15 juil. 2008

Reportage aux abords d’un autre monde: A Douar El Gueraâ, les temps sont troubles



Ils sont près de 8300 personnes à vivre dans le bidonville de Douar El Gueraâ. Situées dans l’arrondissement Yaacoub El Mansour à Rabat, ces enclaves en tôles et en bois abritent une population d’origines diverses, mais dont le point commun reste l’exclusion sociale et économique.

Un soleil d’été annonce le début d’une nouvelle journée pour les habitants de Douar El Gueraa. Les premiers chuchotements s’entendent, ce sont les voix de ces petits enfants qui attendent le jour avec impatience pour se lancer dans leurs aventures quotidiennes. Certains d’entre eux auraient passé une nuit paisible, serrés les uns contre les autres dans l’unique pièce du logement (si on peut l’appeler comme ça). D’autres, n’ayant pas cette chance (et ils sont nombreux) sont obligés de trouver un petit coin près de la porte, ou de passer leur nuit cherchant des bricoles à faire et pour les plus démunis, toutes catégories d’âges confondues, des poubelles à fouiller. En tout cas, chaque membre de la famille trouvera une place aussi insuffisante soit-elle.

Voilà un petit poussin qui sort d’une baraque en se frottant les yeux. La chevelure en toison, le teint d’un brun foncé qui rappelle celui des nomades. Il tire un léger rideau blanc qui sépare sa pauvre baraque du monde extérieur. Il regarde la rue pendant un petit moment, puis rentre en pleurant car le bruit des véhicules lui a fait peur.

“Va chercher de l’eau Sanaa”, crie une de ces mamans nerveuses qui se plaignent de la nonchalance de leurs enfants. Du matin au soir, elles s’occupent de toutes les tâches ménagères. C’est elles qui iront chercher les légumes au marché de Qamra, ou échanger une bouteille de gaz épuisée. Les femmes de ces taudis des temps modernes sont celles qui souffrent le plus de la rudesse de la vie. Les mariées d’entre elles se battent pour éduquer leurs enfants avec le minimum possible, et les célibataires n’ont qu’à retrousser les manches pour aller chercher un job. « Je travaille n’importe où », confie Asmaa, « dans les usines, les supermarchés, comme femme de ménage… L’important, c’est de pouvoir subvenir aux besoins de ma famille de huit membres, les deux sous que mon père gagne ne sont plus suffisants. »

Sanaa ira chercher de l’eau de la “Sekkaya”, une sorte de fontaine qui compte trois robinets sur lesquels se ruent l’ensemble du douar! La majorité de cette population dispose de l’électricité, mais pas de réseau d’assainissement. A cela s’ajoutent les ordures ...Une vraie catastrophe naturelle. En se rapprochant de ces lieux, on voit des adolescents égarés dans les étroites ruelles du quartier. Des jeunes déchirés par un manque total et paralytique. Démunis des moyens matériels qu’exige toute réussite dans la vie citadine, de la stabilité et la sécurité qu’offre un habitat décent, ces jeunes victimes de la société ressentent une haine justifiable envers leurs voisins des villas et maisons fastueuses. Le crime a trouvé un milieu adéquat pour y proliférer.

Les plus sages peinent à gagner leur vie en suivant l’exemple de leurs parents, tandis que les autres s’adonnent facilement aux drogues et deviennent des criminels potentiels.L’histoire de ces enclaves est largement liée à l’industrialisation de la ville. En effet, c’est au début des années vingt que les premières familles se sont installées dans cette périphérie; essentiellement pour un besoin de main-d’œuvre. « J’avais presque douze ans quand nous avons quitté Chaouia. Mon père voulait travailler ici à tout prix, c’était en 1945», raconte, comme si elle voulait remonter le temps, une vieille femme, vendeuse d’œufs au Souk de Douar El Gueraa. Il faut savoir aussi, dit-elle, que ce “Karyane” compte aussi, en plus des ruraux, des femmes veuves ou divorcées, des hommes qui ont dû se rabattre sur ce type de logement après avoir perdu leur travail. On y repère également des jeunes célibataires au salaire modique, des étudiants mêmes.

On se demande si les habitants de ce bidonville avaient entendu parler de “l’habitat social” ou du programme VSB “villes sans bidonvilles”. On se demande également pourquoi l’application de ces programmes accuse du retard.La réponse à cette dernière question demande une analyse profonde du processus des travaux urbains de la capitale.Il y a eu certes une stratégie de réhabilitation lancée en 2004 dans le cadre du programme VSB, et qui prévoit l’élimination des quatre bidonvilles implantés dans la capitale. La première étape de ce projet avait réussi à supprimer en 2006, Douar El Koura, un des plus anciens bidonvilles du royaume qui comptait quelque 10.000 habitants.

Sur le papier, la capitale devrait se débarrasser de ses 50.000 baraques en 2008. Il devient de plus en plus difficile d’y croire vu la complexité de l’opération. La réhabilitation demande une certaine coopération entre l’Etat, les fournisseurs immobiliers et les habitants des bidonvilles. Ces derniers font parfois obstacle en exigeant la gratuité, d’autres ne veulent pas entendre parler d’appartements de 60m2

Chose tout à fait raisonnable surtout qu’il ne s’agit pas d’une famille de 4 membres, mais d’une dizaine de personnes ou plus. S’ajoutent à ceux-là les spéculateurs et les profiteurs qui viennent s’y installer pour bénéficier du logement étatique, ce qui fait monter le prix de la baraque. On a même entendu parler de 50.000 dhs pour prix de concession… Les difficultés n’y manquent pas.

En attendant que ces gruyères disparaissent de nos villes une fois pour toutes, Douar El Gueraa continuera de témoigner de la double identité de la Capitale: Rabat la ville, et Rabat le bidonville.


Kaoutar Dgherni

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14 juil. 2008

Rabat : les failles de la capitale


Vers l'élaboration d'un Schéma régional de l'aménagement du territoire.

«La capitale semble connaître un certain nombre de failles malgré les efforts fournis». C'est ce qui ressort d'une étude réalisée par le Centre des études historiques et environnementales rendue publique dernièrement à Rabat.

Cette étude dresse l'état des lieux de la région de Rabat en vue d'élaborer un Schéma régional de l'aménagement du territoire de ladite région. Ce schéma constituera un cadre de référence et de cohérence des actions et des différents schémas sectoriels et de développement réalisés dans la région. «Il s'agit là d'élaborer un document d'aménagement du territoire régional ayant une visibilité de 20 à 25 ans qui permettra de décliner une stratégie concertée de développement avec les acteurs locaux», avait souligné, lors de cette rencontre, Rajaa Chafil, inspecteur régional de l'habitat, de l'urbanisme et de l'aménagement de l'espace.

Mais avant d'élaborer ce schéma, il a fallu donc s'arrêter sur les dysfonctionnements que connaît la capitale du Royaume à travers un diagnostic sectoriel et territorial. Ce diagnostic révèle notamment une inadéquation entre la taille, la qualité des équipements et le rôle assigné à la région, un manque important de coordination entre les réseaux et une désarticulation du transport intra-urbain et interurbain. D'où une concentration des habitants dans les centres urbains et par là une augmentation vertigineuse du prix de l'immobilier. L'étude relève également des difficultés d'accessibilité aux espaces ruraux et aux quartiers périurbains.

Par ailleurs, le même document souligne un manque important d'infrastructure. Ainsi, on apprend que les équipements hydroélectriques sont destinés à l'irrigation du Gharb et à l'alimentation des zones côtières en eau potable. Par conséquent, le taux d'accès à l'eau potable en milieu rural reste faible (59% à Salé, 50% à Khemisset et 75% à Skhirat-Témara). Le taux d'accès à l'électricité, hors des centres ruraux et urbains, est également bas, notamment pour la province de Khemisset et la préfecture de Skhirat-Temara (PERG). Quant aux taux de raccordement au réseau d'assainissement, il reste faible ou inexistant, notamment au niveau des zones côtières et rurales (fosses septiques).

S'agissant des équipements sanitaires, la région dispose de 4263 lits hospitaliers, soit 14% de la capacité nationale. Néanmoins, l'étude révèle un déséquilibre dans la répartition entre les centres urbains, et entre l'urbain et le rural (71% des médecins sont concentrés à Rabat) ; un sous-équipement de certains établissements de santé, notamment ruraux ; et un faible équipement en laboratoires spécialisés (recherche médicale, recherche pharmaceutique....).

Par ailleurs, l'enquête met l'accent sur le taux d'analphabétisme dans la région qui reste très élevé, à en croire les statistiques. En effet, 32,2% de la population de la région est illettré. «Il faut le souligner, les disparités socio-spatiales en terme de scolarisation subsistent encore. L'espace rural reste plus défavorisé que l'urbain et les filles le sont souvent plus que les garçons. Il faut dire aussi que l'effort de recherche n'accompagne pas le développement régional et national et que l'inadéquation des moyens de transports, notamment interurbains, constitue un handicap pour les élèves et les étudiants, d'où la nécessité de renforcer la quantité et la capacité d'accueil des internats, des cités et restaurants universitaires», affirme Mohamed Ait Hamza, directeur du Centre des études historiques et environnementales.

