
«Chants de paix, hymne à la vie» constitue le point d'orgue de ce concert
Le Festival des Alizés a déjà annoncé ses couleurs pour la 8e édition qui se déroulera du 8 au 11 mai. Elles sont chatoyantes avec des styles très colorés, nous assurent les organisateurs.
Ainsi, entre autres, musique classique, symphonique, de chambre, populaire, lied et airs d'opéra, les chœurs des trois cultures enchanteront, encore une fois le public souiri, avec le thème choisi pour l'occasion : «Chants de paix, hymne à la vie». Mais, en avant-goût du Festival, cette soirée très attendue par les festivaliers a été donnée, hier, en première, au Théâtre National Mohammed V, date coïncidant avec la Journée nationale de la musique.
Quoi de mieux pour un dialogue des cultures que ce chœur drainant avec force et enthousiasme un message de paix et de fraternité, à travers des jeunes de nationalités et de confessions différentes, dont il est composé, chantant d'une seule voix leurs convictions communes et leurs différences. Un projet visionnaire de la Fondation des Trois Cultures, exprimant l'ouverture et le pluralisme propres au Maroc.

Ainsi, l'Orchestre National de Lille dirigé par Jean-Claude Casadesus est sollicité pour prendre part à ce rassemblement très significatif et particulièrement emblématique des trois cultures : musulmane, juive et chrétienne.
«Je suis absolument heureux de cette collaboration avec ces trois chœurs. C'est une initiative magnifique pour rassembler les différentes esthétiques de différentes communautés. Je pense que cela peut œuvrer à travers la musique au rapprochement des uns et des autres, à la paix et à l'amour. Il n'y a pas mieux pour arriver à cela, car la musique est le plus court chemin. Avec ces merveilleux chanteurs et ce beau travail, nous transmettons au public quelque chose qui laisse une trace de fraternité dans la tête et dans le cœur», précise M.Jean-Claude Casadesus.
Le Chœur des Trois Cultures était, donc, là pour éblouir. Dirigé par Michel Piquemal (France), Nayer Nagui (Egypte) et Jalila Bennani (Maroc), ce Chœur a interprété trois œuvres, respectivement en latin, en arabe et en hébreu.
Accompagné par le prestigieux Orchestre National de Lille et Jean-Claude Casadesus, le Chœur a séduit l'assistance venue nombreuse, par le grand ouvrage du répertoire sacré en latin, le Requiem de Fauré, avec en solistes Caroline Casadesus, soprano et Michel Piquemal, baryton. La seconde partie n'a été que plus sublime, enrichie de deux pianos et des percussions, avec la composition de Nayer Nagui «Falsafat Alhayât » (en arabe) dirigée par son auteur, et une autre en hébreu d'Alain Huteau sur des extraits du « Cantique des Cantiques » sous la baguette de Michel Piquemal.
Né de la volonté et de l'engagement de la Fondation des trois cultures, cet ensemble de chorales gagne d'année en année l'estime des publics, toutes nationalités confondues. Son engouement et son esprit d'ouverture touchent de plus en plus et deviennent le point d'orgue de cette manifestation. C'est que le Maroc est une terre de rencontre et de dialogue par excellence où le partage et l'échange sont à l'ordre du jour.
«Chaque année, ce sont des œuvres de très haut niveau, de grands chefs, qui sont interprétées par les chœurs des trois cultures. C'est aussi une occasion pour les jeunes de se rencontrer, de chanter ensemble, d'évoluer et ensuite tisser des liens d'amitié en dehors de la prestation. Nos jeunes ont, alors, l'opportunité de s'élever à un niveau international. C'est une belle aventure qu'ils sont en train de vivre », souligne Mme Jalila Bennani, chef de chœur marocain.
En effet, ce rendez-vous annuel rassemble des jeunes de différentes cultures qui sont là pour dire au monde qu'avec de la volonté et de l'amour, tout peut se faire. C'est l'objectif escompté par la Fondation des Trois Cultures qui œuvre pour rapprocher les Hommes, leur permettre de mieux se comprendre et de se rencontrer autour de valeurs communes. Le Choeur des Trois Cultures, composé de jeunes chanteurs arabes et européens appartenant au pays du pourtour méditerranéen, sont là pour réunir ces peuples de différentes cultures et confessions en vue d'un idéal de paix et de tolérance.
Pour cela, ils unifient leurs voix dans la convivialité et l'esprit de partage.
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L'Orchestre national de Lille
Créé en 1976 grâce à la volonté de la Région Nord / Pas-de-Calais et l'appui de l'État, l'Orchestre National de Lille s'est doté d'un projet artistique ambitieux initié par Jean-Claude Casadesus (Chef d'orchestre, compositeur, Chef fondateur de l'Orchestre National de Lille, président de Musique nouvelle en liberté, directeur musical de l'Orchestre Français des Jeunes), en direction de tous les publics : diffusion du répertoire, création contemporaine, promotion des jeunes talents, activités pédagogiques et actions jeune public. À l'invitation de son directeur, chefs et solistes internationaux s'unissent ainsi à l'Orchestre National de Lille pour « porter la musique partout où elle peut être reçue ».
En France, à l'étranger ou naturellement au coeur de près de deux cents communes de la région Nord / Pas-de-Calais qu'il irrigue musicalement dans une démarche exemplaire de décentralisation. L'Orchestre National de Lille s'est, ainsi, imposé en trente ans comme une formation prestigieuse, véritable ambassadeur de sa région et de la Culture française dans quatre continents et trente pays.
Par Ouafaâ Bennani | LE MATIN
Libellés : Arts et culture, Vie de la cité