Sit-in devant la gare ferroviaire de Rabat-ville pour le 42ème anniversaire de l'enlèvement de Mehdi Ben Barka
- A la recherche de la vérité sur l'affaire Ben Barka
À la veille de la célébration de la Journée nationale du disparu, coïncidant avec la date de l'enlèvement de Mehdi Ben Barka devant les Brasseries Lip en plein centre de Paris, le 29 octobre 1965, le mouvement des droits humains monte au créneau pour appeler à dévoiler la vérité totale sur cette affaire et de faciliter le travail conduit par le juge français, Patrik Ramael.
L'Organisation marocaine des droits humains (OMDH) et l'Institut Ben Barka ont appelé, samedi, à la constitution d'une commission judiciaire maroco-française d'investigation sur «le crime d'enlèvement et assassinat» de Mehdi Ben Barka sur le territoire français le 29 octobre 1965 et de «lever le secret» sur tous les documents spécifiques concernant ce crime aussi bien en France qu¹au Maroc.
Affirmant qu'il est de l'«intérêt» des deux pays de «dévoiler la vérité sur ce crime dans le cadre d'un partenariat réel et de concrétiser la volonté politique d'élucider ce dossier de manière juste et équitable», les deux instances ont exprimé leur «surprise» face aux «entraves» imposées aux justices marocaine et française pour effectuer «sérieusement les investigations et recherches et l'audition de toutes les parties participant au crime (Š) parmi les responsables marocains et français».
A ce propos, les deux organisations considèrent que ledit crime est une «responsabilité maroco-française» et dont des «questions préliminaires» n¹ont pas encore trouvé de réponses portant sur les circonstances du crime, ses responsables et les exécutants et le lieu de dissimulation du cadavre.
Cet appel vient à un moment ou le juge d'instruction Patrick Ramael, en charge de l'enquête, aurait signé des mandats d'arrêt (ou d'emmener ?) internationaux contre cinq anciens sécuritaires marocains, invités à témoigner sur l¹affaire.
Les cinq personnes visées sont le général Hosni Benslimane, actuel chef de la gendarmerie royale marocaine (à l'époque membre du cabinet du colonel Dlimi), Abdelhak Kadiri, ancien patron de la Direction générale des études et de la documentation (DGED, renseignements militaires ) et attaché militaire à l¹ambassade du Maroc à Paris au moment des faits, Miloud Tounsi, alias Larbi Chtouki, l¹un des membres présumés du commando marocain qui aurait enlevé Ben Barka, Boubker Hassouni, infirmier et agent du Cab 1, une des unités secrètes des services marocains et Abdlekader Achaachi, également agent du Cab 1.
«Ces mandats d'arrêt sont un coup de semonce et j'espère qu'ils feront bouger les autorités marocaines. Je ne souhaite pas que ces personnes soient arrêtées mais uniquement qu'elles parlent», avait déclaré Bechir Ben Barka à l'agence Reuters.
Interrogé sur cette question vendredi par l'AFP (Agence France presse), le ministre de la Justice Abdelouahed Radi a fait savoir que son département n'a rien reçu de la part des autorités à propos des dits mandats d'arrêt.
Signalons, enfin, que l'Association marocaine des droits de l'Homme et le Forum marocain pour la vérité et la justice organisent, aujourd¹hui à 18 h 30, un sit-in devant la gare ferroviaire de Rabat-ville.
Mustapha Znaidi
Libellés : Vie de la cité

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