L'enquête montre, par ailleurs, une dominance du secteur des services et un déficit en logement qui conduit à la prolifération des bidonvilles et des quartiers sous-équipés. «Nous avons constaté que certaines villes manquent de centralité, notamment Témara», ajoute Mohammed Ait Hamza. La région serait également en manque d'équipements de base, notamment la voirie, les gares, les espaces verts et les lieux de loisirs ; d'où la nécessité de requalifier l'espace urbain, lit-on dans cette étude. Une requalification qui doit passer par trois actions phares. Il s'agit d'abord d'agir sur les infrastructures (transports /projets autoroute, TGV, Tramway…), de requalifier les territoires afin de renforcer leur compétitivité (projet Bouregrag, Corniche, Technopoles…) et enfin de faire participer tous les acteurs en les responsabilisant.
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Absence de structures Malgré un potentiel naturel diversifié dont regorge la ville de Rabat (mer, montagne, vallées, flore et faune) et un potentiel historique et culturel important caractérisé par l'existence d'anciennes médinas, monuments, sites archéologiques, théâtre, musées, artisanat et une infrastructure socio-sportive relativement importante, les infrastructures hôtelières restent très modestes.

Selon l'étude, il existe seulement 39 hôtels classés dans la région de Rabat disposant de 4591 lits dont 93% sont situés à Rabat Skhirat-Témara. Ainsi, l'arrière-pays reste à l'écart de cette activité à l'exception de Oulmès. Mais le potentiel sous-exploité n'est pas le seul handicap qui freine le développement du tourisme dans la région.

En effet, la capitale et ses régions souffrent également de l'absence de structures orientées vers le tourisme national (hôtels de plein air, bungalows, mobil homes....). En outre, il existe un sérieux problème des transports (capacité insuffisante de l'aéroport, faiblesse des transports interurbains, fréquence des trains, désarticulation). Ainsi, la capitale, considérée toujours comme une zone de passage, reste marginalisée dans les programmes touristiques nationaux.

Par Yousra Amrani | LE MATIN

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11 juil. 2008

Douar El Hajja : Cette plaie hideuse de la capitale



Quand un groupe de citoyens est venu nous rendre visite pour nous faire part des conditions dans lesquelles plusieurs milliers de personnes vivent à Douar El HAJJA, à quelques encablures du cœur de la capitale du Royaume, nous avions d’abord cru qu’il s’agissait d’un canular, tellement leurs dires nous paraissaient invraisemblables.

On ne pouvait imaginer en effet que pouvaient encore exister ce genre de « plaies hideuses » au sein même d’une capitale qui affiche l’ambition d’être une vitrine urbanistique du Maroc en mouvement. Et on ne pouvait pas non plus imaginer que les dires de ces citoyens allaient être en deçà des réalités comme nous avons pu les observer sur le terrain.

A Douar EL HAJJA, depuis des lustres, il n’est rien qui soit en mouvement. Tout est hors temps et le temps semble s’être arrêté depuis longtemps. Et n’étaient ces enfants, ces femmes et ces hommes jeunes et vieux qui laissaient transparaître cette généreuse marocanité à la fois hautement perceptible mais toujours difficilement descriptible, et le Bouregreg reconnaissable à sa sinueuse sérénité, nous n’aurions jamais pensé que nous étions dans ce Maroc que courtise les uns et que jalouse les autres. Ce Maroc qui malheureusement étonne aussi parfois plus qu’il ne fascine.

Nous garderons en mémoire et certainement pendant assez longtemps l’image de ces habitations perchées presque sur le vide. Celle des citoyens qui y habitent aussi.

Insouciance ? Celle des responsables à différents niveaux certainement ! Celles des élus encore plus…

La montagne » c’est ainsi qu’appellent les habitants de Douar El HAJJA cette espèce de falaise dont un pan entier s’était écroulé en 1976 heureusement sans faire de victime. Après ce premier éboulement les familles sans abris avaient été transférées dans un premier temps sur un terrain près de l’école Al Farabi où ils avaient pu installer leurs baraquements. Dans un deuxième temps des lots de terrains leur ont été remis sis au quartier industriel sur la route de Akrach au lieu dit « H4 » et c’est là où il leur a été demandé de construire où loger. Inutile de vous dire que c’est comme si on offrait à un édenté affamé des amandes et des noisettes…

Un deuxième éboulement s’est produit au début des années 80. Là encore, c’est la magnanimité du Bon Dieu qui épargnera les habitants et qui palliera aux insuffisances et à l’insouciance de ceux à qui échoie normalement la mission de veiller à la sécurité des gens. Normal dirions nous pour une époque où insouciance et insuffisances étaient érigées au statut de « vertus cardinales »…

Aux victimes furent alors remises des habitations d’une trentaine de mètres carrés environ. Dans la foulée, nous diront des habitants de Douar EL HAJJA, des agents de l’autorité profiteront de l’aubaine pour en attribuer quelques unes à des personnes qu’on avait faites venir d’on ne sait où.


Depuis la situation est restée en l’état et, comme le montrent les photos prises il y a une semaine, il est encore beaucoup d’habitations et de personne qui elles sont toujours suspendues au sommet de « la montagne » et en surplomb d’un dépotoir où détritus et immondices servent de jouets à des enfants qui n’ont plus tout à fait l’air d’être des enfants tellement ils se confondent avec cette autre aberration qu’est cette magistrale insulte à l’écologie et à leur dignité.

Aussi avons-nous cru rêver en découvrant que moins de cent mètres plus loin que ce dépotoir une association affichait superbement sur la devanture de son siège pimpant l’inscription « Initiative Nationale pour le Développement Humain ». Cette transcription, qui reproduit exactement autant la calligraphie que la disposition et les couleurs que celles utilisées, par la direction de l’INDH, peut facilement tromper – voir photo – et laisser penser que c’est là une antenne de l’INDH. Nous vous laissons deviner pourquoi le président de cette association, un élu en fait, a recours à cet amalgame et à ce mélange non innocent des genres…


Une autre inscription sur la façade du siège de cette association nous a fait celle là marrer : « conservatoire de musique », Oui vous avez bien lu, il s’agit bien d’un conservatoire de musique qui se trouve à quelques mètres d’une « montagne » qui à tout moment peut s’écrouler et qui plus est au bas de laquelle se trouve un dépotoir comme on n’en voit plus tellement si ce n’est dans les faubourgs de certaines cités ayant définitivement rompu tous liens avec le monde d’aujourd’hui.

Cela dit, adoucir les mœurs nous n’avons rien contre. Néanmoins nous aurions vivement souhaité voir adouci le quotidien de ces gens là qui demain, si leurs conditions de vie restent comme elles sont aujourd’hui, auront peut être plus envie de jouer du pavé que de la clarinette…

Cet endroit de la rive sud est, nous a-t-on dit, intégré dans le projet d’aménagement du Bouregreg. D’autres sources affirment que non. Dans un cas comme dans l’autre, il nous semble qu’il y a urgence pour que soit traitée rapidement et avec intelligence la situation de ces habitants qui ne souffrent pas que de précarité urbanistique.

En effet, sur les insuffisances dont pâtit Douar EL HAJJA on pourrait écrire de pleines pages.

A commencer par l’absence de structures sanitaires à même de répondre aux besoins des habitants. Un seul dispensaire pour plusieurs milliers d’habitants ça laisse pantois. Et au titre des aberrations qu’il nous a été donné de constater est le fait que les horaires adoptés par cet unique dispensaire sont ceux de l’administration. C’est dire que les habitants qui ont la malchance de tomber gravement malade au-delà de 17H n’ont d’autres choix que d’aller se faire soigner ailleurs. Et comme il n’est pas d’ambulance non plus, inutile de vous dire que la contrainte est alors double.

Aussi paradoxale que cela pourrait paraître il n’est pas non plus et à ce jour de collège ou de lycée à Douar EL HAJJA. Allez y savoir pourquoi ! Ni d’arrondissement de police dans un endroit où pourtant le nombre de femmes et d’hommes qui se font agresser au retour de leur travail sur la route d’Akrach est relativement élevé. Des bandes d’agresseurs guettent en effet les jours de paie pour délester les ouvrières et ouvriers de leurs maigres salaires. Cette situation est d’autant plus aggravée par l’absence d’éclairage sur les principales rues et artères du quartier.

Dire que tout manque à Douar EL HAJJA relève en fait de l’euphémisme. Mais cela dit nous pensons que ce quartier qui fait l’objet de larges convoitises électorales mérite que les pouvoirs publics aillent y jeter un coup d’œil pour s’enquérir de visu des nombreuses aberrations dont il est le théâtre.

Une longue allée qui aboutit sur un terrain de football situé presque en rase campagne est éclairée pendant que reste plongé dans le noir là où habitent des milliers de citoyens en est l’une des manifestations les plus criardes. Faut chercher l’élu…

Aussi et si nos souvenirs sont bons engagement a été pris devant S.M le Roi pour que Rabat devienne ville sans bidonvilles. C’était il y a un bout de temps déjà…

J.H.

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9 juil. 2008

Reportage à la plage de Sid Al Abed à Rabat


Des mesures salutaires au profit des estivants

À Sid Al Abed, une forte présence des estivants est constatée. Cette station balnéaire, située à quelques encablures de Rabat, séduit avec ses multiples attraits un déluge de vacanciers affluant de toutes parts.

Un sable doré, une mer calme et une eau limpide, tels sont les points forts de la plage de Sid Al Abed. Considérée comme étant un véritable joyau balnéaire, cette petite plage est entourée de rocades barrant le passage aux vagues, qui se fracassent sur ces rochers. Ce qui fait, à coup sûr, le bonheur des baigneurs qui profitent pleinement d’une sorte de piscine d’eau salée. Ainsi, les amateurs de natation et même les accros de pédalo ne sont pas en reste. Cet endroit regorge d’atouts qui fondent sa notoriété, dont notamment la propreté de l’eau et du sable, mais s’ajoute également l’atmosphère de sécurité qui règne en permanence. En effet, afin d’instaurer un climat de tranquillité et de sécurité, les agents des forces auxiliaires patrouillent à califourchon, pour calmer les ardeurs des délinquants excités et pour inspirer la quiétude aux estivants. Ces forces de l’autorité sont, toutefois, épaulées par les brigades de la plage.


