Et de treize pour le Festival Jazz au Chellah
Un événement marquant le trait d'union entre deux cultures
Ayant acquis une notoriété considérable au fil des éditions, le Festival Jazz au Chellah revient avec force s'imposant de plus en plus sur la scène culturelle et artistique de la capitale et drainant tout au long de ses cinq soirées, un public assoiffé de ce style musical.
Des fans qui reviennent et d'autres qui contribuent à l'épanouissement de cette grande manifestation ayant pris de l'ampleur et de la valeur. «Le Festival Jazz au Chellah est une scène de choix pour relancer l'esprit de tolérance, de dialogue et d'expression artistique ouverte sur l'espace euro-méditerranéen et sur le monde.
Cette manifestation regroupe des artistes marocains et européens qui nous font partager des moments uniques de la musique», souligne Bruno Dethomas, ambassadeur, chef de délégation de la Commission Européenne. Quant au discours de Mme Touria Jabrane, ministre de la Culture (lu en son absence par Souad Razzoq de la direction des arts), celui-ci a été porteur de beaucoup de messages d'encouragement et de félicitations pour cet événement favorisant des moments intenses de partage et d'échange entre les deux cultures. L'ouverture de cette année l'atteste considérablement, vu le choix des musiciens sollicités, réunissant, dans la même soirée, le Belge Philip Catherine, en première partie, et le trio autrichien Dhafer Youssef et Wolfgans Muthspiel en fusion avec le flûtiste marocain, Said Nouiar. Un concert unique où le ton de cette édition a été donné à travers le classicisme épuré de Philip Catherine, ayant joué pour le public de Chellah, en dehors des musiques brésiliennes dont il est si friand, plusieurs de ses compositions.
Des moments magiques que nous avons pu apprécier avec beaucoup de sérénité et de méditation dans ce beau cadre historique du site du Chellah. L'approche unique et le lyrisme émotionnel du jeu de Philip le place en avant-gardiste de la scène européenne du jazz depuis les années soixante.
Ce virtuose de la guitare a été suivi, en deuxième partie de la soirée, par du chant soufi du lutiste Youssef Dhafer, musicien austro-tunisien, considéré comme l'une des plus belles voix du monde. Il a été accompagné d'un autre grand de la guitare européenne en la personne de Wolfgang Muthspiel. Un très bon métissage qui fut rehaussé par la flûte du génial Said Nouiar. Cette fusion de la guitare du nord, du oud du sud et de la flûte, a constitué un véritable trait d'union entre nos deux cultures, créant un univers féerique et spirituel, très enraciné dans la tradition soufie dans laquelle puise le musicien Youssef Dhafer.
Un voyage musical sans précédent, comme l'ont qualifié les directeurs artistiques du Festival, où les cigognes du Chellah n'auront qu'à bien se tenir pour suivre des musiciens migrateurs, en exil permanent et aux oreilles grandes ouvertes sur les mouvements et les sons du monde contemporain. Ce beau périple s'est poursuivi, le second jour du Festival, par l'exploration de nouveaux espaces d'improvisation où se mélangent jazz, rock et folk à travers le groupe Pink Freud de Pologne, qui a donné le relais à une rencontre très exceptionnelle entre State Of Monc de Hollande, Ahmed Cherkani au violon et Abdellah El Allaoui aux percussions.
D'autres fusions ont pris part aux concerts du week-end avec le gnaoui Hassan Boussou, en digne héritier de son père feu Hmida Boussou, accompagnant les sons du balafon de Lansiné Kouyaté, puis la rencontre du fougueux trompettiste italien, Flavio Boltro, l'énergique percussionniste, Jauck El Maleh, et le lutiste, Youssef Oulmadani, sans oublier de mentionner les belles prestations du duo Florin Nicolescu (violon) et Andreas Oberg (guitare), puis celle du trio «The Neil Cowley», ayant subjugué le public du Chellah avec son expérience qui donne à sa musique une perspective l'éloignant des sentiers battus de l'héritage jazz.
Et pour clôturer cette 13e édition, les organisateurs du Festival ont prévu, aujourd'hui, une rencontre au sommet à mettre sur l'agenda de tous, avec le plus beau trio de jazz métissé réunissant Majid Bekkas, Joachim Khün et Ramon Lopez qui nous présentent, pour la première fois au Maroc, le projet Kalimba, figurant parmi les 10 meilleurs albums jazz de l'année 2007.
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Un Jazz fusionné
Depuis sa création, le Festival de Jazz au Chellah s'impose comme un événement incontournable de la capitale et du Maroc tout entier.
Organisée depuis 1996 conjointement par la Délégation de la Commission européenne au Maroc, les ambassades et Instituts culturels des Etats membres de l'Union européenne, en partenariat avec le ministère de la Culture et la wilaya de Rabat-Salé, cette manifestation constitue un témoignage concret du partenariat culturel Europe-Maroc.
Pour sa 13e édition, le menu est un véritable tour de l'Europe en jazz. Du jazz oriental, à l'électro jazz, en passant par la musique du monde revisitée, puis le classic jazz pour finir par l'une des plus belles fusions jazz au monde. Une sélection que nous devons énormément à Habib Achour, directeur artistique côté européen, et Majid Bekkas, directeur artistique côté marocain.
Par Ouafaâ Bennani | LE MATIN
Libellés : Arts et culture, Vie de la cité


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