21 sept. 2009

Rabat évalue ses dégâts après les inondations

L'Economiste 1er quotidien électronique du Maroc

· Le quartier industriel de Hay Nahda le plus touché

· Des entreprises risquent de mettre la clé sous le paillasson

· Redal rejette la responsabilité


Après les inondations de mardi dernier, les habitants et les responsables de la capitale passent à l’évaluation des dégâts. Le jour même, Hassan Amrani, wali de la région de Rabat, a présidé en présence de Fathallah Oualalou, nouveau maire de la capitale, une réunion pour faire l’état des lieux et sortir avec un dispositif d’intervention d’urgence pour rétablir la situation et répondre aux réclamations des habitants.

«La situation a été très critique à Rabat en comparaison avec celles enregistrées à Salé et à Témara», constate d’emblée Jean Michel Tiberi, directeur de Redal, société chargée de la distribution de l’électricité et de l’eau potable ainsi que de l’assainissement liquide au niveau de la région de Rabat. «L’intensité des pluies a entraîné le débordement de certaines conduites d’assainissement rendant impraticables quelques axes de la ville et causant d’importants dégâts matériels notamment dans les quartiers de Takkadoum, Souissi et Hay Ryad», indique-t-on auprès de Redal. Selon la même source, 4 coupures du courant électrique ont été enregistrées dont les plus importantes ont touché 60%, du quartier d’Agdal et 30% du centre-ville. Selon Redal, la situation a été rétablie en moins de 20 minutes pour l’ensemble de la zone affectée.

En dépit de ces efforts, une grande partie de la population de Rabat rejette la responsabilité conjointement sur la filiale de Veolia et sur la commune. C’est le cas des industriels de Hay Nahda qui ont été les plus touchés par ces inondations. Les locaux et les ateliers des usines ont, en effet, été submergés par les eaux. «Il a fallu la mobilisation de l’ensemble de notre personnel pour évacuer les eaux qui ont sérieusement endommagé une grande partie de nos machines de production ainsi que les stocks de produits finis», souligne le patron d’une usine de textile. Pour lui, la situation est très critique et peut mener à la fermeture de l’établissement. «En attendant la reprise de l’activité d’ici au plus tôt un mois, je dois engager des dépenses énormes pour réparer les machines et les véhicules endommagés par les eaux», explique notre industriel. Et d’ajouter, «sans oublier le retard dans la livraison de la marchandise à mes clients marocains et étrangers dans les délais, et ce conformément aux dispositions des clauses des commandes».

Pour la majorité des industriels victimes de ces inondations, le problème est toujours posé chaque année dans cette période en dépit des rappels adressés à Redal. La commune a également sa part de responsabilité dans la dégradation des infrastructures et de la voirie dans la zone industrielle de Hay Nahda. Un autre problème a été soulevé par les locataires de cette zone. Une parcelle du site a été transformée en dépôt de terres déchargées tout au long de la journée par des camions. Avec l’arrivée des pluies, ces terres se transforment en boues qui se déversent dans les rares regards existants et entraînent leur colmatage et par conséquent le refoulement des eaux. Celles-ci envahissent alors les usines de la zone. Le même phénomène s’est reproduit au niveau des locaux en sous-sol de magasins de vente d’automobiles et à des imprimeries situées à la sortie de la ville vers Casablanca. Le même calvaire a été vécu par les habitants de plusieurs villas et immeubles situés dans les quartiers chics de la capitale: Souissi, Hay Ryad et Agdal.

L’effet marquant de ces inondations reste l’inondation des installations de la gare ferroviaire de Rabat-Agdal. Ce qui a entraîné un arrêt de la circulation des trains. «L’écoulement des eaux vers la gare revient à l’incapacité du réseau de la ville de drainer et évacuer rapidement les eaux des pluies», précise un responsable de l’Office national des chemins de fer.

Notons par ailleurs que ces inondations ont été une occasion pour remettre sur le tapis la question de l’indemnisation des victimes. «J’ai contracté une assurance qui assure uniquement les dégâts des eaux comme le cas des infiltrations ou problème d’étanchéité», indique le patron d’une société de bâtiment dont les équipements ont été sérieusement endommagés. Et d’ajouter: «Avant d’engager une requête d’indemnisation auprès de Redal, j’ai fait appel à un huissier de justice qui a constaté les dégâts». Des éclaircissements sur ce sujet ont été avancés par la direction de Redal. Pour cette dernière, il s’agit là d’un «cas de force majeure compte tenu du caractère exceptionnel et imprévu de ces précipitations». Aucune mesure préventive n’aurait pu empêcher les conséquences de ces pluies. Toujours selon la direction de Redal, «il n’y a pas eu de problèmes fonctionnels liés à un déficit d’entretien et de maintenance des réseaux, mais le volume important des pluies n’a pu être absorbé rapidement par le réseau, qui est dimensionné pour des pluies de moindre importance». Cependant, les assurances interviendront au cas par cas et indemniseront les victimes au cas où la responsabilité de Redal serait engagée.

Nour Eddine EL AISSI

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