Il s’agit, en fait, de jeunes bénévoles qui ont fait de la protection de l’environnement sous tout point de vue leur cheval de bataille. Ils veillent constamment à la propreté de la plage et leur tâche dépasse les tournées de contrôle des poubelles et déchets éparpillés sur la plage. Leur mission s’étend, non seulement, à l’orientation et la correction des comportements erronés des estivants maladroits mais également à la recherche de gamins égarés pour ensuite les remettre en toute sécurité à leurs parents fous d’inquiétude et désemparés par l’incident. La charge de ces bénévoles n’est donc pas une sinécure. Ils se doivent d’être toujours à l’affût pour guetter les faits et gestes de quelques estivants.

En effet, plusieurs personnes continuent malheureusement de salir les plages malgré les nombreuses campagnes de propreté lancées à tambour battant et les affiches placardées partout. A titre d’exemple, ces «fans de la malpropreté» s’attaquent à la mer en jetant des bouteilles, papiers, sacs en plastique et aussi en se déchargeant de leurs ordures sur le sable. Ce type de comportement et de mentalité est légion dans plusieurs plages au grand dam des nettoyeurs et participe incontestablement à la détérioration de l’environnement. Mais ces bénévoles finiront par obtenir gain de cause un jour en dissuadant définitivement ces personnes de «bousiller» l’ambiance. Ambiance, qui malgré ces pépins, fait le bonheur des entichés de la plage de Sid Al Abed envers et contre tout.

Ambiance festive et bon enfant à la clé

La majorité étant des jeunes, venus en groupe pour bénéficier de la douceur du soleil et de la fraîcheur de l’eau de l’Atlantique, profite également de l’animation qui bat son plein. Dotée d’amplificateurs diffusant une radio qui a la cote en ce moment, cette plage procure une ambiance festive et bon enfant. Dans la foulée, une scène est aussi dressée pour abriter, quelques fois, des jeux d’animation. Ainsi, cette plage n’est pas seulement faite pour la baignade, mais aussi pour le divertissement et la distraction au profit de tout le monde. À Sid Al Abed personne n’est laissé-pour-compte. Les passionnés du ballon trouvent leur compte avec des terrains aménagés pour les sports du ballon. En effet, la plage dispose de deux terrains de volley-ball et un autre pour le beach-ball. Les amoureux de la natation n’ont pas été négligés non plus. Ces baigneurs sont surveillés par les yeux protecteurs des maîtres nageurs.

Bien que la plage ne s’étende pas sur une grande superficie, six vaillants secouristes veillent à la sécurité des nageurs. En revanche, Sid Al Abed a la particularité de compter parmi son groupe de sauveteurs, une représente de la gente féminine. A peine âgée de 24 ans, cette «sauveteuse», qui s’appelle Saida, a été acculée par sa passion de la mer à investir un domaine réservé exclusivement jadis aux hommes.

La plage de Sid Al Abed compte à son actif nombre de points positifs faisant sa bonne réputation et assurant ainsi une forte affluence des estivants. Et afin de garantir la pérennité de cette donne, les bénévoles de propreté et l’association des habitants de Sid Al Abed unissent leurs efforts dans le but de préserver l’intégralité du charme qui fait le renom de cette petite plage. Cependant, en dépit des multiples atouts dont dispose cette station balnéaire, elle n’a pas encore réussi à décrocher le label «Pavillon Bleu», malgré sa propreté palpable, sa sécurité patente et ses vendeurs ambulants munis de badges contrairement à d’autres plages avoisinantes qui sont entachées par le comportement mesquin et désagréable de ces marchands qui sillonnet le long de la côte,


El Mehdi Boukhar

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1 juil. 2008

Veut-on asphyxier Rabat ?


Asphyxier Rabat en réduisant, à chaque fois que cela peut se faire dans la discrétion, de quelques mètres carrés les terrains destinés à accueillir des espaces verts. Tel semble être le mode d’ordre qu’ont lancé spéculateurs et adeptes du tout béton dans la capitale du Royaume.

Et, très souvent, c’est au mépris des règles et des lois qui régissent l’urbanisation, et en totale infraction des prescriptions que contiennent les plans d’aménagement communaux qu’ont été détournés de leur vocation première certains espaces pour être transformés en terrains constructibles. Aussi n’étaient les résistances, justifiées, qu’opposent parfois certains citoyens, ils seraient plus nombreux encore les espaces verts qui auraient été livrés à la merci des bulldozers et des bétonnières.

Il nous a été donné d’aller voir de plus près les étranges manœuvres qui s’opèrent autour de deux petits espaces verts sis au Quartier El Menzah à Rabat pour les transformer en toute illégalité en terrains constructibles et ce en dépit de tout bon sens.

Concernant cette affaire, les infractions ne se comptent pas. Et c’est peu dire que d’affirmer que nous sommes là face à un véritable scandale puisque les documents, qui nous ont été remis par les riverains, et dont copies ont été adressées à toutes les autorités compétentes, l’attestent grandement.

Genèse d’une bien étrange affaire :

Tout avait commence au début des années quatre vingt. C’est à cette époque en effet que le terrain dit Camp El Menzah, relevant du patrimoine foncier de l’Office des logements militaires (OLM) est morcelé en lots, qui, par la suite, seront attribués à des particuliers qui tous n’étaient logiquement pas en droit d’en être les bénéficiaires. Et c’est là où nous avons pu enregistrer la première infraction dans un dossier qui en compte plusieurs. En effet le décret-loi 1-72- 092 du 6 avril 1972 portant création de l’Office des logements militaires stipule dans son article 2 que l’OLM a pour mission, entre autres, l’acquisition des terrains nécessaires à la construction de logements en vue de leur location ou de leur vente aux personnels civil et militaire de l’administration de la défense nationale, ou qui sont destinés au service public de ladite administration. Or nous avons les preuves qui confirment que des lots relevant de ce lotissement ont été attribués à des fonctionnaires et à des cadres qui ne sont d’aucun rapport avec ladite administration. Notamment à des fonctionnaires relevant des communes.

Il a été prévu par ailleurs que les deux terrains objet des titres fonciers 126875/03 à 126878/03 sis au quartier El Menzah, relevant de l’Arrondissement de Yacoub El Mansour, sont réservés à un espace vert comme le précisent, si besoin était de le faire encore une fois, les deux notes de renseignement émises par le directeur de l’Agence Urbaine de Rabat-Salé, l’une en date du 23 mai 2008 et la deuxième en date du 30 mai 2008. Ces deux notes stipulent sans équivoque aucune que « d’après le plan d’aménagement communal de Yacoub El Mansour approuvé par décret n 2-97è934 du 18 février 1998 lesdits terrains sont réservés à un espace vert existant V98 et un autre espace vert existant V56»

Des autorisations pour construire sur des espaces verts

Cependant, et c’est là où il y a anguille sous roche, les attributaires des lots de terrains destinés depuis plus d’une décennie à être des espaces verts, ce qu’ils sont d’ailleurs dans les faits, ont pu obtenir des autorisations de construire, délivrées par qui de droit, sur les terrains en question.

Mieux encore, lesdits propriétaires de terrain ont tenté à plus d’une reprise de passer à la tronçonneuse les arbres plantés sur ces espaces verts. Inutile de vous dire qu’ils s’y sont pris en usant parfois de menaces. Et n’était l’opposition des habitants riverains, les arbres qui y sont plantés pour certains depuis plus d’une vingtaine d’années ne seraient plus là.


Selon les informations dont nous disposons, le Conseil de la ville, concerné au premier chef par cette affaire, semble faire fi des doléances des habitants riverains qui en définitive ne réclament rien d’autre que de pouvoir vivre avec leurs familles dans un environnement sain. De promesses en promesses, toutes non tenues, le président du Conseil de la ville semble vouloir laisser pourrir une situation qui pourrait devenir explosive du fait que les propriétaires desdits terrains, forts des autorisations de construire qui leur ont été délivrées, en infraction des dispositions des lois, semblent être résolus à occuper de force lesdits espaces verts. De leur coté, les habitants riverains, eux, ne l’entendent pas de cette oreille et semblent décidés à s’opposer aux constructions.

Il serait salutaire pour tout le monde que cette affaire soit résolue très rapidement. Le Conseil de la ville se doit d’acquérir les lots en question comme le stipule la loi dans pareil cas et comme le précise le lettre numéro 792 datée du 13 février 1995, signée de la main de l’ex- ministre de l’Intérieur Driss Basri et en vertu de laquelle il est expressément demandé au Conseil Communal d’acquérir, d’aménager et d’entretenir tous les terrains destinés aux espaces verts.

Nous rappelons que cette lettre a été la réponse apportée par le ministre de l’Intérieur à une question écrite que lui avaient adressé deux députés sur cette affaire.

Jamal Hafsi

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25 juin 2008

Les corsaires s’emparent des Oudayas

L'Economiste, le 1er quotidien économique du Maroc
· Le spectacle «Les enfants du Bouregreg» le 21 août

· Budget: 13 millions de DH

Une légende raconte que l’astrologue Ibn Driss Marchal a prédit que la Casbah des Oudayas tombera aux mains des tribus corsaires dans 700 lunes! Et selon les calculs des astronomes, la 700e lune aurait lieu le 21 août prochain! Ce soir-là, la troupe des Karacena (pirates en arabe) va rejouer cette prédiction, un spectacle qu’ils intitulent «Les enfants du Bouregreg».

