19 août 2009

Rabat: les jardins des Oudayas et de Chellah à l’abandon

L'Economiste 1er quotidien électronique du Maroc

· Pas de travaux d’entretien depuis plus d’une année

· Retard dans la préparation du nouveau contrat


Enfin, le jardin des Oudayas et celui de Chellah commencent à respirer. Ils étaient étouffés par les herbes sauvages qui ont envahi les deux sites historiques de la capitale. Les travaux d’entretien et de jardinage ne se faisaient plus régulièrement depuis plus d’une année. Cela est dû au retard enregistré dans l’approbation du nouveau contrat de maintenance par le ministère de la Culture et celui des Finances.

«La préparation du cahier des charges et les procédures administratives ont pris presque une année», explique le Conservateur des deux sites historiques de la capitale. «Ce temps a été nécessaire pour bien évaluer les nouveaux besoins en main-d’œuvre pour se charger convenablement de la maintenance des deux jardins pendant les cinq prochaines années», se justifie-t-il. Selon lui, la nouvelle société adjudicataire mettra à leur disposition un effectif d’ouvriers et de jardiniers assez renforcé pour s’occuper des deux jardins qui ont une superficie de 7 ha pour Chellah et près de 3 ha pour l’autre.

«Mais on garde le droit de résilier le contrat si les prestations du nouveau adjudicataire ne sont pas conformes», indique le Conservateur. Les équipes de la société déployées sur les deux sites, il y a quelques jours, ont du pain sur la planche. Uniquement pour le jardin des Oudayas, près de cinq camions de déchets ont été évacués du lieu pendant quatre jours. Outre l’envahissement des herbes sauvages, les sites sont devenus un refuge et une destination privilégiée pour les passants.

Le jardin des Oudayas privé d'entretien


Le travail de désherbage va se poursuivre pendant quelques semaines avant d’attaquer la partie plantation des arbres et des rosiers pour permettre aux sites de retrouver leur charme d’antan. A noter que les deux jardins sont considérés parmi les monuments historiques de la capitale les plus visités par les touristes étrangers et également nationaux. «Pour Chellah, le nombre des visiteurs dépasse les 80.000 personnes par an, dont la plupart sont des étrangers», souligne le Conservateur.

«Pour celui des Oudayas, il est difficile d’estimer ce nombre du fait que la rentrée est gratuite», précise-t-il. A rappeler que ce dernier site fait partie de la kasbah des Oudayas qui a été construite au 12e siècle par les Almohades. Outre ce jardin de conception hispano-mauresque, le monument se distingue également par un palais transformé en musée. Dans ce dernier, on peut trouver les bijoux de toutes les régions du pays qui remontent aux anciennes époques (phénicienne, roumaine et musulmane). Compte tenu de l’importance historique de ce site, on a fait appel à des experts nationaux et étrangers de renommée internationale pour sauvegarder ses fondations lors du creusement d’un tunnel de circulation routière dont les travaux sont en cours de réalisation par l’Agence de l’aménagement du Bouregreg.

Nour Eddine EL AISSI

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