Le Rbati Fathallah Oualalou soutenu par l'Istiqlal pour gagner la Communale de Rabat ?
Politique : Les communales 2009 s’annoncent … timidement
Tout porte à croire que le scrutin communal 2009 est loin de constituer un rendez-vous de premier ordre pour les formations politiques. A moins de 60 jours de l’échéance, peu, voire pas, de débats, de prises de positions, de discours,… Ou tout simplement de présence. Qu’est-ce qui peut expliquer le silence assourdissant des acteurs politiques ? L’incapacité à prendre leur destin en main ? A remplir leur rôle et leur mission ? Où sont-ils trop occupés et préoccupés par des querelles intestines ? C’est certainement cette dernière option qui semble la plus crédible et probable. «Il faut avouer que l’organisation destinée à mettre en place la logistique humaine n’est pas sans difficulté. Au-delà du programme électoral et de la ligne politique à défendre, on s’attache à dénicher les candidats susceptibles de se présenter pour gagner», indique un militant de l’USFP à Rabat qui a préféré garder l’anonymat. C’est dire le climat et l’atmosphère. Un indicateur qui en dit long sur l’environnement des préparatifs aux communales 2009. «On opte pour la confidentialité car les équilibres internes sont très fragiles actuellement. Une simple déclaration peut avoir des conséquences importantes au moment où nous nous attachons à établir les listes et à l’heure où les tractations entre partis sont de mise pour sceller des alliances», ajoute la source.
Et dire qu’au lendemain des élections législatives 2007 et le (très) faible taux de participation – à peine 37 % - les partis s’étaient indignés devant le peu de mobilisation des citoyens. Sont-ils conscients de leurs responsabilités en la matière ? Bref. Revenons aux enjeux politiques du scrutin. Car ils existent bel et bien. D’une part, il aura valeur de test pour la coalition gouvernementale pilotée par l’Istiqlal et son mentor, Abbas El Fassi. Composée par les formations les plus importantes du pays (Istiqlal, RNI, PAM, USFP, PPS), le comportement de ces partis pourra servir de baromètre dans la perspective de poursuivre l’aventure collective jusqu’en 2012.Où, le cas échéant, un remaniement pourrait intervenir. Histoire de prendre en compte le message politique exprimé par les électeurs.
Quid de Baddou et Ghellab à Casablanca ?
Deuxième enjeu, l’ancrage territorial des partis. Nul doute que les grandes villes feront l’objet de batailles (rangées). Rabat, Casablanca, Tanger, Fès, Meknès et Agadir devraient donner lieu à de belles empoignades. On annonce, ici et là, que le maire sortant de Rabat, Omar Bahraoui, élu du Mouvement Populaire (MP) serait en ballotage défavorable au sein de sa coalition et (plus) en odeur de sainteté avec des hommes proches du pouvoir central. Ce qui pourrait expliquer l’intérêt manifesté par le Rassemblement National des Indépendants (RNI) et son président, Mostapha Mansouri, qui a «débauché» le député Faouzi Chaâbi, élu, en 2007, avec le…PPS. Un transfert de dernière minute qui se passe de tout commentaire.
Chez la famille «Ittihadie», le message est également passé. Au point où pour maximiser les chances d’un succès, le parti de Abdelhoued Radi s’apprête à mettre le paquet avec la candidature officieuse d’une figure de la ville et du paysage politique national, à savoir, Fathallah Oualalou. Si ce dernier s’est montré discret depuis la mise en place de la nouvelle équipe à la tête de l’exécutif, il n’en reste pas moins que son désir de prendre les rennes de «sa» ville est grandissant, selon des proches du parti. Si on y ajoute la présence d’un candidat du Parti Justice et Développement (PJD) – plusieurs circulent dont celui du député Abdellah Baha – on peut dire que tous les ingrédients seront réunis pour une belle bataille.
