19 nov. 2007

Omar El Bahraoui a fait main basse sur la capitale



Lors des travaux de la session du Conseil de la ville de Rabat tenue vendredi dernier, le maire de la capitale, Omar El Bahraoui, a une nouvelle fois abusé de ses pouvoirs. Il a effet exclu de la séance, et de façon illégale, un membre de la commune urbaine suite à une simple divergence de points de vue. En outre, il a fait appel au Parquet de la ville pour enquête.

Cette divergence de point de vue entre le maire et Fawzi Chaâbi a commencé lors des interventions de plusieurs conseillers dans le cadre des «points d'ordre». Des éléments de «la machine» du président entravaient les interventions de ces conseillers de l'opposition. Ils manoeuvraient pour ne pas laisser les autres critiquer la gestion désastreuse de leur président. Dans ce sens, l'intervention de Fawzi Chaâbi était la goutte qui a fait déborder le vase en soulevant une question que se posent les habitants de la ville : le fait que le président reste aux commandes de la capitale alors qu'il est poursuivi en justice pour dépravation électorale.

Cela était suffisant pour que le maire de la ville perde son sang froid, et profère des insultes à l'égard de Chaâbi et de sa famille, tout en l'empêchant de poursuivre son intervention. Pire, El Bahraoui a recouru à l'article 63 de la Charte communale qui lui permet d¹expulser tout membre qui «perturbe l'ordre public».

Or l'application d'une telle sanction devrait d'abord être précédée par un avertissement adressé au conseiller en question, chose que le président n'a pas faite. En plus, d'après des sources concordantes, il n'y avait pas lieu d'invoquer cet article qui a été abusivement utilisé par le maire.

Le différend entre les différents membres d'un Conseil est chose courante et se règle en général le plus démocratiquement du monde. Mais à Rabat, la réaction du maire de la ville, soutenu par le représentant du wali qui assistait aux travaux de ladite session, en faisant appel au Parquet, pose un tas de questions sur la l'impartialité, voire la collusion, des autorités de tutelle. Ce questionnement est d'autant plus légitime que Bahraoui était auparavant responsable au ministère de l'Intérieur (services des collectivités locales) et président de la commune urbaine de Youssoufia durant de longues années, avant d'être parachuté aux commandes de la gestion de la chose locale de la capitale du Royaume.

À rappeler que les déboires actuels du maire de Rabat ont empiré en août dernier, lorsqu'il a été pris en flagrant délit par la police lors d'une descente à son domicile, arrêtant plus de quatre-vingts personnes qui étaient conviées à une réception visant à mettre au point son programme de campagne électorale avant terme et avec les moyens de la ville. L'affaire est toujours devant la justice. Quelques mois auparavant, il a été épinglé par la Cour régionale des comptes. L'enquête menée par des limiers de la Cour régionale des comptes de Rabat a révélé plusieurs irrégularités et dysfonctionnements. Il est reproché dans un rapport de dizaines de pages (lettre d'observation) de cette Cour régionale des comptes au maire de Rabat sa gestion opaque de plusieurs dossiers et marchés de la ville.



B. Amenzou<

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