Cette création est réalisée dans le cadre de la 2e édition de la biennale des arts du cirque et du voyage. C’est l’Association marocaine d’aide aux enfants en situation précaire (AMESIP) et l’Académie Fratellini dirigée par Laurent Gachet qui ont imaginé cette création. En 2006, Gachet, concepteur et metteur en scène, lance Karacena, la 1re édition de la biennale des arts du cirque et du voyage à Salé. Une aventure qui prolonge la coopération qu’il initie avec l’Amesip et qui a conduit aussi à la création de Shems’y, première école de cirque du Maroc.

C’est l’Association marocaine d’aide aux enfants en situation précaire (AMESIP) et l’Académie Fratellini dirigée par Laurent Gachet qui ont imaginé ce spectacle qui aura lieu le 21 août
Le nouveau spectacle se déroulera comme suit: une foule se rassemblera sur les berges du Bouregreg, en brandissant des lumignons. Une fois la nuit tombée, les corsaires voudront prendre d’assault la ville. Chacune des scènes combinera projection d’images sur la casbah, action sur le plan d’eau ou berges faisant appel aux jeux nautiques et disciplines du cirque, éclairage par la lumière et le feu…

Des bougies de Salé, fantasias, comédiens du cirque de Shems’y, cascadeurs de Ouarzazate, apprentis des métiers de la confection… toutes ces composantes ont participé à monter le spectacle «Les enfants du Bouregreg». Le coût de ce dernier est estimé à 13 millions de DH dont 60% pour le budget artistique et technique, 20% pour la gestion de production et les services et le reste pour les actions de communication. Le tout consolidé par les aides logistiques et les apports en nature d’entreprises privées et la contribution des pouvoirs publics. Et c’est depuis décembre 2007 que les préparatifs sont en cours: recherche de financement, recrutement des équipes, études de faisabilité, construction des chantiers, casting, écriture du spectacle, répétition. En somme, tout est fin prêt pour offrir un spectacle qui promet d’être grandiose.

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Bouregreg, repaire des pirates

C’est au bord du Bouregreg que Rabat et Salé doivent leur naissance, il y a plus de 20 siècles. Le fleuve prend sa source dans le Moyen-Atlas. Pour les Marocains, le Bouregreg c’est surtout son estuaire et au-delà, ils n’imaginent pas ce qu’est l’oued. Un oued qui a même changé de nom puisqu’il s’appelait dans l’antiquité, Oued Sala (la rivière salée), ce n’est qu’au XIIIe siècle qu’il devient Bouregreg, sans doute une étymologie berbère, «regrag» signifiant «gravier» en berbère. Trait d’union entre les «sœurs rivales», le Bouregreg a constamment posé des problèmes pour sa traversée, car malgré les conflits entre les cités, il y a toujours eu échange. Depuis l’origine, on traverse en barques. Au XVIIe siècle, les pirates de la république du Bouregreg firent de Salé leur repaire. En s’engageant pour le compte du sultan, les pirates deviennent des corsaires, au service du pays. Le port de Rabat aurait alors compter jusqu’à 60 vaisseaux en son sein.

Jihane Kabbaj

Connaître l'histoire du Bouregreg

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24 juin 2008

Le travail des enfants à Rabat


Les petits vendeurs envahissent les rues

Des milliers d’enfants quittent leurs écoles pour retrouver prématurément le monde du travail. Reportage.

19 heures. Réda retrouve la rue, toujours avec le même sac à dos qu’il portait à l’école, sauf que cette fois-ci la sacoche est remplie de marchandises : des CD de musique et films américains piratés, des porte-clés faussement imités, des parfums bas de gamme, des ceinturons et des chaussettes. Il prend la direction des grands quartiers de l’Agdal à Rabat. Là où il y a les cafés et grandes boutiques qui ne ferment que tard la nuit.

C’est aux terrasses des cafés que Réda rencontre ses premiers clients. Certes, ce n’est pas facile de fréquenter toutes les terrasses ; d’ailleurs il est souvent chassé par les garçons qui y travaillent. Il compte les heures tout en espérant vendre une partie de sa marchandise pour échapper aux injures de son maître. En fait, il fait partie d’un groupe de trente enfants qui sillonnent toute la ville. Ce réseau de vendeurs ambulants est dirigé par un chef âgé de quarante ans. C’est lui qui les dote de marchandises et leur montre les règles élémentaires de l’exposition et l’incitation à l’achat.

Dans les ruelles et quartiers, Réda rencontre ses amis, ils échangent entre eux les pièces à vendre et se vantent d’avoir liquidé plus de marchandises. Ils évoquent les marchés rentables et s’entraident afin de parvenir à vendre davantage. L’aîné, Brahim, baptisé Bouda, a dix-sept ans. C’est lui le responsable de la collaboration et l’attribution des rôles et responsabilités entre les membres du groupe. Il est doublement rémunéré par le mâalam (le maître). Il touche environ cinquante dirhams par jour.

D’un café à l’autre et d’une avenue à une boutique jusqu’à ce que Réda regagne le centre-ville. La place de Balima, avec son estrade large, l’inspire plus que les autres coins de la capitale administrative du Royaume. C’est ici qu’il a liquidé une bonne partie de sa marchandise la dernière fois. Mais, une fois à Balima, il tourne le dos à ce bâtiment géant d’en face ; tout ce qu’il sait de lui, c’est qu’il s’agit d’une grande bâtisse gardée par des policiers et qu’il y a toujours des gens qui viennent pour manifester en face. Un jour, ces protestataires voulaient fuir les policiers, ils l’ont renversé avec son sac à dos et endommagé sa marchandise. Depuis cet incident, il affiche un grand mépris à l’égard de cet édifice.

Réda passe de longues heures à marcher jusqu’à l’épuisement total. « Parfois j’ai l’impression que je vais m’affaler par terre », se plaint-il mais il n’a pas le droit au repos. De temps à autre, il s’assoit sur un banc public de l’avenue Mohamed V pour reprendre son souffle avant de regagner la médina et retrouver l’insatisfait et cupide maâlem.

Réda a quitté l’école à l’âge de neuf ans car il ne trouvait plus d’argent pour assurer ses études à cause de la misère où vit sa famille. Il a aujourd’hui douze ans. Il sait très bien qu’il devait être en classe avec ses camarades mais « ce sont mes parents qui m’ont obligé à travailler pour le mâalam et sortir le matin pour ne revenir qu’à la tombée de la nuit à notre baraque à Douar El Hadja », explique-t-il en baissant les yeux avec une voix affligée. Pour Réda, chaque saison a sa spécificité, et comme tous les enfants, celle de l’été reste la plus convoitée. Il ne la désire pas pour son soleil resplendissant, ni pour ses plages dorées, mais surtout pour pouvoir s’infiltrer dans les cafés et avenues remplis davantage de touristes. « C’est en été que j’ai le droit à plus de 40 dirhams par jour au lieu de trente ou bien seulement vingt », affirme-t-il tout en nourissant le rêve de devenir comme son mâalam, désormais sa seule référence et idole.

Cet enfant n’est qu’un exemple parmi des milliers d’autres gamins qu’on retrouve sur les trottoirs et à chaque feu rouge et arrêt de bus, attendant des clients incertains. Ils exposent des mouchoirs, des cigarettes, parfois des fleurs et des friandises.

Les familles de ces enfants font partie de la classe sociale défavorisée et souffrant d’une pauvreté écrasante. Les petits vendeurs quittent l’école dès le jeune âge sous la pression de la faim et de l’exclusion sociale afin d’aider leurs parents. C’est dans la rue qu’ils font leur apprentissage.

C’est là où ils apprennent à fumer et à se droguer, espérant fuir la réalité. Ils peuvent recourir également à des pratiques sexuelles dangereuses et transmissibles de maladies graves. Leur innocence a été exploitée à plusieurs moments par des obsédés sexuels ainsi que des criminels et mafias de drogue. A l’instar des autres enfants qui travaillent dans différents ateliers, usines, fabriques et maisons, le nombre d’enfants-vendeurs ambulants est en expansion.

Ils se multiplient lors des vacances scolaires. Des milliers d’enfants passent leurs vacances dans les plages sous le soleil torride de l’été. Ils portent des plateaux de pâtisseries, de sandwichs, des glacières pleines de glaces et de sodas. Parfois des paniers de biscuits et de cigarettes. Dans la plupart des cas, ce sont des élèves qui cherchent à épargner de l’argent pour financer la rentrée de l’année suivante et économiser de quoi acheter quelques habits.

« Ça ne me dit rien du tout ce boulot, je le fais à contre-cœur», affirme Amina, quinze ans. Elle travaille sous un soleil de plomb (Plage des nations). Elle vend des crêpes avec du thé préparés par sa maman qui siège sous une tente dressée à l’entrée de la plage. Amina doit faire le va-et-vient des dizaines de fois par jour entre sa mère et les clients. « Je dois aider ma mère pour économiser un peu d’argent», ajoute-t-elle d’un ton ferme.

Les enfants-vendeurs ambulants constituent un exemple flagrant de ce phénomène qui menace notre société, à savoir le travail des enfants. Pour lutter contre ce fléau, l’interdiction ne suffit pas. Elle ne fera qu’aggraver la situation. Il s’agit d’une problématique structurelle. La lutte doit être menée contre la misère et la précarité accablant toute une classe sociale dépassant les six millions d’individus.

Montassir SAKHI

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23 juin 2008

Massacre à la tronçonneuse à Agdal


Plus d'une vingtaine d'arbres rasés devant la future Bibliothèque nationale

Pour répondre aux défis environnementaux tels que le réchauffement de la planète, la perte de la biodiversité et le problème de la disponibilité en eau potable, le programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) et le Centre mondial d'agroforesterie (ICRAF) ont lancé, lors de la réunion sur la convention du climat à Nairobi en 2006, une campagne de plantation d'un milliard d'arbres.

