Projet Bouregreg : «Le plus difficile est derrière nous»

Avancement des travaux et émergence des éléments urbanistiques et architecturaux de ce chantier hors pair
Essakel Lemghari, tout comme les responsables des principales composantes de la première séquence du projet Bouregreg s'en réjouissent: «Le plus difficile est derrière nous». Selon le directeur général de l'Agence d'aménagement de la vallée Bouregreg, dorénavant les citoyens vont pouvoir constater de visu l'avancement des travaux et l'émergence des éléments urbanistiques et architecturaux de ce chantier hors pair.
Si l'équipe en charge du projet se félicite de ce qui a été réalisé jusque-là, c'est qu'elle a de bonnes raisons. Elle sait que la partie la plus dure du travail et la plus ingrate parce qu'invisible a été faite. Tout ce qui concerne les études, la mise en place des fondations, des réseaux, le creusage, l'étanchéité…est bouclé !.
« Les travaux d'infrastructure sont presque achevés. C'est la partie invisible, c'est pourquoi les gens ont l'impression que le projet stagne. Désormais, on s'attaque aux travaux de superstructure », explique M. Essakel, calme et placide comme à son accoutumée.
Le soulagement mêlé d'une certaine fierté, éprouvé par les responsables du projet, ne peut être mesuré qu'à l'aune de la pression énorme qu'ils subissaient des mois durant. En effet dernièrement, des rumeurs aussi tenaces qu'invérifiables parlaient de retards dans la réalisation des travaux. Elles s'étaient amplifiées et transformées en certitude pour certains et les habitants de Rabat-Salé commençaient à s'impatienter. La circulation, devenue chaotique, a alimenté le ras-le-bol collectif. Sans oublier les médias qui trouvaient toujours à redire, à tort ou à raison, au déroulement du projet.
C'est dire le lourd fardeau qui pesait sur les épaules d'une équipe pourtant dynamique et qui, jusqu'à présent, a fait ses preuves. Pour Essakel Lemghari, le fruit de plusieurs mois de travail mené discrètement, mais efficacement va enfin apparaître au grand jour. C'est une sorte de revanche sur tous ceux qui, par ignorance ou par mauvaise foi, refusaient de croire en ce projet.
« On peut dire que 50 à 55% de ce tunnel est réalisé. Mais, ce chiffre ne reflète pas la réalité. Les travaux ne sont pas linéaires. Le plus difficile a été fait. Cela a pris du temps. Mais, il fallait construire sur des bases solides. Le tunnel sera ouvert à la circulation en septembre 2010 », affirme Mhammed Ben Hamich, ingénieur responsable du tunnel des Oudaya Même son de cloche chez Nada Kasmi, ingénieur responsable du nouveau pont Moulay El Hassan. « Nous avons fait l'essentiel. Les deux tiers des travaux ont été réalisés même si les riverains ne s'en rendent toujours pas compte.
Nous avons planté 600 pieux de 25 à 50 m de longueur et de 120 cm de diamètres en guise de fondations. Nous entamons les travaux de superstructure. Et là, tout le monde peut voir comment ce projet va prendre forme dans quelques mois.» Selon elle, ce tunnel sera un véritable joyau architectural. Mais son caractère exceptionnel ne réside pas uniquement dans sa configuration futuriste, mais aussi et surtout dans la qualité et la nature du matériau utilisé et qui fait de lui un ouvrage d'art unique au Maroc et dans le monde à certains égards. Sa construction fait appel à des techniques de pointe afin de garantir sa durabilité et sa pérennité. « A titre d'exemple nous utilisons un ciment qui confère au béton une teinte blanche. La France est le seul endroit au monde où on fabrique ce ciment et ce projet est le premier au monde à l'utiliser. Autre caractéristique de ce pont, le matériel servant à la construction et à la manutention des composantes a été spécialement conçu et dimensionné pour cet ouvrage.
Une fois ce projet achevé, ce matériel ne pourra pas être utilisé sur un autre chantier ». Tout comme les autres composantes du projet Bouregreg, le tramway commence à prendre forme. Les habitants ont pu constater l'avancement des travaux ces derniers mois. Ceux du terrassement ont été réalisés à hauteur de 70 %. Et 60 % des rails ont été posés. «La première rame sera livrée en avril 2010 et la dernière en décembre 2010 », nous apprend M. Lemghari.
Le directeur de l'Agence Bouregreg reste donc optimiste et surtout confiant en l'avenir. La première séquence est sur la bonne voie. Pour ce qui est de la seconde dite Amwaj, les travaux reprendront peut-être bientôt. Selon lui, le partenaire émirati Sama Dubaï qui s'était retiré, serait prêt à revenir. «Sama Dubaï est prêt à revenir. Je suis optimiste. D'autant que la crise internationale qui était derrière son départ est peut-être derrière nous ».
Bab Al Bahr
Le projet Bab Al Bahr est destiné à devenir l'un des centres d'animation et de loisirs les plus attractifs pour la population des deux villes de Rabat et Salé. Ce projet est le fruit d'une joint-venture entre l'Agence pour l'aménagement de la Vallée du Bouregreg et Al Maabar international investments d'Abu Dhabi. Il porte sur un montant d'investissement de 750 millions de dollars et s'étend sur une superficie de 30 ha dont 530.000 m² dédiés à des unités résidentielles, hôtelières, tertiaires, ainsi qu'un ensemble de pôles d'animation et de loisirs dont la Cité des arts et des métiers. Les opérations de développement immobilier se feront par la joint-venture maroco-émiratie Bab Al Bahr Development SA, détenue à parts égales par l'Agence Bouregreg et Al Maabar international investments.
Les études architecturales et techniques des fronts marina et fluviales ont été achevées. Les travaux de ces deux fronts sont en cours (10 %). Les lots techniques et secondaires seront entamés en 2010 avec l'objectif d'achèvement pour le deuxième semestre 2011.
Repères
Avancement
Les travaux d'infrastructure sont presque achevés. On s'attaque à la superstructure.
Délais
Le tunnel sera prêt en septembre 2010 et le tramway et le pont Moulay El Hassan en décembre 2010.
Réalisation
Le projet immobilier Bab Al Bahr sera prêt en 2011.
Par Abdelwahed Rmiche
LE MATIN
Libellés : Aménagement du Bouregreg

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