L'USFP s'achemine vers la mairie - Le maire sortant reste confiant
Après avoir nourri de grands espoirs à détenir la mairie de Rabat, le Parti de la lampe se rétracte en faveur de l'ittihadi Fathallah Oualalou. Lahcen Daoudi qui convoitait la présidence de la ville et était presque sûr de ses chances d'occuper le fauteuil de Omar Bahraoui tempère ses ambitions. « Des membres de la coalition estimaient que le risque de perdre était grand. Nous avons donc choisi la carte gagnante pour préserver notre alliance », dit-il. La décision n'a été prise que le dimanche dernier, à deux jours seulement de la constitution du conseil communal. Et c'est le chef de file Abdelilah Benkirane qui a officiellement annoncé le retrait de son candidat à la mairie.
L'alliance composée du PJD, de l'Istiqlal, du RNI, du PPS et de l'USFP est déterminée à barrer la route au maire sortant Omar Bahraoui. Des sources internes de la coalition expliquent que ce sont quelques Istiqlaliens conduits par M. Bouzidi qui auraient annoncé leur intention de ne pas voter pour Daoudi.Rien n'est encore acquis quoique la coalition dispose d'une majorité confortable : plus de 45 sièges sur un total de 86. Mais, les récentes évolutions ont montré que la discipline n'est pas tout le temps au rendez-vous.
Tout sera tranché aujourd'hui lors de l'élection du bureau du conseil de la ville. L'ex-argentier du Royaume semble s'acheminer vers la mairie de la capitale bien que ses chances paraissaient minimes après l'annonce des scores. L'USFP n'a, en effet, obtenu à Rabat que six sièges au conseil de la ville, alors que les membres de la coalition annoncée PJD, PI et RNI ont obtenu respectivement 19, 9 et 7 sièges. Si le scénario de la coalition de Rabat venait à se concrétiser, un cadeau bien emballé serait, ainsi offert au parti de la rose qui a essuyé des échecs cuisants dans bon nombre de villes.
Les Ittihadis, qui ont été victimes en 2003 des tractations électorales à Rabat, empruntent le chemin vers la revanche. D'ailleurs, avant même les élections communales, l'USFP misait sur la mairie de la capitale. Le parti a essayé autant que faire se peut de récupérer la place qui lui a été arrachée brutalement lors des tractations postélectorales en 2003 même s'il a été confronté à un échec brutal à Yaâcoub El Mansour où le membre du bureau politique et ancien secrétaire général de la jeunesse, Hassan Tarik, n'est pas parvenu à percer dans ce quartier populaire. Optimiste, Abdelhak Mantrech, l'un des heureux élus de l'USFP, déclare que l'alliance a de fortes chances de percer tout en soulignant qu'au cas où les choses ne tourneraient pas comme prévu, les partis alliés collaboreront ensemble dans le cadre de l'opposition. Il tient à signaler qu'il est de la plus haute importance d'insuffler une nouvelle dynamique à Rabat.
Contacté, Omar Bahraoui, qui a toujours affiché l'espoir de rempiler en ratissant large pendant sa campagne électorale pour gagner le maximum de sièges, garde son optimisme. Il souligne que « c'est lui qui détient la majorité», estimant que l'alliance adversaire n'est composée que « de l'USFP et des islamistes ». Le maire sortant compte beaucoup sur les voix dissonantes de l'alliance adversaire. Il estime qu'il existe des conseillers qui peuvent aller contre la volonté de leurs partis. Bahraoui subira-t-il le même sort que son confrère Driss Sentissi ? Tout sera connu aujourd'hui.
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