Cette initiative internationale de reboisement visant à responsabiliser les citoyens, les entreprises et les pouvoirs publics pour faire face au défi du changement climatique, a maintenant comme but de planter sept milliards d'arbres.
Autre moment pour sensibiliser le public à la lutte contre la déforestation, la célébration chaque année de la «Journée mondiale de l'arbre», qui a été l'occasion du lancement, ce jour-là, d'un «arboretum» initié par l'Association des amis des jardins exotiques de Bouknadel (ASAJEB) et la Fondation Mohammed VI pour la protection de l'environnement qui ont invité plusieurs enfants à venir planter chacun un arbre.

C'est dans ce contexte de sensibilisation à la protection de l'environnement que les responsables du chantier de la Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc à Rabat ont rasé au moins 26 arbres laissant derrière eux un spectacle d'amertume et de désolation. «C'est vraiment un massacre!», «C'est un scandale!», lancent des défenseurs de la nature venus voir de près ce “crime écologique''. Autre condamnation, celle d'une militante écologiste qui dénonce les violations de l'environnement dans notre pays. «La nouvelle Bibliothèque de Rabat, dans l'Agdal, se découvre petit à petit aux passants, moderne et spacieuse. Mais est-ce pour pouvoir mieux admirer le style de ce bâtiment que la vingtaine d'arbres ont été tronçonnés ? », indique-t-elle.


Selon une source proche de ce dossier, ces arbres ont été supprimés pour dégager la vue sur l'esplanade de la nouvelle Bibliothèque.

Pour se renseigner davantage sur cette affaire selon elle, il faut plutôt s'adresser à la Direction des travaux publics. Contactée, cette division rejette toute implication dans ce dossier et conseille de voir du côté de la wilaya de Rabat. Celle-ci nous livre une autre explication. «Si ces arbres ont été abattus, c'est parce qu'ils se trouvaient sur la plate-forme du projet du tramway dans la capitale. Les laisser à leur place, c'est donc condamner les autres palmiers situés du côté droit de la voie Ibn Khaldoun. Par ailleurs, ces caroubiers qui souffrent d'un vieillissement avancé ne sont pas transplantables», répond Mustapha Bennaoui, responsable des Espaces verts et des plantations de la ville de Rabat.

Pour départager ces deux versions, une enquête devrait être lancée pour déterminer la responsabilité des auteurs de cet acte puni par la loi. Car il faut savoir qu'il existe bien une législation protégeant l'arbre en milieu urbain. «Pour abattre, déplacer ou transplanter un arbre, il faut d'abord que l'intéressé présente une demande exposant les motifs de ce déplacement (entrée de maison, de garage, de magasin, etc.). Une commission locale se déplace sur les lieux pour un constat et une prise de décision. S'il y a gêne, les parties concernées de la ville se chargent de l'abattage ou du déplacement. Si aucune destruction n'est justifiée par la commission, il est demandé à la personne concernée de s'abstenir de toucher l'arbre sous peine de poursuite légale.

«Les palmiers, quant à eux, bénéficient d'un privilège spécial accordé par un dahir royal», explique un responsable de l'environnement.
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Dégradation…
Les forêts sont des maillons essentiels de la chaîne de la vie. Elles jouent un rôle vital dans la régulation des climats et du cycle de l'eau et sont des écosystèmes les plus riches et utiles de la planète. Selon les scientifiques, les forêts du monde renferment plus de 50 % de la biodiversité terrestre. Or, la dégradation de la forêt se poursuit à un rythme inquiétant. Chaque semaine, 200.000 hectares de forêts tropicales disparaissent.

On estime que 20% des gaz à effet de serre émis dans l'atmosphère proviendraient de la déforestation. Une exploitation forestière peu respectueuse de la nature et de l'Homme, ainsi que des coupes pour installer des plantations industrielles, telles que le palmier à huile et le soja, sont les causes principales de ce phénomène. Les zones tempérées et boréales subissent, elles aussi, des pertes importantes de leur biodiversité. Les besoins croissant de l'Homme pour des produits qui pourtant devraient être écologiques et renouvelables par excellence (bois, papier, liège…), sont aujourd'hui le moteur de la disparition accélérée de la biodiversité et de la déstabilisation du climat.

Par Rachid Tarik | LE MATIN

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15 juin 2008

Rabat- Maroc. Une jeunesse à trois vitesses


Les festivals de musique se multiplient de Fès à Essaouira, pour le plus grand bonheur des touristes, et des Marocains. Le Festival Mawazine de Rabat, qui a eu lieu en mai, était aussi l’occasion de prendre le pouls de la jeunesse marocaine.

« kes ki se pass ? », c’est le nom d’une chanson d’un groupe de rappeurs marocains, « H-Kayne », originaires de Meknès. Ils sont quatre, et lorsqu’on leur pose la question, ils répondent en chœur : « Il se passe beaucoup de choses depuis l’arrivée du nouveau roi Mohamed VI, en 1999, création de radios libres, presse affranchie, ça bouge ». Comme leur musique qui mélange arabe et français, hip hop et mélodies traditionnelles, le style issawa, dont leur dernier album « HK 1426 », sorti en 2005, porte la marque (*). « Nous vivons un rêve, on a déjà joué à Paris au Bataclan, à Berlin, au Caire, et on aimerait aller aux Vieilles Charrues, lance Hatim, 28 ans, un des quatre chanteurs. Ce festival c’est super, mais le bruit de la musique ne peut pas cacher la misère ». On la sent dans ce quartier populaire du sud de la capitale marocaine, où pendant plus d’une semaine le stade de Qamra s’est transformé en salle de concert. Rabat a rendez-vous avec les rythmes du monde entier, et un casting d’enfer avec de gros moyens a en tout cas assuré le succès de cette septième édition du festival Mawazine.

Un déficit d’éducation

« Mawazine », qui veut dire « les équilibres » en arabe, traduit bien ce souci d’attirer non seulement les touristes, mais aussi de faire la fête et de rassembler les 33 millions de Marocains. Une préoccupation que l’on retrouve dans la programmation qui mêlait le guitariste-crooner George Benson en ouverture, à de nombreuses stars de la chanson arabe et internationale : Assala Nasri (Syrie), Rokia Traoré (Mali), Cristina Branco (Portugal), en passant par Los Van Van (Cuba), Kassav et Hadouk Trio. « La répartition géographique des quatre grandes scènes a été réfléchie de façon à toucher toutes les populations de Rabat », souligne le très influent Mounir Majidi, président du festival, qui est aussi le secrétaire particulier du roi Mohamed VI. Car la musique adoucit les mœurs, et si le taux de chômage 2007 n’est que de 9,7 % de la population active, il touche 21,6 % des jeunes urbains. Une jeunesse turbulente et d’autant plus impatiente qu’elle fonctionne à plusieurs vitesses. Avec un taux d’alphabétisation de 52 %, le plus faible du Maghreb, le Maroc souffre d’un déficit d’éducation qui pénalise d’abord les jeunes des campagnes et des banlieues. Deuxième catégorie, ceux qui sont issus de la classe moyenne, ils espèrent décrocher le bac, comme Khaldoun, 20 ans, en terminale au lycée Hassan II, qui veut être policier comme son père. Ou Lamia, 18 ans, fille de commerçant, qui fera ensuite une école de management.

« Le pays est en train de se vendre »

Foulard turquoise et vert, qui voile ses vingt ans, Siham rêve d’être journaliste de télévision en regardant « Al Jazira, et un peu TV5 Monde ». Sa copine Zekaria trouve qu’il y a « trop de touristes au Maroc » (première source en devises avec 5,3 milliards d’euros en 2007). « Le pays est en train de se vendre avec la mondialisation », ajoute Rym, presque résigné. Youssef n’est pas d’accord, « le pays en profite aussi », même s’il reconnaît avoir voté pour les islamistes aux législatives de septembre 2007. Ils ont tous un téléphone portable, mais ils s’enfuient comme des moineaux dès qu’on veut les prendre en photo, illustrant mieux qu’un long discours leurs sentiments contradictoires vis-à-vis du monde moderne. Avec un taux de réussite au bac de 38 %, et 200 dirhams annuels de frais de scolarité (18 euros), ils sont sans illusions. Rien à voir avec le haut du panier de la jeunesse marocaine qui fréquente les lycées français, Descartes à Rabat, ou Lyautey à Casablanca. À 30.000 dirhams par an de frais d’inscription, leur avenir est assuré, tout comme celui des lycéens de la Rabat American School (140.000 dirhams). Ces jeunes des beaux quartiers, on les retrouve au McDo d’Agdal, le samedi pour déjeuner. Meryem, 19 ans, étudiante, s’est assise par hasard à côté d’Ilham, 35 ans, esthéticienne. L’une est décolletée, l’autre voilée. Elles sont toutes deux musulmanes, mais la seconde n’a pas eu cette adolescence privilégiée, qui donne l’assurance et la confiance en soi propre aux enfants gâtés. Ilham a « pris le voile » il y a trois ans, autant par résignation, « les hommes me respectent mieux », que par conviction religieuse.

« Trouver un travail stable »


Plus loin, ils sont trois à la terrasse d’un café, et travaillent dans un centre d’appel, comme 20.000 de leurs compatriotes. Rémi, Olivier, et Dominique, les prénoms qu’ils donnent au téléphone, fument des Marlboro de contrebande en préparant leur soirée. L’un n’a « qu’un souci, trouver un travail stable », l’autre qu’une envie, « partir au Canada ». Ils iront écouter Ziggy Marley, le fils de Bob, chanter « Love is our religion ». Le lendemain, la Libanaise Nancy Ajram se couvrira sur scène avec le drapeau marocain. Rien de tel pour canaliser la jeunesse marocaine, comme les eaux du Bouregreg qui coulent désormais entre des rives de béton au pied de la casbah des Oudayas, avant de se jeter dans le grand bain de l’Atlantique. * 1426 selon le calendrier musulman, l’hégire, correspond à 2005 .

