26 mai 2009

Tragédie de Mawazine : les organisateurs s’expliquent

L'Economiste 1er quotidien électronique du Maroc

· L’indiscipline du public aurait été à l’origine du drame

· La sécurité à revoir pour les prochaines éditions?


Samedi 23 mai, 11 morts. Une date et un chiffre qui resteront marqués dans les esprits. Pourtant, la fête avait bien commencé. Durant toute la semaine, le festival Mawazine a tenu tous les paris: d’organisation et de sécurité. Seulement, l’enthousiasme du public a peut-être été trop chaleureux et la bousculade provoquée à la fin du concert du chanteur populaire Stati a terni l’image de ce festival, déjà à dimension internationale.

Dimanche 24 mai, les mines sont graves durant la conférence de presse, organisée au pied levé, par la wilaya et les organisateurs de Mawazine, l’association Maroc Culture. Présents également le préfet de police et le directeur de l’hôpital Ibn Sina.

D’emblée le wali, Hassan Amrani, s’est dégagé de toute responsabilité au niveau sécuritaire et organisationnel. «C’est la huitième édition de Mawazine, on n’a jamais eu à déplorer aucune défaillance tant au niveau de la sécurité que l’organisation. Le stade de Hay Nahda, lieu du drame, a déjà accueilli des concerts ayant drainé bien plus que les 70.000 personnes présentes ce soir-là », explique-t-il. Pour illustrer ses propos, le wali a présenté un plan détaillé du stade de Hay Nahda. Celui-ci comprend une superficie de plus de 5 hectares. L’espace a été quadrillé en sept secteurs, chacun encadré par une équipe de sécurité. L’édifice comporte neuf portes, vers lesquelles le public était censé se diriger à la sortie. Seulement, selon la version officielle, une partie du public, impatiente et indisciplinée, a préféré se diriger vers un accès interdit, scellé par une barrière métallique. La pression exercée par la foule était telle que la barrière, qui donnait sur un petit fossé, a fini par céder. Durant la poussée de milliers de spectateurs, plusieurs personnes sont mortes asphyxiées. Le tout en cinq à six minutes. Trois jours avant le concert de Stati, les organisateurs ont estimé que la place Moulay El Hassan n’était pas suffisamment spacieuse pour un chanteur aussi populaire. D’où le transfert à Hay Nahda. Les débordements constatés lors du concert de Daoudi le 20 mai n’auraient pas été étrangers à cette décision. Les autorités, tout en reconnaissant la maturité des spectateurs durant certains spectacles de haute facture, ont déploré le comportement d’une certaine partie du public.

Outre les décès constatés durant la clôture, la bousculade de Hay Nahda a fait plus de 40 blessés, dont la plupart ont pu quitter l’hôpital après les soins d’urgence. La prise en charge des blessés ainsi que les frais d’inhumation sont pris en charge par le Palais.

Selon les autorités, le staff médical ainsi que les ambulances auraient été en nombre suffisant, ce qui aurait permis le transfert des blessés vers l’hôpital IBn Sina en moins de 20 minutes. Néanmoins, les avis ne concordent pas toujours puisque, de l’avis de nombreux témoins oculaires, sur les neuf portes du stade réservées aux entrées gratuites, une seule était fonctionnelle. L’enquête, dont l’ouverture a été ordonnée par le Souverain, révélera-t-elle d’autres failles?

Rappelons que le festival Mawazine a attiré, cette année, plus de deux millions de spectateurs. Désormais, et après ce drame, les organisateurs devront être encore plus vigilants.

A. B.

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