25 juin 2009

Immobilier: Témara, Salé… les zones de repli

L'Economiste 1er quotidien électronique du Maroc

· Rabat intra-muros devient quasi inaccessible

· Le loyer des appartements varie entre 2.000 et 17.000 DH/mois

· Une baisse de 5 à 10% prévue les prochains mois


Quelle serait la meilleure affaire immobilière à Rabat? Est-ce l’achat ou la location? Selon Adil Rahmoune, directeur général de l’agence «Immo Clair Service» - Rabat, «acquérir un bien immobilier est beaucoup plus bénéfique que le fait de le louer». D’une part, parce que les prix de location sont trop élevés, et d’autre part l’option d’achat permet à terme une plus-value potentielle voire certaine. Ainsi, se procurer un terrain peut avoir plusieurs fins.

L’acquéreur peut procéder à l’acte soit pour assouvir son besoin d’habiter et posséder ainsi sa propre maison, soit pour recourir à une spéculation pure et simple. Force est de constater que ce sont surtout les notaires et les promoteurs immobiliers qui optent pour cette activité, souvent génératrice de profits. Ainsi, beaucoup de contraintes, notamment la hausse vertigineuse des prix, empêchent la classe moyenne d’acheter un logement. De ce fait, les personnes désirant devenir propriétaires d’un bien immobilier s’orientent de plus en plus vers la périphérie.

A Hay Al Fath, par exemple, des appartements sont proposés à partir de 11.000 DH le m2. Pour les classes incapables d’acheter à ce prix, elles optent plutôt pour le logement à Témara ou Salé. Deux villes où les prix sont relativement supportables. A Témara, la valeur de la pierre varie selon les quartiers. Si l’on se trouve près du centre-ville, le prix du m2 est d’environ 9.000 DH.

Quant aux habitations balnéaires, précisément à Harhoura, il faut compter à partir de 12.000 DH le m2. Plus loin à la nouvelle ville de Tamesna (à 8 km de Témara), l’offre y est diversifiée et séduit toutes les bourses. Des logements économiques (de 35 m2) sont proposés à partir de 200.000 DH, soit près de 6.000 DH le m2. Mieux encore, des appartements moyen standing (de 100 m2) sont à 800.000 DH, le mètre carré du standing vaut 10.000 DH… Encore faut-il que la qualité de la construction et les finitions répondent aux attentes des acheteurs.

Pour ce qui est de Salé, les prix ont même enregistré une baisse de l’ordre de 10%, notamment dans les quartiers se situant à la sortie de la ville, vers Kénitra. Les logements avec des prix attractifs avoisinant les 5.000 DH le m2 ont de quoi séduire.

Toutefois, résider loin du lieu de travail entraîne beaucoup plus de charges, dont les frais de déplacement… Conséquence: même si l’opération d’acquisition du logement est faite au meilleur prix, les charges variables ont tendance à augmenter. Ce qui neutralise indirectement le bénéfice du prix. A ce propos, comme le foncier à Rabat est de plus en plus rare, sa valeur ne fléchit pas, du moins pour l’instant. Dans les quartiers situés à Agdal ou à Hay Riad, il est quasi impossible de trouver un logement à moins de 14.000 DH le m2. Dans le haut Agdal, les prix dépassent 20.000 DH le m2 et deviennent moins vertigineux à Hassan, où ils se situent autour de 17.000 DH le m2.

Quant au quartier Océan, il réunit des habitations qui valent en moyenne 13.000 DH le m2. A noter que les Rbatis sont devenus prudents et exigeants dans leurs choix. Ce qui rend les opérations d’achat de plus en plus compliquées. Ainsi, «les propriétaires ne vendent plus facilement leurs biens immobiliers et refusent catégoriquement de réduire les prix, explique Rahmoune. Aujourd’hui, face à cette situation, la demande d’achat est donc revue à la baisse. Ce qui pousse les gens à opter pour la location qui paraît relativement moins coûteuse. «En vérité, les appartements qui sont à louer font également l’objet d’une forte hausse des prix», prévient Rahmoune.

A Agdal, le loyer d’un appartement de deux pièces seulement (40 à 80 m2) se situe entre 3.000 et 5.000 DH/mois. Dans ce même quartier, les prix peuvent atteindre 17.000 DH/mois pour des appartements de quatre à cinq pièces. C’est seulement dans les quartiers périphériques, notamment à Hay Nahda, Hay El Fath et Menzah, que l’on peut observer une fourchette variant entre 2.000 et 6.000 DH/mois.

Ainsi, pour l’achat comme pour la location, les prix immobiliers à Rabat dépassent largement les moyens financiers des classes moyennes (au sens de l’enquête du HCP). Selon Rahmoune, «du fait de la baisse de la demande d’achat immobilier, les prix proposés par les promoteurs vont être révisés, enregistrant ainsi une baisse de 5 à 10% dans les prochains mois».

Bouchra SABIB

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