Thierry Dussard


« Les jeunes sont pour la plupart dépolitisés »

Abdallah Saâf, 58 ans, professeur de Sciences politiques à l’Université de Rabat et ancien ministre de l’Éducation nationale, se définit comme un « Mélenchon marocain ». Membre du Parti socialiste démocratique, qui s’est sabordé en 2006, il porte donc le regard d’un « homme de gauche » sur la jeunesse marocaine.

Dans quel état d’esprit sont les jeunes Marocains aujourd’hui ?
La jeunesse est en grande partie dépolitisée, ou plus précisément apolitique. L’indifférence domine, ce qui est une forme de refus du système actuel. Une frange minoritaire a été happée par le courant islamiste, dont les représentants incarnent la force d’attraction la plus mobilisatrice de la classe politique, car ce sont les moins désabusés. Je vous rappelle que le Parti Justice et Développement (PJD), les islamistes modérés, comptent une quarantaine de députés.

Cinq ans après les attentats des kamikazes de Casablanca (43 morts), comment se fait-il que les islamistes recrutent encore ?
Le 16 mai 2003 n’est qu’un gros fait divers politique, qui survenait vingt mois après le 11 septembre 2001 et deux mois après l’invasion de l’Irak par les Américains. Il a été utilisé par le pouvoir pour remobiliser le pays contre le terrorisme. C’est un événement inacceptable et une violence contre nos convictions, mais qui n’excuse pas l’instrumentalisation qui en a été faite. Après les « Harragas », qui sont prêts à tout pour fuir le pays par la mer sur des embarcations de fortune, le 16 mai illustre l’état de désespérance d’une partie de la jeunesse.

Il existe quand même des jeunes Marocains qui misent sur l’avenir de leur pays sans passer par l’islamisme radical ? Les jeunes dans leur ensemble veulent vivre et tentent de survivre; 7,5 millions sont à l’école, au lycée ou à l’université. Certains ont réussi, travaillent, et sont bien intégrés, grâce notamment aux emplois créés par le boom du tourisme et de l’immobilier. Les nouvelles technologies attirent aussi, mais nombreux sont ceux qui restent cantonnés aux petits métiers de la marginalité.

Les festivals de musique se multiplient. Servent-ils d'« exorcisme du quotidien » ?
La politique des festivals s’inscrit dans cette joie de vivre à laquelle la majorité des Marocains aspire. Elle sert aussi à attirer les touristes. Il ne faut cependant pas nier leur fonction idéologique, le festival de musique sacrée à Fès, par exemple, est islamiquement correct à partir du moment où il traite du sacré. Toutes les villes rivalisent pour attirer chanteurs et vedettes arabes ou internationales, mais on doit veiller à ne pas tomber dans des événements artificiels.

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4 juin 2008

Création à Rabat du Sciences-Po marocain


L'annonce officielle devrait être faite début juillet : la très select école de Sciences-Po Paris aide le Maroc à créer, exactement sur le même modèle, son Institut de sciences politiques à Rabat. Sciences-Po Paris va apporter son savoir-faire pédagogique pour former en cinq ans, les élites locales et régionales du Maghreb et de l'Afrique subsaharienne. Le Maroc fournit les locaux et va financer les professeurs recrutés parmi les meilleurs. Certains seront marocains, d'autres envoyés par Sciences-Po Paris seront chargés de différents séminaires.

L'originalité de Sciences-Po Rabat va être double. D'une part, l'école va axer son enseignement sur le management, la finance et l'économie des entreprises. Les deux premières années offriront parallèlement une solide formation en sciences politiques et en histoire. Il s'agit de former les futures classes dirigeantes de la région. D'autre part, l'école veut s'ouvrir non pas tant sur le Proche et le Moyen-Orient que sur l'Asie de l'Est, là où se trouvent les marchés de demain. Des chercheurs venus d'Inde, du Japon ou de Chine seront invités à participer au centre de recherche qui sera créé.

Les premiers étudiants commenceront leur cycle d'études à la prochaine rentrée. Le recrutement, très sélectif, sera définitif, comme à Sciences-Po Paris, après un examen d'entrée.

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27 mai 2008

Les artisans de Rabat souffrent en silence



Le manque de moyens est le dénominateur commun de ces ouvriers

Nous sommes partis les rencontrer à l'ancienne médina de Rabat. C'est dans un Riad en ruine dans le quartier des consuls qu'une dizaine d'artisans se sont regroupés dans de petits commerces qu'ils ont transformés en lieu de fabrication.


Ces pièces étroites servent en effet d'ateliers pour ces «ouvriers». Des espaces qui manquent de toute mesure de sécurité. Mais les artisans sont loin de se soucier de ce «détail». Pour eux, le plus urgent est de régler leur situation financière et sociale. En effet, ils sont jeunes et moins jeunes travaillant dans des conditions très difficiles en contre partie de sommes dérisoires. «On commence le travail à la première heure du matin et jusqu'au soir pour 60 Dhs la journée. Pire encore nous sommes payés pour chaque article et non pour la journée. Nous n'avons pas le choix. Ici soit tu tiens la cadence, soit tu pars» confie Ahmed, un jeune artisan.

Dans cette «usine» de fabrication d'objet en cuir, l'artisan perçoit 30 dirhams pour chaque article achevé. Mais même les ouvriers les plus chevronnés ne dépassent pas 2 articles par jour. «C'est un travail de longue haleine qui exige de la patience et surtout un bon savoir faire. Tous ces jeunes artisans que vous voyez ont hérité le métier de leurs parents. Les jeunes d'aujourd'hui refusent de travailler dans l'artisanat car ils savent que c'est un métier dur et peu rentable», ajoute Mohamed, un autre artisan.

Issus de quartiers pauvres à Salé, ils ont souvent une famille nombreuse à leur charge sans bénéficier d'aucune assurance maladie où de régime de retraite. «Si vous faites un tour dans les autres Fendak vous allez rencontrer des septuagénaires qui travaillent encore, car ils n'ont pas d'autres ressources et leur familles dépendent toujours d'eux. Ces vieux n'arrivent même pas à terminer un seul article par jour. Pourtant, ils s'accrochent et luttent pour survivre. Certains, après des années de labeur se sont transformés en mendiants parce qu'ils n'arrivent plus à travailler. Ici tu es payé pour ce que tu produis et quand tu arrêtes de travailler, on arrête de te payer. Nous ressemblons en quelque sorte aux ouvriers journaliers sauf que eux, ils travaillent chaque jour dans un lieu différent et que nous, nous avons plus au moins une adresse fixe» ironise Hafid. Selon ces artisans, les choses ne sont pas meilleures arrangées en cas d'accident. Ces «employés» sont souvent virés en cas d'accidents de travail et ne perçoivent aucune indemnité. «On nous a proposé de payer 150 Dhs chaque mois pour pouvoir bénéficier d'une assurance. Mais aucun ouvrier n'a pu le faire à cause du manque de moyens. Nous sommes même exclus des aides en nature «denrées alimentaires». Nous n'avons jamais pu bénéficier de ces subventions qui ont été accordées il y a trois ans par la Chambre d'artisanat et qui allaient uniquement aux propriétaires des bazars» souligne Mohammed.

Selon cet artisan, les conditions de travail difficiles des «ouvriers» reflètent en partie, la situation de ce secteur qui souffre de plusieurs maux, notamment le problème de marketing. Confronté à l'économie moderne et à l'exportation, le secteur reste pourtant fragile et stagné en l'absence d'une stratégie de commercialisation, la rareté des galeries et l'absence de foires nationales régulières.

L'artisanat marocain serait en perte de vitesse. Et ce malgré son importance du secteur dans l'économie et l'équilibre social. Il suffit de savoir que ce secteur emploie 2 millions de personnes à l'échelle nationale. Ce qui représente 20% de la population active et contribue à hauteur de 19% au PIB. Au niveau de l'export, les chiffres indiquent encore une fois l'importance du secteur.

En effet la recette de l'export tourne autour de 600 millions de DH. Mais malgré le rôle primordial qu'il joue dans le développement de l'économie nationale, l'artisanat semble avoir beaucoup de mal à décoller. Le Maroc trouve toujours de la difficulté à créer une marge forte et à suivre les tendances sur le marché international.
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Artisanat : vision 2015

Le secteur de l'artisanat recèle un énorme potentiel de croissance. Il existe en effet une forte demande de l'art de vivre, du patrimoine culturel artisanal, de la décoration d'intérieur et la mode marocaine. Mais malheureusement l'offre ne suit pas la demande. A cela s'ajoute le problème de moyens financiers alloués à ce secteur. Le budget du département de l'artisanat reste limité.

C'est dans ce contexte que la Vision 2015 a été lancée en février 2007. «Cette vision peut être considérée comme étant un cadre de développement et de mise à niveau des entreprises artisanales et un processus d'amélioration constante du produit d'artisanat pour qu'il soit adapté aux exigences de la qualité et de la compétition», affirme le secrétaire d'Etat chargé de l'Artisanat. Cette vision prévoit donc de créer 115 000 emplois, générer 7 milliards de DH, multiplier par 10 les exportations formelles et doubler le chiffre d'affaires de l'artisanat à contenu culturel.

