L’ensemble Ibn Arabi se produit à Rabat vendredi 28 septembre

Une soirée qui exalte le soufisme
Dans le cadre de l’événement " L’inter-religieux aujourd’hui au Maroc " et à l’occasion du mois de Ramadan, l’Agence " Par Chemins " et l’Institut français de Rabat organisent une soirée musicale soufie de l’ensemble Ibn Arabi. Et ce, vendredi 28 septembre courant à partir de 20h à la Cathédrale de Rabat.
Cet ensemble se veut le gardien et le propagateur de l’esprit soufi du plus érudit de ses maîtres dont il porte le nom. Puisant dans le tréfonds du spiritualisme le plus exacerbé, ce groupe de musique et chant soufis originels n’a pas cessé, lors de cette soirée, de mettre au premier plan les beautés incommensurables de cet art raffiné, finement expressif et hautement onirique. Cette musique trouve ses sources dans des civilisations et cultures multiples allant de l’Orient à l’Occident en traversant l’Afrique du Nord pour s’ancrer dans la rayonnante Andalousie.
Un ensemble qui a participé à plusieurs festivals et rencontres à travers le Maroc et l’étranger. Il demeure néanmoins le seul catalyseur des chants soufis au Maroc. Les confréries soufies accordent une place essentielle à la musique. Contrairement aux pratiques de l’islam orthodoxe, celles des rites soufis donnent aux musiques le rôle moteur, indispensable. Et, ce pour atteindre une union mystique avec Dieu " Allah ". Le groupe confirme cette pratique et propose une audition mystique et une expérience musicale extatique. Sa philosophie soufie, en effet, bien plus que tolérer la musique, s’en sert pour chercher une communion et donc une union solide avec le Tentateur. Une mystique qui va sans équivoque se ritualiser au fil des années pour devenir une séance ou cérémonie sacrée englobant d’autres rites. Le groupe s’est appuyé sur ce point culminant dans la plupart des confréries selon les lieux et les croyances pour mener un cheminement vers une lumière divine.
Tous les membres d’Ibn Arabi ont montré qu’ils sont des maîtres-chanteurs qui détiennent le répertoire, la voix et la façon de se servir de l’un comme de l’autre au point d’emporter l’adhésion de la foule. Leur répertoire est un ensemble d’hymnes et chants religieux, poèmes et autres quasidas. Ils ont entonné toutes ces composantes au-dessus des invocations des participants. Leurs chants ont été tout au long de leurs concerts des maîtres de ces mots et de ce que la voix peut en faire de la même façon qu’un instrument peut se servir de notes ou de phrases musicales. C’est sans doute une puissance exceptionnelle. Toutefois, le groupe a pu emmener ses auditeurs à travers une dédale de sons vocaux et de jeux subtils entre la voix et le texte à la fois diseurs, chanteurs hurleurs ou pleureurs de Dieu. Les membres du groupe plongent toujours dans l’océan de la liberté itinérante de l’approche du divin. Et leurs textes forment un ensemble de poésie, invocations et mythes sous la forme de chants sacrificiels adressés à Allah.
Il s’agit d’une subtilité rythmique et mélodique, une musique très spirituelle. Pourtant, ce n’est plus une musique de transes ou de possessions faite pour atteindre une extase religieuse. Mais, c’est tout simplement un acte de foi, une longue transmission. Et si on ne peut pas séparer musique et religion, elle ne sera à jamais esthétique. On ne peut la rejoindre que dans le monde des sentiments et des émotions. Bref, cette musique classique reste une belle illustration des textes sacrés où les idées les plus simplistes dérivent d’une religion rendue aujourd’hui très complexe.
Ayoub Akil
Pour écouter et télécharger l'album d'Ibn Arabi "les Chants Soufis Arabo-Andalous" .
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