5 oct. 2007

Une ville verte à l’orée de Rabat



· Bab Zaër recevra ses premiers habitants en 2010

· 1,2 milliard de DH pour la première tranche


En ligne de démarcation, une forêt d’eucalyptus sur des plaines douces inclinées vers l’océan, couvertes au tiers par les forêts de la Maâmora au nord et de Témara au Sud. Un domaine agricole de plus de 3.000 hectares, avec fermes et écuries à l’abandon. Nous sommes sur la commune d’Oum Azza, à moins de 30 kilomètres de Rabat. Et bientôt sortira de cette terre une «ville verte». Les prestigieux promoteurs de ce projet, qui ne sont autres que SAR le prince Moulay Hicham et sa famille, veulent une ville idéale, ex nihilo, loin des modes standardisés des prototypes urbains d’habitat qui ne correspondent pas à la structuration sociale marocaine. La nouvelle ville portera le nom de Bab Zaër et l’été prochain sera donné le premier coup de pioche. Les habitants, eux, commenceront à s’installer à partir de 2010. A terme, en 2030, près de 82 000 personnes devront y vivre.
Etudes de marché, études urbaines et architecturales, études financières et contrôle qualité, le tout chapeauté par la société d’aménagement de Bab Zaër (SDBZ), c’est un véritable chantier en branle. Pour l’heure, la phase de conceptualisation architecturale n’est pas encore lancée, mais les plans de masse sont déjà dessinés. L’administration a donné son feu vert de principe. Premier défi: financer les travaux d’aménagement à hauteur de 150 millions de dollars (l’équivalent de 1,2 milliard de DH) pour la première tranche et attirer les promoteurs.
Ancrée dans une conception écologique dans la gestion urbaine, Bab Zaër ne sera pas une cité dortoir, comme nombre de ses semblables sur la périphérie de la capitale, mais une ville autonome, assurent les promoteurs. Une faible densité globale d’habitants respectant la connotation rurale de la cité, un découpage parcellaire sans hiérarchisation des voies et loin de tout zonning et lotissement seront de mise. «Il y aura beaucoup de verdure, pas de barre de béton ni d’immeubles de plus de quatre ou cinq étages», affirme une source travaillant sur le dossier. Une ville qui revendique donc sa ruralité et qui autorise l’agriculture urbaine intégrée. Les déplacements y seront essentiellement piétons, grâce à la proximité des équipements collectifs. Apparemment, il fera bon vivre à Bab Zaër.
Un souci d’autonomie qui se ressent aussi dans la gestion de l’énergie. L’eau sera obtenue grâce à un système de rétention, de récolte des eaux de pluie, de drainages superficiels et de recyclage. En 2008, demarrera la construction d’une douzaine de petits barrages qui recueilleront l’eau de pluie pour permettre à Bab Zaër d’être autosuffisante. L’électricité verte ne pouvant se substituer entièrement au réseau classique, le solaire sera néanmoins installé pour la production domestique d’eau chaude sanitaire ainsi que l’éclairage public. Les déchets ménagers feront l’objet d’un tri sélectif, puis de compostage organique pour produire de la biomasse, elle, réutilisable pour l’agriculture et la production d’énergie d’appoint. Un futur parc industriel orienté vers les services emploiera une partie de la population.
SDBZ entend peser le moins possible sur les services publics. C’est donc sur un montage de type «concessionnaire» que SDBZ table pour produire et gérer les services essentiels (énergie, eau, assainissement voirie…). Un partenariat public/privé inédit au Maroc, selon les promoteurs. Des cabinets indiens ont d’ailleurs été sollicités pour conseil. Leur pays étant confronté au même problème, ils disposent d’une expertise dans ce genre de montage.
Hormis l’élargissement de la route qui mène à Rabat et le renforcement du réseau électrique, l’Etat n’aura donc pas un dirham à débourser. Les travaux d’infrastructures sont pris en charge par la société d’aménagement privée, tout comme les bâtiments publics de la future ville (écoles, centres de santé, poste de police et de gendarmerie). Ils seront soit loués à l’Etat soit cédés à titre gratuit comme c’est le cas des mosquées et de la future université avec son campus. Pour le reste, le schéma est plus classique. Une fois les infrastructures de base achevées (routes, réseau d’eau, d’assainissement...), la société d’aménagement du site va progressivement vendre des parcelles que lotiront des promoteurs.

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La capitale et sa banlieue

Enserrée par une kyrielle de villes qui l’entourent, Rabat est à l’étroit. Les loyers y sont devenus prohibitifs tandis que la capitale n’en finit pas de s’étaler. Sa population a plus que doublé en une décennie. D’où les projets de villes nouvelles. Bab Zaër n’est pas la seule. Déjà en 1996, le projet de Sala Al Jadida inaugurait la politique des nouvelles villes au Royaume. L’ensemble du parc de logement comprenant 15.096 logis en grande partie sociaux, sera réalisé jusqu’en 2005. En 2004, seulement 54% des équipements collectifs étaient réalisés. Dernièrement et sur le même axe, l’Etat a lancé les travaux de Tamesna, une ville-champignon qui, à terme, accueillera 250.000 habitants. Sur les 52.000 logements programmés, 10.000 seront destinés aux ménages à faible revenu. La nouvelle ville en cours de réalisation à Sidi Yahya Zaër couvrira ainsi «30% du déficit global de la région en matière d’habitat estimé à 171.000 unités à l’horizon 2015. Les 42.000 logements restants seront de standings variés.



A.B.


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