Et afin d'atteindre ces objectifs, cette stratégie se propose de participer à l'émergence et au développement d'un tissu d'acteurs producteurs de référence et d'appuyer les mono artisans urbains et ruraux en termes de production/vente et d'amélioration de leurs conditions de vie

Par Yousra Amrani | LE MATIN

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14 mai 2008

Plateau d’Akrach : du foncier pour casser à la spéculation


- Mais aussi pour conforter le schéma d’urbanisation de Rabat-Salé

L’ouverture à l’urbanisation du plateau d’Akrach constitue pour la ville de Rabat un enjeu majeur. C’est le premier constat dressé par les rédacteurs du rapport justifiant l’urgence et l’opportunité du projet. D’abord pour la maîtrise du développement urbain de la capitale administrative. Pour être au diapason, ensuite, de la nouvelle politique des pouvoirs publics qui prend de plus en plus en considération l’impact des instruments d’urbanisme sur le devenir des villes. Politique axée sur la couverture la plus large possible du territoire en documents d’urbanisme et la mise en place d’institutions de gestion et de contrôle de l’évolution urbaine. Et le réservoir foncier que constitue le plateau d’Akrach s’y prête à merveille pour réaliser ce double objectif.

Plus encore, sa mobilisation s’avère être une urgence pressante. En raison de la forte spéculation foncière ambiante avec tout son lot de conséquences néfastes sur le marché de l’immobilier et, partant, l’exclusion des populations vers les périphéries démunies de toute infrastructure de base. Mais aussi pour renouer avec la dynamique imprimée à l’urbanisation générale de la ville de Rabat et son environnement. A travers notamment le lancement de projets structurants au rayonnement régional et national comme la création de la ville de Tamesna, l’aménagement de la vallée du Bouregreg ou encore celui de la Corniche de l’Atlantique. Cette nouvelle dynamique porteuse d’investissements et donc de développement économique et social, est de nature à réguler le marché de l’immobilier dans toutes ses composantes: habitat, services, équipements, activités économiques et commerciales.

Inséré dans cette vision urbanistique cohérente, le plateau d’Akrach peut, à l’évidence, conforter cette dynamique. Mais encore faut-il lui assurer toutes les conditions de réussite. A commencer par une forte action volontariste de la part des pouvoirs publics. «Dans ce sens, la mise en place d’une structure institutionnelle jouissant à la fois des prérogatives de la puissance publique et de la souplesse pour une gestion efficiente ouverte aux partenaires sociaux, reste le préalable incontournable», est-il recommandé.

Surtout que le site met en équation des propriétaires terriens et les autorités en charge de l’aménagement urbain (voir article page 4). Aussi ne faut-il point s’étonner si les promoteurs du projet favorisent le scénario visant la mise en place d’une structure mixte associant les propriétaires des terrains à un organisme de droit public. Les premiers avec leur apport en foncier et le second fournissant expertise et garantie pour la levée des fonds.

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Les atouts du site

Le premier atout du plateau d’Akrach tient d’abord à l’importance de la réserve foncière qu’il recèle pour l’extension de la ville de Rabat: 1.010 ha dont 920 sont urbanisables. Cette superficie peut recueillir 200.000 habitants. En outre, le site dispose d’un environnement construit abritant aussi bien l’habitat collectif que le résidentiel. D’où une mine d’activités socio-économiques. En troisième lieu, le site bénéficie d’un emplacement en hauteur de grande qualité avec vue sur la Tour Hassan, la Kasbah des Oudayas, la Médina…

Enfin, il ne présente pas de difficultés relatives à son assainissement et son équipement en réseaux. Seul bémol, ses liaisons avec l’agglomération de Rabat-Salé, et des ouvrages d’art seront nécessaires pour la traversée de la rocade.

A. G.

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Une nouvelle ville aux portes de Rabat


· Ultime étape pour l’aménagement du plateau d’Akrach

· Un site de 1.100 ha pour abriter 200.000 habitants.


Le foncier est devenu rare à Rabat. D’où la flambée des prix de l’immobilier. Pour pallier cette situation, plusieurs projets urbanistiques ont été lancés dans la périphérie de la capitale. Mais l’offre n’arrive pas encore à suivre une demande galopante et souvent attisée par une spéculation à toute épreuve. Et le projet d’aménagement et d’ouverture à l’urbanisation du plateau d’Akrach est considéré, dans ce cadre, comme ultime solution. Pour lutter contre la rareté du foncier, mais aussi pour maîtriser le développement urbain durant les prochaines décennies.



D’une superficie de 1.109 ha, le plateau est situé au sud de la capitale surplombant les quartiers de Takaddoum et Youssoufia ainsi que la vallée de Bouregreg. Pour ce faire, les responsables de la ville ont lancé la préparation d’un plan d’aménagement de cette zone. Ce travail a été piloté par l’Agence urbaine de Rabat et adopté en décembre 2006 par le conseil de la ville. «Aujourd’hui, il vient de franchir la dernière étape de son homologation», précise un responsable de l’Agence urbaine de Rabat. En effet, le plan a été validé en mars dernier par la commission centrale. Il sera déposé incessamment via le ministère de l’Habitat au secrétariat général du gouvernement pour examen et publication dans le Bulletin officiel.

Un rapport justificatif a été également établi. «Ce document est destiné aux décideurs pour les éclairer sur les différents scénarios à adopter pour l’aménagement de ce plateau», indique la même source. Le choix n’est pas facile, car le projet présente une situation particulière. Le terrain n’appartient pas au Domaine de l’Etat comme c’est le cas à Hay Ryad ou pour la nouvelle ville de Tamesna. Cette zone est composée de plusieurs parcelles appartenant à des particuliers, dont 20% possèdent plus de 80% de la superficie du plateau. D’où la multiplicité d’approches retenues pour la gestion du projet. En effet, le rapport retient trois options.

La première consiste en un aménagement classique basé sur les lotissements individuels. Cette démarche nécessite des conditions préalables pour une ouverture progressive à l’urbanisation du plateau. Entre autres, on peut retenir la réalisation des voies d’aménagement par la commune urbaine. Mais encore faut-il s’assurer l’adhésion et l’engagement des différents propriétaires pour la réalisation des infrastructures. N’empêche que cette option est porteuse de difficultés au niveau de la maîtrise de la planification des réalisations à même de garantir la cohérence et la qualité du projet dans son ensemble. A cela s’ajoutent les difficultés de mobilisation du financement global nécessaire à l’aménagement et à la réalisation des équipements.

Le deuxième scénario envisagé propose de confier cette mission à un organisme public appelé: Société d’équipement du plateau d’Akrach. Cette expérience a été déjà pratiquée pour les projets de Hay Ryad à Rabat et de Sala El Jadida à Salé. Cette société devrait chapeauter le projet depuis la mobilisation des fonds jusqu’à la valorisation des opérations immobilières, en passant par la réalisation et le suivi des travaux. L’avantage de cette option est d’assurer une valorisation et un phasage maîtrisé du projet avec un respect des objectifs urbanistiques arrêtés. Elle permet également d’assurer une participation équitable des propriétaires aux frais d’équipements. Quant au dernier scénario, il consiste en la création d’une société mixte pour l’aménagement du plateau d’Akrach. L’avantage de cette démarche est de permettre de conjuguer les efforts du secteur public et des opérateurs privés dans le cadre d’un partenariat auquel seront associés les propriétaires par un apport de leurs terrains. Le capital de cette entité sera constitué de deux types d’apports: le foncier et le capital-investissement.

Parmi les autres avantages de ce dernier scénario figure l’opportunité d’éviter les interventions ponctuelle et partielle au gré de la disponibilité et des prix du foncier. Propriétaires et investisseurs auront ainsi une meilleure visibilité pour parer à la spéculation. Selon des sources proches du dossier, c’est Al Omrane qui pilotera ce projet, en partenariat avec les grands propriétaires, qui possèdent 80% des terrains. Cette démarche facilitera la mobilisation des fonds pour réaliser l’aménagement du site dont le coût avoisine les 2 milliards de DH. Ce montant couvrira les travaux de voirie, d’assainissement et de branchement aux réseaux d’eau et d’électricité. Sur le plan urbanistique, le projet apporte une vision prospective pour une nouvelle cité d’une capacité d’accueil de près de 200.000 habitants. En effet la variété des zonages proposée introduit des produits jusque-là inexistants sur le marché, comme des immeubles de grandes hauteurs: jusqu’à R+10 étages. Ce projet permet de doter la capitale d’un grand pôle urbain et commercial avec des infrastructures et des équipements modernes. Mais la réalisation de ce grand chantier a besoin d’une décision de haut niveau, comme c’est le cas pour le projet d’aménagement de la vallée de Bouregreg.

Nour Eddine EL AISSI

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25 avr. 2008

Rabat/Transport urbain - La ville teste les soumissionnaires


· Des précisions sont exigées sur le parc roulant, les prix...

· Les réponses avant le 28 avril


Difficile de trancher dans le dossier concernant la gestion déléguée du transport urbain au niveau de Rabat. Plusieurs dates ont été annoncées pour boucler cette opération, mais les habitants de la capitale attendent toujours la désignation du futur opérateur. Rappelons que trois consortiums restent en lice. Il s’agit de Keolis, National Express (maison mère d’Alsa) et Veolia (cf.www.leconomiste.com). Cette difficulté revient en particulier à la nature de l’opération qui n’a pas été basée sur un vrai cahier des charges avec des clauses précises. Chaque opérateur avait la possibilité de présenter sa proposition pour assurer cette prestation. «Il faut dire que les offres obtenues se différencient, mais elles sont d’une qualité professionnelle irréprochable», souligne une source proche du dossier. «Chaque proposition présente des points forts, mais également des faiblesses», ajoute la même source.

