La bataille pour la mairie de Rabat s'annonce serrée
"De gros calibres se concurrencent pour la présidence du Conseil de la ville"
Le compte à rebours est lancé. A quelques jours des élections communales, la bataille pour la mairie de Rabat commence à se dessiner après l'annonce de part et d'autre des noms des candidats officiels. La concurrence s'annonce on ne peut plus rude. La fièvre va bientôt monter dans les circonscriptions de la mort notamment Hassan, Yaâcoub El Mansour et Souissi. La rivalité entre les différents ténors des partis politiques animera la capitale pendant les prochains jours.
Les bleus convoitent plus que jamais la présidence de la capitale. Ils semblent être, à présent, dans une nouvelle position de force. Alors qu'auparavant, ils ne pouvaient quasiment prétendre à aucune chance, les indépendants détiennent désormais trois arrondissements sur cinq. Le Rassemblement national des indépendants nourrit de grandes espérances grâce initialement à ses trois présidents d'arrondissements arrachés à d'autres partis (Saâd Benmbarek, Hussein Karroumi et Faouzi Chaâbi). Une force arithmétique qui ne semble pas dissuader les ittihadis.
Le Parti de la rose qui retient la leçon de 2003, compte cette fois-ci mener la bataille jusqu'au bout en misant sur des candidats de taille : Driss Lachguer à Souissi, Hassan Tarik à Yaâcoub El Mansour, Ahmed Rih à Hassan, Khalid Asouab à El Youssoufia et Fath Allah Oualalou à l'Agdal.
C'est ce dernier qui est pressenti par les ittihadis à la présidence de la ville. L'USFP essaiera autant que faire se peut de récupérer la place qui lui a été arrachée brutalement lors des tractations postélectorales en 2003. En critiquant souvent le bilan des réalisations du conseil communal, le Parti de la rose tente d'attirer un maximum de sympathisants r'batis. Selon les usfpéistes, les alliances doivent être gérées d'une manière objective. Ils espèrent que l'alliance traditionnelle avec la koutla sera respectée afin de remporter le fauteuil tant espéré. Pour leur part, les istiqlaliens retroussent également leurs manches. Deux candidats célèbres mèneront la bataille à Rabat : le président de l'arrondissement de l'Agdal, Abdelilah Bouzidi, et le président du conseil de la Région Abdelkébir Berkia.
Une question se pose avec acuité : les convoitises pousseront-elles encore une fois les composantes de la koutla à oublier leurs engagements en se livrant, entre elles, à une concurrence acharnée ? En tout cas, le Parti du livre qui a perdu l'un de ses ténors, Faouzi Chaâbi, parait, pour le moment, dépassé. Le PPS s'est toujours contenté d'appuyer ses alliés de la koutla et de la gauche.
La présidence de la capitale est loin d'être une ambition pour les progressistes. D'ailleurs, c'est pour cette raison que l'ambitieux Faouzi Chaâbi, qui rêve de la mairie de Rabat, a préféré changer sa couleur partisane. Mais son enthousiasme sera confronté à la persévérance de Omar El Bahraoui qui ne compte pas lâcher du lest en mobilisant ses troupes dans la capitale. Le maire actuel compte rempiler pour un deuxième mandat bien que ses détracteurs resserrent l'étau autour de lui. Le mouvement populaire aspire à garder sa position qu'il a pu obtenir en 2003 grâce à des alliances contre-nature avec presque tous les partis politiques. Selon des sources harakies, Omar Bahraoui et Driss Sentissi, main dans la main, œuvrent pour tirer leurs épingles du jeu, chacun dans sa ville.
Quant au Parti de la justice et du développement, il mise gros. Ainsi à titre d'exemple, le redoutable Lahcen Daoudi ne se présentera plus à Fès mais à Hassan. Le parlementaire Reda Benkheldoun sera également en lice à l'Agdal.
Une campagne électorale houleuse s'annonce à l'horizon.
Les préparatifs
A l'heure actuelle, les préparatifs de part et d'autre vont bon train pour réussir le pari électoral. Plusieurs partis convoitent, en ce moment, la présidence de la capitale et se préparent, ainsi, au niveau de chaque arrondissement pour atteindre l'objectif tant escompté quoiqu'on sache d'emblée que les calculs au niveau local sont loin d'être logiques. L'expérience des communales de 2003 en témoigne puisque quelque 14 composantes du champ politique se sont unies pour former la majorité.
Par Jihane Gattioui | LE MATIN
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