22 juin 2009

Communales à Rabat : Bahraoui, l’homme qui vaut toutes les compromissions !

La Tribune

«Tout sauf Omar Bahraoui », le slogan des opposants à la réélection de l’ancien Maire, membre du Mouvement Populaire, semble gagner du terrain ne serait-ce qu’à voir l’alliance (PJD-USFP-RNI-PI-PPS) qui s’est formée pour lui barrer la route vers un second mandat. « En homme politique averti, M. Bahraoui s’attendait à une telle situation. Car depuis sa prise de fonction à la tête de la Mairie, la tâche ne lui fut guère facilitée. Ses démêlés avec la justice avant d’être blanchi, puis son bras de fer avec le Wali sur le budget ainsi que les tensions avec les Présidents d’arrondissement, ont été autant de facteurs qui risquent de peser lourd dans le choix final », soutient un des hauts de cadres de la Mairie. Une analyse qui conforte cet autre vice-Président, apparemment très désabusé, pour qui, Bahraoui se serait fait beaucoup d’ennemis. Toutefois, notre interlocuteur, qui a requis l’anonymat, espère que les choses vont se décanter vite pour laisser la place à la sérénité et au dialogue franc et responsable au grand bonheur des habitants de Rabat.

C’est dans ce même esprit aussi que Mohamed Darif, universitaire et politologue, analyse la situation. « Il y a une volonté manifeste d’écarter Bahraoui de la présidence du Conseil de la ville de Rabat exprimée par la coalition PJD-USFP-RNI-PI-PPS. Mais, il me semble que les choses sont plus compliquées que les gens ne l’imaginent car il y a beaucoup d’enjeux dans cette élection ou cette désignation.

Bataille rangée

En effet, il y a d’autres facteurs tels l’assurance des occidentaux (touristes), les investisseurs étrangers quant à la gestion d’une grande ville comme Rabat», soutient M. Darif. Une réflexion pertinente quand on sait que face à Omar Bahraoui, pour l’alliance PJD-USFP-RNI-PI-PPS c’est Lahcen Daoudi du PJD qui est proposé. En effet, il sera difficile pour les autorités, comme le font remarquer beaucoup d’observateurs, de laisser la capitale administrative, ou les grandes villes du Royaume, aux mains des islamistes à l’heure où Rabat se positionne fortement comme l’une des grandes destinations du pays.

D’ailleurs, malgré la victoire du PJD à Kénitra (50 sièges), le parti islamiste est loin remporter la Mairie. Ce qui fait dire à notre politologue que les jeux d’alliance se feront ailleurs sur fond de consensus. Un consensus qui devrait avantager le RNI. Mais rien n’est encore gagné d’avance rétorque l’entourage de Bahraoui. « Notre avantage que est le mandat de notre candidat a été marqué par les grands chantiers que Rabat n’avait jamais connu auparavant », souligne un des conseillers du Maire sortant. Référence faite aux projets d’aménagement Bouregreg, le tramway, le nouveau pont Moulay El Hassan, le tunnel des Ouddayas. Si l’on ajoute à cela l’effet Joumani fils du PAM, allié au MP, on comprendra dès lors que les partisans de « Tout sauf Omar Bahraoui » sont loin de gagner la bataille.

D’ailleurs, le fait que ni Mohamed ElYazghi (ancien Premier Secrétaire de l’USFP), Anis Birou ( ministre et Coordinateur du programme électoral du RNI) ou encore le porte-parole de l’Istiqlal se disent trop occupés pour répondre au téléphone, sans compter le silence assourdissant du côté du PPS tout comme la méfiance manifeste du PJD en disent long sur la difficulté qu’ont les « anti-Bahraoui » à empêcher le Maire sortant de briguer un second mandat.

Auteur : Mamdy Sidibé

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