Mawazine : Grands artistes et grande musique à la portée de tous
Inoubliable, merveilleux, féerique… Les inconditionnels de Mawazine sont à court de mots pour parler de leur festival. Cette visite guidée donne des plans rapprochés de l’ambiance.
C’est dans une ambiance de liesse que s’est ouverte vendredi dernier la 8ème édition du festival Mawazine, Rythmes du Monde version 2009. Désormais, la capitale du royaume a de quoi surprendre. Plus de 9 scènes, dispatchées sur toute la ville, 9 jours de festivités et plus de 100 concerts. L’association Maroc Cultures, organisatrice du festival et que préside le secrétaire particulier du Roi, Mounir Majidi, n’a rien laissé au hasard pour assurer, de bout en bout du festival, l’émerveillement du public. La plupart des concerts sont ouverts aux festivaliers gratuitement. Les quelques places payantes sont proposées à des prix accessibles. Pour les spectacles les plus chers, les tarifs sont à 400 dirhams. Encore que des Pass proposés à 1000 dirhams réduisent considérablement les prix en donnant accès à la plupart des spectacles payants. Du reste, pour ceux qui ont les moyens de se payer le grand luxe, des places leur sont aussi exclusivement réservées, avec limousine… C’est parti !
La cérémonie inaugurale de l’évènement s’est déroulée à la villa des Arts de Rabat. Elle a connu la participation d’une panoplie de personnalités issues du monde de l’art, de la politique, de l’économie, des médias…
Les concerts se suivent et ne se ressemblent point. Ainsi, les fanfares Ciocarila et Mahardja Brass Band venus de l’Inde, se sont mis sur leur trente-et-un pour envoûter un public R’bati avide de découvertes artistiques. L’avenue Mohammed V s’était embellie de mille couleurs pour subjuguer un public très nombreux. Tout le monde essaye de conjuguer le verbe danser à sa façon, du petit enfant aux femmes et hommes âgés et aussi l’adolescent... Il s’agit bel et bien d’un nouveau visage de la capitale du Royaume. Un visage, connu certes, mais qui fait connaître aussi l’âme d’un pays bariolé de mille couleurs culturelles et artistiques.
Ennio Morricone : Lyre au Bouregreg
Pour commencer en beauté, Ennio Morricone, venu de l’Italie, a su faire vibrer la scène du Bouregreg d’une symphonie rarement jouée avec une telle délicatesse artistique. Près de 10.000 spectateurs se sont délectés de ses romances les plus somptueuses. La scène surplombant la rive gauche du Bouregreg, a livré un charme sublime au public. Surtout avec la présence très remarquée du voilier séculaire français, le Belem, qui accostait non loin de la scène. Belle coïncidence !
Kylie Minogue : La scène OLM Souissi illuminée
Et ce n’est pas tout ! Au menu de la soirée d’ouverture il y avait un show féerique d’une houri de la pop, en l’occurrence Kylie Minogue. Cette star mondiale n’a lésiné sur aucun apparat artistique pour enivrer plus de 40.000 fans qui ont afflué de partout pour déguster les airs les plus éclectiques de la musique pop. Normal, il s’agit bel et bien de la « Queen of the Pop her self ». Surtout qu’elle-même se dit enthousiasmée. « C’est un festival époustouflant, c’est la première fois que je me produis ici au Maroc, mais je vous le promets, ce ne sera pas la dernière ! », lance-t-elle avec joie. Comme preuve de son amour à ce public qui lui était jusque là méconnu, l’artiste a chanté plus de deux heures et quart d’affilée.
Et la découverte continue…
Au deuxième jour, les 9 scènes du Mawazine ont offert des spectacles qui ont été donnés par une pléiade d’artistes et de musiciens de grand talent. Un vernissage de la fameuse exposition d’art contemporain « Traversée », a eu également lieu à la prestigieuse galerie de Bab Rouah, comme pour marquer la deuxième journée d’une emprunte spéciale. Là encore, Mawazine ouvre la perspective sur l’art plastique en présentant les œuvres d’art contemporain d’un cénacle d’artistes au brio intarissable. Plus de 20 artistes-peintres venus de plusieurs pays du monde arabe, ont répondu présents à l’occasion. Le public R’bati a eu l’opportunité de contempler ces gisements plastiques signés des pinceaux d’artistes arabes de différentes générations. Le vernissage a vu la présence de nombreux médias et personnalités. Le tout en présence du maître de cérémonie et commissaire de l’exposition, Brahim Alaoui.
Khaled : Le raï groove à l’honneur
Le roi du raï, Cheb Khaled, s’est produit sur la scène Qamra devant pas moins de 60.000 mille spectateurs. L’artiste a chanté les titres les plus chéris du public dont « Aïcha ». Un opus qui a fait tabac dans le monde entier. Cerise sur le gâteau, pour la première fois, les fans de Khaled, ont pu découvrir en live son dernier tube « la Liberté ».
Le public conquis par les sonorités chaudes de cette voix singulière du raï, a ovationné chaque titre révélé par l’artiste qui brandissait un énorme drapeau marocain. Bref, le public n’avait qu’à proposer et Khaled disposait. Une véritable communion.
Hommage : Warda Al Jazairia décorée
Mawazine c’est aussi l’occasion de rendre hommage à des artistes qui ont tant donné à la musique arabe classique. Ainsi, sur les instructions de SM Mohammed VI, Mohamed Mouatassim, conseiller du Souverain, a décoré la diva de la chanson arabe, Warda Al Jazairia du Ouissam alaouite de l’ordre de Commandeur. Une attestation de mérite scellée du sceau chérifien lui a été également remise par le conseiller de Sa Majesté, en guise de reconnaissance du talent de l’artiste. La « Fleur algérienne » a été très émue par cet honneur qui lui a été réservé. « Votre amour et l’honneur de Sa Majesté m’émeuvent profondément », a-t-elle déclaré avec des larmes aux yeux. Après ces moments forts en émotion, le public fan de Warda Al Jazairia s’est rendu massivement à la scène Hay Nahda pour suivre le concert de cette star de la chanson arabe. Avec la reprise de ces titres phares comme « Harramt Ahibbak » ou encore « Batwanniss Bik », l’artiste a prodigué à des milliers de spectateurs des moments de transe inoubliables.
Du grand rap : Big concert de Don Bigg
La scène Qamra s’est vue enflammée par le retour tant attendu du célèbre rappeur marocain Don Bigg. « Un making of » sur le parcours de ce joyeux luron du rap « made in Morroco » a été projeté avant sa montée sur scène. Le rappeur a été acclamé par le public après chaque titre connu de l’artiste. Don Bigg a conclu son concert avec l’entonnement de l’hymne national marocain repris avec frénésie par l’ensemble des spectateurs. Un geste qui a valeur de symbole !
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Un train pour Mawazine
Le public casaoui n’avait rien à envier aux r’bati, puisque l’Office national des chemins de fer (ONCF) a mis à sa disposition dans le cadre d’une programmation spéciale, un train supplémentaire assurant la navette entre les gares de Rabat-Ville et Casa-Port à l’occasion de Mawazine. Cette liaison exclusive s’est traduite par la mobilisation d’un TNR (train navette rapide) qui part tous les jours à 00h50 de Rabat-Ville pour arriver à 01h25 à Casa-Port. Donc, aucun souci pour les casaouis dont un bon nombre ne rate pour rien au monde les concerts donnés lors du festival Mawazine.
Naoumi Saïd
Libellés : Arts et culture, Vie de la cité


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