Quand à l’Istiqlal, il semblerait que le parti ne priorise pas la capitale comme objectif majeur. Selon des sources bien informées, une accord serait en passe de voir le jour avec l’USFP sous la forme d’un win win. «On vous soutient à Rabat et vous faîtes de même à Casablanca». En clair, Abbas El Fassi soutiendrait la candidature de Fathallah Oualalou à Rabat et Abdelhouaed Radi mobiliserait ses troupes au service de…Yasmina Baddou ou de Karim Ghellab. «Rien n’a été tranché à Casablanca, comme du reste dans les autres communes du Royaume. Plusieurs hypothèses et combinaisons sont possibles. Nous avons la chance d’avoir plusieurs candidats susceptibles d’être élus à la tête de Casablanca» précise un membre de l’Istiqlal. Quid de Baddou ou de Ghellab ? Le scénario le plus plausible devrait se traduire par les têtes de listes des deux ministres respectivement dans leur arrondissement (Anfa et Sbata). Du coup, c’est l’expression populaire qui tranchera. Cependant, il faudra compter sur le PJD qui aura son mot à dire. Il est acquis que le parti de Abdelilah Benkirane et du député «bidaoui» de Derb Soltane, Mostapha Ramid, ne se contentera pas de compter les points.
Belkora, candidat à la candidature…
A Fès, le président de la municipalité, Hamid Chabat (Istiqlal) devrait être reconduit dans ses fonctions électives, mais, comme à l’accoutumée, il croisera le fer avec le PJD et un certain Lahcen Daoudi, député et vice-président du parti. La capitale spirituelle pourrait se transformer en véritable chaudron à l’occasion du face à face entre deux personnalités au caractère bien trempé. Tout près, la cité de Meknès sera scrutée à la loupe après la mise à l’index de la gestion communale de Aboubakr Belkora (PJD) par le ministère de tutelle. Selon le parti «islamiste», il est en capacité de défendre son intégrité. «Nous avons prouvé et démontré que les faits reprochés à Belkora sont faux. Nous en avons la preuve» déclare Lahcen Daoudi. Seuls les électeurs seront…juges, cette fois. A Agadir, le président de la municipalité USFP, Tarik Kabbage est annoncé en difficulté. Les mésententes et autres «prises de bec» entre le premier magistrat de la commune et le wali de la région, Rachid Filali sont connues de tous. Néanmoins, les candidats «sérieux» ne font pas légion. Hormis, Lahcen Bijdiguen, élu RNI (récemment démis de ses fonctions de président de la commission des Travaux par le maire), président de la Chambre des Pêches maritimes et responsable régional du RNI pour la région Souss Massa Draâ, pressenti pour prendre part à la course à la citadelle, peu de candidatures à ce jour. Une candidature de Aziz Akhnouch, président de la région, sous les couleurs du Parti Modernité et Authenticité (PAM) est-elle envisageable ? En politique, aucune hypothèse ne peut être écartée.
Autres enjeux, celui de la participation. Particulièrement faible lors des législatives 2007, qu’en sera-t-il deux ans après ? Tout porterait à croire que l’on se dirige vers une abstention relativement importante. Si Chakib Benmoussa, ministre de l’Intérieur, vient d’annoncer l’inscription de près de 13 millions de citoyens sur les listes électorales, rien ne laisse espérer un sursaut…citoyen en juin prochain. Les partis politiques ont deux mois pour convaincre les plus réfractaires et les moins convaincus par le vote. En ont-ils la volonté, peut-être. En sont-ils capables, c’est une autre paire de manche…
Faudra-t-il compter avec le PAM ?
Après une première expérience douloureuse lors des élections partielles, des tensions internes qui ont provoqué des démissions et un…procès, le parti Modernité et Authenticité, dirigé par l’ancien ministre de la Santé, Mohamed Cheikh Biadillah, aura-t-il suffisamment de ressources (et de temps) pour émerger dans le paysage politique national ? Régulateur au sein de la Première Chambre parlementaire, décideur à la deuxième Chambre, le PAM doit prouver que ce n’est pas un parti d’apparachtiks, mais qu’il a la ferme volonté d’être un parti…populaire. Le rendez-vous électoral des communales tombe à point nommé pour apporter de la lumière sur la capacité du PAM à gagner des voix sur le terrain électoral.
Auteur : Rachid Hallaouy
Libellés : Vie de la cité


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