Emploi: Rabat n’est plus la capitale du fonctionnariat
· La ville devient un pôle d’attractivité pour les investisseurs privés
· Des secteurs porteurs, mais qui manquent de profils qualifiés
La capitale politique et administrative du Royaume commence à se détacher de la réalité de jadis qui faisait d’elle une ville de fonctionnaires, dont l’économie ne dépendait que du secteur public.
Elle se positionne aujourd’hui comme un pôle d’attractivité qui lui permet de générer des opportunités de travail dans le secteur privé. Ce dernier représente 40% des emplois dans la région Rabat-Salé-Zemmour-Zaër. «Mais, il y a un écart entre l’offre et la demande. C’est le cas pour l’offshoring qui requiert des profils pointus qu’on n’arrive pas à trouver facilement», souligne Nourredine Knouzi, président de l’Agef Centre.
Selon une enquête de l’Agef Centre et le cabinet Invest RH sur les nouvelles pratiques de GRH, 58,6% des entreprises sondées arrivent difficilement à satisfaire leurs besoins vu la carence des profils qualifiés. Le manque de compétences est également ressenti dans le secteur public à cause d’une rémunération encore peu attractive par rapport au privé. C’est le cas des ingénieurs par exemple.
Les call centers, de plus en plus nombreux dans la ville de Rabat, ont également du mal à trouver des téléopérateurs maîtrisant les langues étrangères. Et le turn-over dans ses structures comme c’est le cas pour l’offshoring en général ne permet pas aux entreprises de garder le même degré de performance. Les structures qui ont une politique de fidélisation des salariés se comptent sur le bout des doigts (hormis celles qui sont bien organisées et qui ne constituent pas la majorité) même si l’enquête a révélé que 65% des entreprises estiment que la gestion des carrières est l’une des principales missions des RH.
Pour sa part l’étude menée en mai dernier par l’Anapec et qui a concerné l’offshoring, les nouvelles technologies, le BTP, le tourisme, le textile et l’artisanat, a révèle que les besoins en recrutements durant la période 2009-2010 sont estimés à 25.189 postes d’emplois dans ces cinq secteurs.
Ce sont l’offshoring et les TIC qui ressentent le plus de besoins (15.900 postes). Le BTP occupe la deuxième place avec un besoin de plus de 5.000 postes pour 2009-2010 contre seulement 2.458 en 2008. Cette position est confortée par les nombreux chantiers dans les travaux publics et l’immobilier. Dans le tourisme, un secteur sur lequel le Maroc compte énormément, les besoins sont estimés à 2.368 personnes contre seulement 266 l’année dernière. L’artisanat d’après le nombre d’emplois dont il a besoin (650 contre 331 en 2008) semble connaître un certain dynamisme.
Mais, le textile-habillement et cuir n’ont pas pu résister à la crise économique puisque leurs intentions d’embauche ont diminué de 616 postes à 1.245 contre 1.861 en 2008.«L’Etat et les entreprises ont senti le besoin de la formation pour pouvoir répondre au nombre et en qualité des profils recherchés sur le marché du travail de la région. Et ils essaient de combler l’écart qui existe pour le moment», note le président de l’Agef Centre.
En effet l’enquête de l’Agef/Invest RH fait ressortir que 82% des structures sondées établissent des plans de formation annuels. Mais à noter que ce sont surtout les multinationales qui leur consacrent un budget important: 4 à 7% de la masse salariale. Ce budget rétrécit pour atteindre seulement 1 à 2% (de la masse salariale) dans les administrations. Ce qui pourrait être interprété comme un processus de rattrapage.
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Besoins en formation
L’étude de l’Anapec prévoit 13.217 opportunités de formation qualifiante pour les chercheurs d’emplois de niveaux bac et bac+2 dans l’offshoring, à l’horizon 2010. Elle a à cet égard identifié cinq métiers porteurs. Il s’agit ainsi de téléconseiller dont plus de 11.000 stagiaires seront concernés par des formations durant les deux prochaines années. Cela sans oublier d’autres profils comme les administrateurs en RH, les techniciens en assurances, les comptables offshore. Pour le BTP ce sont près de 1.400 personnes qui doivent suivre des formations qualifiantes. Il en sera ainsi des métiers comme conducteur, mécanicien et conducteur d’engin, maçon polyvalent (les profils qualifiés sont très rares et la rémunération est très dérisoire), et chef de chantier.
J. B.
Libellés : Economie


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