement à des promoteurs privés nationaux ou étrangers. Sur ce volet, il faut rappeler qu’avant le lancement du projet de Bouregreg (en 2005), toutes les opérations immobilières et les autorisations de construire ont été suspendues dans l’attente de la publication du nouveau plan d’aménagement. «Je n’ai pas pu vendre mon logement et rejoindre l’ensemble de ma famille installée actuellement en France», s’indigne un retraité. Pour les responsables de l’agence, cette mesure est dans l’intérêt des propriétaires, car elle les protège contre les tentatives de spéculation.
D’autres problèmes d’ordre administratif ou juridique ont également été soulevés par certains propriétaires. «Mon nom ne figure pas sur les listes publiées par la presse», conteste un habitant de Salé qui a acheté le terrain uniquement par contrat légalisé. «L’agence m’a demandé d’aller traiter avec l’ex-propriétaire dont le nom figure toujours sur le titre foncier», explique-t-il.
D’autres personnes viennent au siège de l’agence pour connaître si elles sont concernées par cette opération d’expropriation. «Compte tenu de l’importance du site d’une superficie de 6.000 ha avec une profondeur de 17 km, une grande partie de la population ignore encore les limites avec exactitude du plan d’aménagement», précise un membre de la commission de coordination.
Grogne des élus
La grogne gagne aussi les élus. Ainsi, le conseil de la commune de Salé a reporté, lors de sa dernière session tenue vendredi 5 septembre, le point relatif à la convention sur les indemnisations par l’agence des infrastructures démolies et le foncier mis à la disposition du projet. Le montant de ces indemnisations a été fixé auparavant à 50 millions de DH. Les élus réclament plus. «On nous a dit au début que ces terrains seront réservés à des espaces verts et des aménagements publics. Or, selon le plan d’aménagement, ce foncier sera utilisé pour la construction de résidences et de locaux de commerce», indique un élu lors de son intervention. Pour cela, une partie des élus juge nécessaire de renégocier le montant accordé. «On va également réclamer à l’agence un calendrier précis pour le début des travaux de certains complexes sportifs et culturels que l’agence s’est engagée de réaliser en partenariat avec la commune», souligne un élu de l’opposition.
En ce qui concerne la consistance du nouveau plan d’aménagement, on doit retenir qu’il est composé de zones. Bab Al Bahr et Amwaj constituent les premières séquences du chantier, dont les travaux d’aménagement ont été lancés depuis janvier 2006. L’agence prévoit quatre autres séquences appelées à compléter la mise en valeur des deux rives tout au long de la vallée. Le début des travaux au niveau de ces 4 zones est prévu d’ici une dizaine d’années.
Plusieurs projets d’infrastructures de grande envergure sont programmés. Certains sont déjà mis en service comme c’est le cas de la marina. D’autres sont en cours de réalisation. Il s’agit notamment de la plate-forme du futur tramway, le nouveau pont Moulay El Hassan et le tunnel des Oudayas. Des projets concernant les domaines de la culture, de l’enseignement et du sport figurent également au menu. Sans oublier les espaces verts et les lieux de loisir. Pour créer une dynamique économique au niveau de la région, des parties du site seront réservées à la réalisation de projets immobiliers et hôteliers. Les services et les activités commerciales seront également développés.
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Nombre d’étages
Sur le plan architectural, le plan d’aménagement limite le nombre des étages selon les zones.Pour les parties proches de la médina, il ne faut pas dépasser les 3 à 4 étages, et ce, par respect aux monuments historiques situés à proximité de la zone. Un peu plus loin, au niveau des vallées, on peut trouver les 5 et 6 étages.«Des émergences, dont la hauteur n’est pas encore fixée, seront autorisées dans les zones les plus reculées», précise Lemghari Essakel, directeur général de l’agence.
N. EL AISSI
Libellés : Aménagement du Bouregreg, Social et Habitat


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