25 juin 2009

Foncier à Rabat :disponible mais non aménagé

L'Economiste 1er quotidien électronique du Maroc

· La tension sur l’offre de logement est palpable

· A l’intérieur de Rabat, 50% des terrains ne sont pas bâtis


Difficile pour un cadre de trouver un logement à Rabat et en particulier dans les quartiers comme Agdal ou Hay Riad. La location y est chère et l’achat hors de portée. Rabat est devenue sélective enregistrant l’arrivée d’une population aisée, laquelle a fui Casablanca pour sa folie immobilière et sa pollution. A Hay Riad par exemple, le terrain nu est cédé à un prix variant entre 9.000 et 12.000 dirhams le mètre carré. Les cadres se rabattent donc sur Témara ou Salé.

La capitale a même perdu un peu de sa population: «39% des habitants de Salé et 40% de ceux de Témara logeaient auparavant à Rabat», affirme Mohammed Hanzaz, chargé de mission à l’Agence urbaine de Rabat-Salé. Rabat qui compte non seulement des administrations mais également un secteur industriel et une forte poussée dans les services souffre d’un déficit de logements. Les 1.200 produits annuellement sont une goutte d’eau dans l’océan des besoins.

Ce qui soulève les interrogations sur la capacité de la ville à héberger les jeunes salariés amenés à travailler dans l’offshoring, secteur en plein développement ou dans toute autre activité. Le tout tenant compte d’une rémunération ne dépassant pas 3.300 dirhams à 3.500 pour un bac+2. Dans la fonction publique, un échelle 10 démarre à 3.200 dirhams par mois. Le logement social pourrait servir d’alternative mais encore faut-il que les spéculateurs n’envahissent pas cette catégorie. D’ailleurs, à côté de cadres moyens qui se sont rabattus dessus, d’autres les ont acquis et les gardent vides ou les louent.

Quant aux logements à 140.000 dirhams, ils n’ont pas encore démarré. Ils pourraient être programmés à Tamesna, Témara et Sidi Abdellah. Face à ce tableau, Abderrahman Chaoui, consultant et ancien directeur des Domaines, tempère. Il rappelle que «l’on a tendance à oublier les centres existants et qui offrent des possibilités de logement. C’est le cas par exemple de Sala El Jadida». La problématique du logement renvoie aussi à celle du transport. Pour Tamesna par exemple, la liaison avec le tramway ne sera opérationnelle qu’en 2015.

En attendant, Veolia pourrait résoudre le problème. Un plan pour desservir toute la région est en discussion. «Nous avons proposé de nouvelles lignes pour Veolia. Ce sont des lignes directes qui relieraient Sala El Jadida, le Technopolis et Témara à travers la rocade numéro 2», indique Hanzaz. Mais au-delà de ces précisions, la disponibilité du foncier à Rabat soulève toujours des interrogations. Ces dernières années, l’inflation du prix de l’immobilier est souvent justifiée par la rareté des terrains. Se référant aux résultats préliminaires d’une étude réalisée par l’Atelier parisien de l’urbanisme (Apur), Mohammed Hanzaz soutient «qu’à l’intérieur de Rabat 50% des terrains ne sont pas bâtis. Ils sont constitués d’espaces verts et de forêts. Il existe aussi des terrains à l’intérieur du tissu urbain». Mais toute la difficulté est de mobiliser ces parcelles qui appartiennent pour la majorité au privé.

Pour l’ancien directeur des Domaines, il faut distinguer entre le foncier brut et aménagé. «Nous ne pouvons pas dire que le foncier n’existe pas. Il est disponible et à chaque fois qu’on le cherche on le trouve. Le problème est celui de l’aménagement et de la disponibilité des financements nécessaires». Parfois les terrains sont dégagés, mais les aménageurs tardent à se présenter. C’est le cas de Akrach où 1.100 hectares ont été homologués mais n’ont pas encore été ouvertes à l’urbanisation. Aïn Johra ouverte à l’urbanisation depuis 7 ou 8 ans vient juste de décrocher son premier contrat. Une première parcelle vient d’être cédée à l’entreprise Zodiac, spécialisée dans l’aéronautique qui démarre avec 500 ingénieurs. A Aïn Johra, un parc industriel sera mis en place avec tous les services autour: hôtels, logement sur place, etc.

Khadija MASMOUDI

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