«l’affaire du FUS» : le Conseil de la ville statue aujourd’hui
Les dessous de «l’affaire du FUS»
· Des résistances contre le projet de développement du club
· Le Conseil de la ville statue aujourd’hui
Les murs de la salle couverte fissurés, les vestiaires nauséabonds, les portes sans poignées, le gazon de la pelouse envahi par les mauvaises herbes... Les infrastructures du Fus de Rabat sont dans un état de délabrement avancé. Ce Club Omnisports (18 sections) a besoin plus d’une cure de jouvence. Dans l’immédiat, le Fus a lancé un programme d’urgence de 4 millions de DH. L’objectif est de mettre à niveau les installations pour permettre aux adhérents de jouer dans de meilleures conditions. Mais en attendant, c’est un véritable plan de restructuration avec la création de deux sociétés anonymes (Fus gestion et Fus développement), détenues totalement par l’association Fus Omnisports qui se prépare. Le Fus est représenté aux conseils d’administration des deux sociétés par le président Mohamed Mounir Majidi et les membres du comité directeur que sont Mouatassim Belghazi (président de Somed) Mustapha Bakkoury (DG de la CDG) notamment. Ceux-ci agissent en qualité de représentants du Fus Omnisports et non intuitu personae. Ces personnes n’ont aucun intérêt direct ou indirect dans ces deux sociétés, note un document du club. «Ce projet de développement du Fus ne profitera pas aux personnes citées. Au contraire, il est destiné à bénéficier à la collectivité et à la jeunesse de Rabat», précise Mouatassim Belghazi, par ailleurs, président de la Fondep (micro-crédit).
Il est à noter que l’une des variantes du montage repose notamment sur un projet d’investissement sur les terrains actuels du Fus (d’une superficie de près de 2,5 hectares) afin de permettre au Club de financer la construction et l’aménagement de nouvelles infrastructures conformes aux standards internationaux. Le Club devra déménager ailleurs. Des sites ont été prospectés pour accueillir ces nouvelles installations. Mais, avant de trancher définitivement, il faudra attendre la décision du Conseil de la ville qui doit statuer sur le projet aujourd’hui. «En tant que président du Fus, je conçois que des personnes ne soient pas d’accord avec ce projet de développement. Nous sommes en démocratie et d’autres intervenants peuvent faire du lobbying ou d’autres propositions. Mais, quelle que soit la décision du Conseil de la ville, nous l’accepterons», a tenu à préciser Mounir Majidi lors d’un point de presse donné dimanche à Rabat. Il est à rappeler que ce projet a été discuté avec les clubs mitoyens comme le Stade marocain et l’Olympic marocain, considérés comme des parties prenantes.
M. C.
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Le projet de Mounir Majidi pour le Fus
· L’effort sera concentré sur la formation
· D’abord verrouiller le business-plan
Mohamed Mounir Majidi est depuis peu président du Fath union sportive (Fus) de Rabat. Le secrétaire particulier du Souverain, qui s’est entouré d’une équipe de managers de premier plan, a conçu un projet de développement ambitieux pour assurer au Club des ressources pérennes.
- L’Economiste : Avec votre projet pour le Fus, nous assistons à une nouvelle génération de clubs. Mais comment allez-vous dépasser les différentes contraintes juridiques et économiques?
- Mohamed Mounir Majidi: C’est vrai que nous sommes face à plusieurs contraintes. Nous avons essayé de commencer à nous attacher à l’économique. Mais, d’autres contraintes juridiques persistent puisque le statut de l’association à but sportif comme on le voit ailleurs n’existe pas.
La fiscalité sportive n’est pas adaptée. Quand j’ai démarré dans la vie professionnelle, j’avais un patron qui avait une expression selon laquelle, il fallait, de temps en temps, lâcher le tigre et le laisser cavaler. Ceux qui ne courent pas vite se feront manger et les autres arriveront à se débrouiller. Si nous devons attendre de mettre en place le cadre juridique, la fiscalité, le financement, les infrastructures, cela ne viendra jamais. Par moments, il faut savoir plonger. Aujourd’hui, nous sommes en train de penser à des solutions pour le volet économique. Par la suite, nous serons confrontés aux problèmes juridiques, fiscaux,... tout cela sera traité avec notre environnement pour trouver les meilleures solutions.
- Est-ce que le projet s’inscrit dans une stratégie nationale?
- Sincèrement, je n’ai de leçons à donner à personne. Et donc, il n’y a pas de stratégie nationale. C’est un projet pour le Fus, sur lequel je travaille pour que le club devienne un modèle, avec une gestion moderne, des ressources pérennes, des infrastructures valables et un encadrement de qualité. Le Fus aura une pépinière de premier choix. Donc la majorité des efforts sera concentrée sur la formation. Et le Maroc dispose de jeunes talents d’exception qui ne sont malheureusement pas suffisamment bien formatés. Maintenant, si cette expérience réussit et d’autres s’en inspirent, c’est tant mieux. Mais, mon objectif n’est pas de donner des leçons.
- Y a-t-il un calendrier de réalisation du projet?
- Pas du tout. Nous sommes un peu débordés par les évènements. Ce qui a été exposé lors de la conférence est un projet qu’il faut affiner et préciser. Par la suite, il s’agira de mettre en place un business plan et veiller à ce qu’il soit bien exécuté.
- On vous connaît comme secrétaire particulier du Souverain. Quelle est votre relation avec le football?
- Elle est la même que les 30 millions de Marocains qui sont épris de football. J’ai toujours été passionné par ce sport et j’ai toujours suivi les équipes marocaines dans leurs épopées africaines, notamment le Wac, le Raja ou les Far par exemple. Comme la plupart des Marocains, je me suis toujours désolé des déceptions vécues lors de certaines trajectoires de l’équipe nationale. Aujourd’hui, l’opportunité m’est donnée d’apporter mon grain de sel dans ce domaine. Je le fais du mieux possible. Mais pour réussir, on n’a pas besoin d’être un expert de football ou d’athlétisme. Il faut juste avoir des notions gestion, beaucoup de volonté et de la bonne foi.
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Deux SA pour le Fus
Mohamed Mounir Majidi veut moderniser le Fus de Rabat en lui donnant les moyens de se restructurer pour avoir des ressources pérennes. Pour cela, il était face à deux options. «La première consiste à demander à la ville ou à l’Etat de donner de l’argent pour la mise à niveau du Club. Dès le départ, l’idée a été écartée, sachant qu’ils avaient d’autres priorités. Notre requête devait rester lettre morte», rappelle- t-il. Pour lui, la deuxième option ne coûte rien à l’Etat ni à la ville. Le terrain est une propriété du Fus, via un bail emphytéotique depuis un demi-siècle. « Nous demandons la régularisation du statut foncier du terrain pour trouver des solutions au développement du Fus », souligne le président du Club. Il est à noter que la mise à niveau du Club a nécessité la création de Fus gestion et Fus développement, deux sociétés anonymes. La première aura pour objectif de gérer les infrastructures du club civil de Rabat. La deuxième servira à mobiliser les ressources pour que le Fus puisse détenir un patrimoine qu’il faudra fructifier.
Propos recueillis par Mohamed CHAOUI
Libellés : Aménagement du Bouregreg, Social et Habitat, Vie de la cité

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