Les corsaires s’emparent des Oudayas

· Le spectacle «Les enfants du Bouregreg» le 21 août
· Budget: 13 millions de DH
Une légende raconte que l’astrologue Ibn Driss Marchal a prédit que la Casbah des Oudayas tombera aux mains des tribus corsaires dans 700 lunes! Et selon les calculs des astronomes, la 700e lune aurait lieu le 21 août prochain! Ce soir-là, la troupe des Karacena (pirates en arabe) va rejouer cette prédiction, un spectacle qu’ils intitulent «Les enfants du Bouregreg».
Cette création est réalisée dans le cadre de la 2e édition de la biennale des arts du cirque et du voyage. C’est l’Association marocaine d’aide aux enfants en situation précaire (AMESIP) et l’Académie Fratellini dirigée par Laurent Gachet qui ont imaginé cette création. En 2006, Gachet, concepteur et metteur en scène, lance Karacena, la 1re édition de la biennale des arts du cirque et du voyage à Salé. Une aventure qui prolonge la coopération qu’il initie avec l’Amesip et qui a conduit aussi à la création de Shems’y, première école de cirque du Maroc.

Le nouveau spectacle se déroulera comme suit: une foule se rassemblera sur les berges du Bouregreg, en brandissant des lumignons. Une fois la nuit tombée, les corsaires voudront prendre d’assault la ville. Chacune des scènes combinera projection d’images sur la casbah, action sur le plan d’eau ou berges faisant appel aux jeux nautiques et disciplines du cirque, éclairage par la lumière et le feu…
Des bougies de Salé, fantasias, comédiens du cirque de Shems’y, cascadeurs de Ouarzazate, apprentis des métiers de la confection… toutes ces composantes ont participé à monter le spectacle «Les enfants du Bouregreg». Le coût de ce dernier est estimé à 13 millions de DH dont 60% pour le budget artistique et technique, 20% pour la gestion de production et les services et le reste pour les actions de communication. Le tout consolidé par les aides logistiques et les apports en nature d’entreprises privées et la contribution des pouvoirs publics. Et c’est depuis décembre 2007 que les préparatifs sont en cours: recherche de financement, recrutement des équipes, études de faisabilité, construction des chantiers, casting, écriture du spectacle, répétition. En somme, tout est fin prêt pour offrir un spectacle qui promet d’être grandiose.
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Bouregreg, repaire des pirates
C’est au bord du Bouregreg que Rabat et Salé doivent leur naissance, il y a plus de 20 siècles. Le fleuve prend sa source dans le Moyen-Atlas. Pour les Marocains, le Bouregreg c’est surtout son estuaire et au-delà, ils n’imaginent pas ce qu’est l’oued. Un oued qui a même changé de nom puisqu’il s’appelait dans l’antiquité, Oued Sala (la rivière salée), ce n’est qu’au XIIIe siècle qu’il devient Bouregreg, sans doute une étymologie berbère, «regrag» signifiant «gravier» en berbère. Trait d’union entre les «sœurs rivales», le Bouregreg a constamment posé des problèmes pour sa traversée, car malgré les conflits entre les cités, il y a toujours eu échange. Depuis l’origine, on traverse en barques. Au XVIIe siècle, les pirates de la république du Bouregreg firent de Salé leur repaire. En s’engageant pour le compte du sultan, les pirates deviennent des corsaires, au service du pays. Le port de Rabat aurait alors compter jusqu’à 60 vaisseaux en son sein.
Jihane Kabbaj
Connaître l'histoire du Bouregreg
Libellés : Aménagement du Bouregreg, Arts et culture, Social et Habitat, Vie de la cité

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