28 déc. 2009

Salé, ville verte à l'horizon 2020

Le Matin.ma

Les deux principaux atouts de la ville sont le littoral et la forêt.

A Salé, chaque habitant bénéficie de 30 cm2 d'espaces verts, l'équivalent d'un pot. Les normes de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) exigent 10 m2 pour chaque habitant. C'est dans ce contexte d'asphyxie urbaine qu'a été lancée dernièrement, lors d'un atelier international, l'initiative «Salé, ville verte» à l'horizon 2020. Un projet de développement durable qui a réuni les principaux acteurs de la ville: préfecture, élus, société civile et experts. «Nous allons intégrer ce projet dans le plan communal de développement», a souligné Noureddine Lazrak, maire de la commune urbaine de Salé.

Pour sa part, François Grosdidier, député maire de Woippy (France), a rappelé que l'environnement est devenu un chantier de la coopération internationale décentralisée. Cet élu a proposé, par ailleurs, aux collectivités locales de miser sur l'avenir par la promotion de l'éducation environnementale. Selon lui, les enfants incitent leurs parents à devenir des citoyens responsables. Sur ce registre, la région de Salé possède des atouts tels que les «Jardins exotiques de Bouknadel», qui reçoivent chaque année des milliers d'écoliers.

Ces jardins devraient renforcer leur vocation par la création d'un centre international d'éducation environnementale. Autre acteur souhaitant s'intégrer dans cette initiative «verte», le Musée de la Maamora.

Le projet «Salé, ville verte» doit aussi œuvrer pour la promotion des énergies renouvelables (ER) et l'efficacité énergétique (EE). Dans ce sens, Salé et la ville Polotsk (Belarusse) font partie du projet d'énergies renouvelables «SURE», financé par l'Union européenne en partenariat avec deux villes: Friedrichshafen (Allemagne) et Murcia (Espagne). Une initiative réalisée dans le cadre du programme «Pays voisins et partenaires de l'Europe».

Si les atouts de cette région sont importants, il n'en demeure pas moins que les défis sont énormes. Pour réaliser ce rêve écologique, Salé met également en avant son projet de transport propre, le tramway, ainsi que ses potentialités naturelles: littoral et forêt. Toutefois, sur le terrain, de grands problèmes subsistent comme la destruction des terres agricoles par l'urbanisation. Une partie de Sala El Jadida, rappelons-le, a été réalisée au détriment de la Maamora, dont la nappe phréatique est menacée. «Les deux principaux atouts de la ville qui sont le littoral et la forêt sont en train d'être détruits sans parler de la paupérisation de la population qui menace l'environnement», a déclaré Saddak Abdeljalal, ingénieur à la commune urbaine de Salé. La ville engagée dans le programme «Villes sans bidonvilles» compte actuellement 8.500 habitats insalubres.

Mais ce phénomène augmente et il faut se rendre à «Ank Jmel» et «Douar Jbala d'El Karia» pour voir comment une dizaine d'habitations non intégrées dans le cadre du programme de relogement de «Hay Moulay Smail» à la fin des années 80, se transforme en un vrai village de maisons construites illégalement sur la falaise. «Aujourd'hui, un vrai point noir d'habitats insalubres est en train de pousser avec risque de glissement de terrain et altération du paysage de la vallée de Bouregreg. En moyenne ce sont deux à quatre maisons qui apparaissent chaque semaine sur ce territoire», a souligné Habib Ben Malek de l'association «Sala Moustakbal». Plus que cela, «la vallée de Bouregreg est devenue un dépotoir des gravats et résidus provenant des bâtiments», a noté Mohamed Mehdi Kacemi, de l'agence pour l'aménagement de la vallée de Bouregreg.

L'atelier a conclu ses travaux par l'appel à la mise en place d'un comité de pilotage du projet «Salé, ville verte» composé de tous les acteurs de la ville. C'est dans ce sens, que le gouverneur de la préfecture de Salé, Alami Zbadi, a appelé la société civile à s'approprier cette initiative, la première du genre au Maroc.
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Espaces récréatifs

Lors de cet atelier international, une étude de la mise en valeur des espaces verts urbains, réalisée par l'agence urbaine de Rabat-Salé, a été présentée. «Nous proposons la création de ceintures d'anticipation par la mise en place de parcs et espaces verts pour alléger la pression sur la forêt et l'intégration d'un plan vert dans les plans d'aménagement urbains», a lancé Imane Benkirane, professeur à l'Ecole nationale d'architecture de Rabat. Il a été aussi question du projet de la ceinture verte de Bouknadel qui n'a jamais vu le jour en raison des terres de la «jmou» (collectives) et qui est dominée à présent par les décharges clandestines et les habitats insalubres. Autre sujet discuté, les déchets hospitaliers, industriels et gravats qui ne sont pas pris en compte par les sociétés délégataires. Enfin, les participants ont appelé à la réalisation d'un inventaire des activités industrielles et artisanales polluantes tout en accélérant le projet de station d'épuration d'eaux usées ainsi qu'à la sensibilisation des populations au tri des déchets à la source pour valoriser ces matières.

Repères
Religions

L'atelier international « Salé, ville verte » fait suite à la déclaration d'Istanbul de l'Association des musulmans pour la lutte contre le changement climatique, une initiative qui entre dans le cadre de l'Alliance des religions pour la conservation (ARC), fondée en 1995 par le Prince Philip, l'époux de la Reine Elisabeth d'Angleterre.

Energie

Il a été recommandé d'adopter l'efficacité énergétique à travers le programme «Maison d'énergie» initié avec le Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud) au profit des jeunes promoteurs.

Industrie

Salé représente 4% de la production industrielle nationale et reçoit 244.000 touristes par an (58% étrangers).

Par Rachid Tarik | LE MATIN

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