Transport urbain de Rabat - Enième débrayage pour protester contre le nouveau gestionnaire
Les habitants de la capitale et ses régions ne savent plus à quel saint se vouer. Le secteur du transport en commun se trouve, en effet, paralysé à Rabat et ses régions depuis lundi dernier 19 octobre. Les employés des entreprises non concernées par l'accord franco-marocain ont observé une grève en début de cette semaine pour manifester leur grogne contre leurs propres employeurs.
La grève risque de s'exacerber davantage et les problèmes des R'batis avec...
Les entreprises qui avaient perdu la course pour la gestion déléguée du transport en commun dans la capitale devraient fermer leurs portes à la fin de ce mois pour céder la gestion de ce secteur à la nouvelle entreprise Stareo : un groupement d'entreprises franco-marocain réunissant Veolia Transport et la société de transport Bouzid, Ajmal Bus et Karama Ben Aissa.
Les sociétés « hors jeu » refusent donc de payer les indemnités aux employés non repris par le nouveau groupement sous prétexte qu'elles ont été contraintes, elles aussi, de quitter le secteur. «Certains agents ont passé plus de 20 ans de service dans ces entreprises. Il n'est pas question qu'ils abandonnent leur droit à une indemnisation matérielle et morale», explique l'un des employés. Les protestataires promettent donc de ne pas baisser les bras et menacent de durcir le ton. « Nous sommes prêts à poursuivre ce débrayage jusqu'à ce qu'une solution claire et juste soit trouvée», indique un autre employé.
Mais l'absence d'indemnisation n'est pas la seule cause de cette grève qui risque de « trop » durer. Les employés sélectionnés pour rejoindre la nouvelle société «Stareo» protestent et refusent de signer les nouveaux contrats qui leur feront perdre les avantages liés à l'ancienneté. «Les nouveaux contrats «proposent » un nouveau cadre de travail très contraignant, l'absence d'avantages et la perte de toutes ces années d'ancienneté. Les nouveaux recrutés seront aussi mis sous une période d'essai malgré toutes leurs années d'ancienneté.
La nouvelle société veut mettre la pression sur nous pour qu'on accepte les nouvelles conditions et nous ne sommes pas prêts à céder facilement», indique un chauffeur.
La décision de ce débrayage intervient donc suite à plusieurs rounds de discussions entre patrons et employeurs qui se sont révélés stériles. «Les patrons refusent de payer les moindres indemnités et brandissent la carte de la faillite», ajoute un receveur. Seuls les véhicules de la société Bouzid ont continué à sillonner, lundi, les artères de Rabat, Salé, Témara et Skhirat après que les employés de la société Karama se sont résignés à rejoindre le mouvement de protestation. Par conséquent, nombreux sont les fonctionnaires qui ont trouvé des difficultés à se rendre à leurs lieux de travail. «L'hypothèse de la grève était omise pour les employés de Karama bus vu que les négociations se sont poursuivies jusqu'à vendredi après-midi. La décision n'a été prise que plus tard par les représentants des employés suite à un communiqué de la FDT», explique un agent à Karama bus.
Des propos qui ont été confirmés par le propriétaire de ladite société. Selon Ibrahim Jomani, ce sont ces propres employés qui étaient à l'origine de cette décision. Ce dernier a indiqué que les employés ne sont pas « la seule partie perdante» dans cette opération de concession. M. Jomani a évalué les pertes de son entreprise entre 20 et 40 millions de centimes pour chaque ligne dont la gestion sera assurée à partir du 1er novembre par la société «Stareo».
«Nous avons été contraints de vendre 120 véhicules en bon état à la nouvelle société puisque Karama bus est obligée d'arrêter toutes ses activités à partie du mois prochain », indique M. Jomani.
Par Yousra Amrani | LE MATIN
Libellés : Economie, Vie de la cité

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