Communales à Rabat : El Youssoufia, de grandes manœuvres en perspective
La campagne bat son plein à Youssoufia, un des quartiers périphériques de Rabat où les grands partis se sont donnés rendez-vous. Un arrondissement aussi où les enjeux sont importants en raison de la stature des candidats en lice. D’abord, les formations en face : le MP, le PAM, l’PI, le RNI, l’USFP et le PJD et sans compter des petits considérés comme les troubles fêtes. Naturellement, les critiques sont focalisées sur le Maire sortant en la personne de Omar Barhaoui et qui est appelé à défendre son bilan. Son slogan « continuité, transparence, proximité et développement humain durable » en dit long sur le travail qui l’attend. Son véritable adversaire est sans nul doute le fils du très célébrissime Joumani. Une sorte d’icône très populaire auprès des populations r’baties. Déjà beaucoup d’électeurs semblent se retrouver dans le programme de cette recrue du PAM. Joumani fils distille à petites doses les grandes réalisations de son père notamment en matière de transport en commun.
Et la nouvelle concession du transport public à Rabat devrait doper sa campagne. C’est ce qui fait dire à ce professeur universitaire et politologue que la bataille sera rude. « Nous sommes en face d’une situation intéressante politiquement. D’un côté, nous avons un novice qui veut faire ses premiers pas au sein d’un parti nouveau et qui aujourd’hui vient de rompre son alliance avec la majorité. Un entrepreneur qui dispose d’une grande expérience en affaires. Il s’agit d’un atout indéniable. Mais est-ce réellement suffisant pour gagner les élections ? De l’autre côté, ce sont des professionnels de la politique. Je pense que la victoire finale se jouera sur un fil », fait-il remarquer. Si son analyse ne tranche pas directement, elle met en relief cependant la difficulté qu’auront les candidats à convaincre l’électorat de Youssoufia. Un Arrondissement de 39 circonscriptions où la pauvreté et l’assainissement restent les problèmes fondamentaux.
Un scrutin attendu
Dans ce contexte, le candidat de l’Istiqlal compte sur l’enracinement du parti pour se frayer un chemin. Yabou Saïd, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est le symbole d’un renouveau. En la matière, le programme politique de Abbas El Fassi semble tonifier le discours du candidat du parti surtout que l’Istiqlal bénéficie actuellement d’une popularité depuis le message de soutien du Roi au gouvernement El Fassi. Il reste à concrétiser tout cela sur le terrain. Pour ce qui est du PJD, représenté ici par M. Balajji, le moins que l’on puisse dire les choses risquent de se compliquer pour ce candidat car Youssoufia est considéré comme une zone anti islamiste. Quant à Drina, tête de liste du RNI, il ne s’agira pas d’une partie de plaisir pour la simple raison qu’il ne peut plus compter sur « l’indulgence » du candidat du PAM à son égard dans les débats. De son côté, l’USFP, qui a misé sur Assouab, va peser dans la balance pour devenir juge et partie lors de l’élection du Maire. Est-ce en raison de toutes ces considérations que le PPS a décidé de retirer dans cette à la dernière minute ? Pour le moment les langues se délient sur la capacité du Parti du Progrès et du Socialisme à mobiliser ses troupes dans cette partie de Rabat. Toujours est-il que Youssoufia, cette commune de 95 000 électeurs va constituer un centre d’intérêt pour les analystes ainsi que pour les chefs de formation. Un suspens qui va durer jusqu’au 12 juin. En attendant, les grandes manœuvres ont déjà commencé.
Bon à savoir
Pour le scrutin du 12 juin, quelque 30 partis sont en lice pour briguer ces sièges répartis dans 221 communes urbaines et 1282 rurales, au scrutin mixte (uninominal et de liste).
Pour les communes de moins de 35.000 habitants, au nombre de 1411, les conseillers seront élus au scrutin uninominal. Le scrutin de liste s'appliquera dans 92 communes de plus de 35.000 habitants, alors que les membres des conseils des communes urbaines subdivisées en arrondissements seront élus au scrutin de liste à la proportionnelle, selon la règle du plus fort reste. Le nombre des circonscriptions électorales s'élève à 22.210 dont 20.672 ordinaires et 1538 additionnelles. Parmi les 27.795 sièges, 607 échoient aux membres des conseils des communes urbaines subdivisées en arrondissements et 789 aux conseils d'arrondissement. Les 24.451 autres sièges reviennent aux circonscriptions ordinaires, dont 20.545 pour les conseils communaux élus au scrutin uninominal et 2.674 pour les communes qui appliqueront le scrutin de liste et non découpées en arrondissement. En outre, 525 sièges sont réservés aux conseils des villes en plus de 707 autres sièges aux conseils d'arrondissement
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