Fronde des élus de Rabat et Salé contre les maires sortants Bahraoui et Sentissi
Alors que les tractations pour la constitution des bureaux des communes et des conseils des villes ont commencé, les maires sortants de Rabat et de Salé, tous deux du Mouvement populaire, semblent menacés dans leurs tentatives de rempiler. Une fronde presque unanime des nouveaux élus de ces deux villes couve déjà.
Ils sont plus de 50 élus au Conseil de la ville de Rabat à avoir signé l’appel de «la majorité honnête», constitué dimanche dernier par les responsables politiques de cinq partis (PJD-PI-RNI-USFP-PPS) et un groupe d’élus honnêtes conduit par Sidi Brahim Joumani (tête de liste du PAM à Youssoufia) auxquels s’est joint le FFD.
PAM : premières contestations
Six élus du Parti authenticité et modernité au Conseil de la ville et six autres aux arrondissements ont manifesté publiquement leur opposition à la décision de l’état-major du parti d’El Himma de cautionner la candidature du maire sortant. Majoritaire, le Conseil de la ville comptant 86 élus. Cette liste, qui continue à recueillir des signataires, s’oppose catégoriquement à la reconduction de Bahraoui à la mairie de la ville. Ils se disent vouloir «barrer la route aux opportunistes et à tous ceux qui pervertissent l’action politique, former un groupe homogène et solidaire pour servir le citoyen de la capitale, développer l’infrastructure de base de la ville et poursuivre les grands chantiers lancés par SM le Roi Mohammed VI».
Ils devaient saisir, par écrit, le wali pour organiser rapidement la tenue d’une séance élective et espèrent une réponse au plus tard lundi prochain.
Le groupe d’élus, qui se défend d’avoir une attitude revancharde, se préoccupe peu du candidat qui remplacerait Bahraoui. Cependant, des noms sont avancés dont notamment les Istiqlaliens Bouzidi et Cherkaoui, les RNIstes Benmbarak, Chaâbi et Karroumi ou encore Fathallah Oualalou (USFP), quoique logiquement c’est le PJD qui aurait pu prétendre au poste, étant arrivé en tête des élections. Mais, «gêné», il ferait la concession.
«Les élus honnêtes» ne semblent pas poser des conditions, du moins pour le moment, sur le futur locataire de la mairie. D’ailleurs de nombreux observateurs estiment que ce poste conviendrait à l’ex ministre de l’Economie, qui pourrait bien organiser la cohabitation, en plus du fait qu’il pourrait avoir l’aval des autorités centrales.
Mais ils estiment que cette démarche pourrait buter sur les prétentions des uns et des autres et sur l’interférence politique des certains états-majors pour rappeler à l’ordre certains de leurs élus.
M.A.
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