A titre d’exemple, les tarifs proposés sont intéressants par rapport à ceux pratiqués actuellement. Toutefois, «les offres des trois candidats ne répondent pas d’une manière satisfaisante aux attentes de la ville et aux enjeux», indique un membre de l’autorité délégante. Pour faire le bon choix, cette dernière s’est lancée dans un cycle de négociations avec chacun des trois candidats. Ces derniers sont soumis à un questionnaire très détaillé. Car les exigences de la ville sont claires, notamment en matière du parc roulant et des tarifs. «Pas question de vivre l’expérience de Casablanca qui a eu droit à des bus usagers», est-il indiqué. «On pourra accorder au nouveau gestionnaire un délai d’une année pour renouveler la totalité de son parc», indique un responsable de la wilaya. Pour les tarifs, l’autorité délégante cherche la mise en place d’un ticket unique permettant de se déplacer sur plusieurs lignes durant une durée déterminée, comme c’est le cas dans certains pays étrangers. Le volet social bloque aussi l’avancement de ce dossier. Les responsables de la ville cherchent à trouver une solution pour le redéploiement du personnel des sociétés privées et de l’ex-Régie autonome de transport urbain de Rabat. Plus de 2.000 personnes sont concernées.

Les trois candidats sont donc invités à répondre au questionnaire de l’autorité délégante avant le 28 avril.

Nour Eddine EL AISSI

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17 avr. 2008

Rabat/Collecte des déchets-Segedema conteste les choix de la ville

· Elle estime que son offre est meilleure sur le plan technique

· «Service public oui, mais à prix raisonnable», répond l’autorité délégante


La collecte des déchets est une activité qui rapporte gros. Pour preuve, l’importance des soumissionnaires à l’occasion du renouvellement des contrats de gestion déléguée des quatre arrondissements de Rabat : Hassan, Yacoub Al Mansour, Agdal-Ryad et Youssoufia-Souissi (cf :www.leconomiste.com). Rappelons que les marchés ont été octroyés à Veolia Propreté, Tecmed et Sita-Al Beida. Seulement, ces décisions sont aujourd’hui contestées par deux sociétés qui estiment «avoir été écartées injustement». Il s’agit de Segedema (filiale de Pizzorno Environnement) et de Nicollin-Sosnnad qui étaient respectivement chargées de la collecte et du nettoiement au niveau des communes d’Agdal-Ryad et celle de Yacoub Al Mansour. La tension a atteint son comble quand Segedema a refusé de céder le site pour son remplaçant, en l’occurence Tecmed. Le premier veut continuer son service jusqu’à la prononciation de l’adjudication définitive par les autorités compétentes. En clair, la wilaya, la ville et les ministères de l’Intérieur et des Finances.


Pour Segedema, la passation des marchés manque de transparence. Selon la société, «son offre aurait été la plus conforme au cahier des charges». Un communiqué a été diffusé dans ce sens. Et toujours selon le même document, «la satisfaction des exigences du cahier de charges passe obligatoirement par une grande innovation dans le matériel de travail, les procédés techniques et le mode de gestion». En résumé, pour la direction de Segedema, «il subsiste un risque important que ces adjudications provisoires soient basées sur le principe du moins disant et non sur celui du mieux disant comme prévu dans le cahier des charges «. «Effectivement, l’offre de Segedema, à l’instar de celles des 3 opérateurs retenus, est irréprochable sur le plan technique», confirme un membre de la commission chargée de l’examen des offres. Et d’ajouter que «Segedema a été écartée à cause de son offre financière trop élevée par rapport aux propositions des autres concurrents», précise la même source. En clair, l’autorité délégante cherche à assurer ce service public, mais avec un coût raisonnable pour la ville. D’ailleurs, le jeu de la concurrence a profité à la collectivité. En effet les offres proposées par les opérateurs ont été réduites de plus de 20% par rapport aux prix des contrats adjugés il y a 6 ans. Ce qui prouve que leur marge bénéficiaire a été confortable. A titre d’exemple, Veolia a conservé le quartier de Hassan en proposant 25,4 millions de DH alors que le prix de la prestation au titre de l’ancien contrat a été de 31 millions de DH.

Nour Eddine EL AISSI

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13 avr. 2008

Grève des sociétés de transport urbain à Rabat


Les usagers sont les principales victimes

Subitement et sans le moindre préavis, 6 sociétés ont décidé d’interrompre leur activité de transport dans le périmètre urbain de la wilaya de Rabat-Salé, pour entrer ainsi dans une grève en un jour qui enregistre l’affluence la plus dense de la semaine. Cette grève a été justifiée par la remise en fonctionnement de la ligne 55 attribuée à la société « Al Walja », la réduction d’un dirham du prix du ticket sur la ligne Rabat-Aïn Aouda ainsi que pour les facilités accordées par les sociétés « Al Walja » et « Raha » aux étudiants, à partir de 35 dh par mois.

De nouveau, le conflit entre les sociétés de transport urbain dans la wilaya de Rabat-Salé refait surface à cause de l’issue juridique trouvée pour remettre en fonction la ligne 55 selon laquelle il a été décidé de remettre en activité la société « Al Walja » légalement, en particulier après les accusations formulées par certaines sociétés de transport urbain concernant l’illégalité de la ligne 55 qui était desservie par la société « Raha » et qui a été suspendue durant une longue période à cause de son coût élevé et de son long trajet.

Parmi les conséquences de cette grève subite, décidée par certaines sociétés de transport urbain, figure au premier chef la perturbation du transport urbain.

En effet, de nombreux usagers de ce transport sont arrivés en retard à leurs lieux de travail ou à leurs rendez-vous, d’autant plus que de longues files d’usagers ont été observées au niveau de différents arrêts de bus, dans l’attente d’un moyen de transport alternatif pour les acheminer vers leurs lieux de travail à Rabat.

Cette grève constitue, en effet, un nouveau « mode de conduite », car il est rare de voir les sociétés de transport recourir à la grève. Jusqu’à quand va durer cette situation ?

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11 avr. 2008

La justice met le « sabot » aux sociétés de stationnement de Rabat


Vers une révision des contrats...

La justice, par le biais du tribunal administratif de Rabat, a annulé l’article 4 du contrat liant le Conseil communal à la société de parking par la mise en place de centaines d’horodateurs dans les artères de la capitale.

Ce verdict vient confirmer d’une manière flagrante et irréfutable l’utilisation abusive et illégale du sabot puisque ces sociétés de parking « sévissant » à Rabat ont profité sans vergogne d’un vide juridique.

Une proposition de loi émanant du Groupe Istiqlalien, et visant à combler ce viol juridique, a atterri au bureau de la première Chambre du parlement.

Ainsi, ce texte a pour ambition de combler un vide juridique qui en a fait voir de toutes les couleurs aux automobilistes des grandes villes du Royaume et pas seulement ceux de la capitale.

En effet, l’utilisation du sabot de manière illégale avec l’immobilisation des véhicules sur la voie publique était devenue une hantise depuis quelques mois et la polémique n’a pas cessé de faire la « une » des principaux titres de la presse nationale.

Le texte de loi fait partie des 27 propositions de lois qui trônent sur le bureau de la Chambre des Représentants.

Déposé vers la fin de la session d’autonome, ce texte, une fois programmé, sera examiné par la commission de la Justice, de la Législation et des Droits de l’Homme, au cours de l’actuelle session de printemps, nous confie-t-on.

Il vise, en cinq articles, d’interdire la mise sous séquestre et l’immobilisation des biens privés en dehors de toute procédure légale. Il a, de même, pour objectif d’instaurer des sanctions en cas d’infraction de cette interdiction et permettre aux victimes de réclamer un dédommagement.

Ainsi, selon ce texte, il est formellement interdit d’immobiliser ou de mettre sous séquestre des biens privés par des personnes morales ou physiques privées sans en avoir reçu l’autorisation explicite de l’autorité judiciaire compétente.

Le second article de la proposition de loi stipule que l’opération de mise sous séquestre, une fois autorisée par le juge, se fait selon le code de la procédure civile.

Toute infraction sera sanctionnée par une amende allant de 5000 à 10.000 dh, qui sera portée au double en cas de récidive, stipule le troisième article.

Quant au quatrième point de la proposition, il autorise les personnes victimes d’un tel abus à recourir à la justice pour réclamer une réparation morale.

Des dommages qui seront fixés selon la valeur du bien séquestré, le véhicule en l’occurrence, et le statut social de la personne lésée.

Il faut rappeler que quelques semaines avant le dépôt de cette proposition de loi par le Groupe Istiqlalien à la Chambre des Représentants, le ministre de l’Intérieur avait souligné le caractère illégal du sabot, tel que pratiqué jusqu’ici.

Aujourd’hui, après le texte de loi qui vise à combler le vide juridique de la pratique du sabot et après les jugements qui font désormais jurisprudence, une autre action est menée sur un autre front : celui du ministère de l’Intérieur, autorités de tutelle des collectivités locales, qui compte procéder à la révision des contrats conclus entre les collectivités locales et les sociétés en charge de la gestion du stationnement des voitures dans le sens où la tâche de l’immobilisation des véhicules relève, en effet, de la compétence de la police administrative des collectivités locales. Outre le caractère illégal confirmé par la justice, seuls les agents publics ont finalement le droit d’exécuter les décisions de la police administrative qui sont du ressort du président du Conseil communal.

En attendant que le ministère de l’Intérieur mette en place les mesures appropriées pour la conformité de cette procédure aux lois en vigueur, espérons que les usagers de la route ne subiront plus le casse-tête du harcèlement par sabot dans des artères envahies par le stationnement payant.

Hafid FASSI FIHRI

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7 avr. 2008

La ville de Rabat renouvelle ses contrats de collecte des déchets