10 avr. 2009

La galerie Bab Rouah de Rabat célèbre le cinquantenaire des relations diplomatiques entre le Maroc et la République de Pologne

Le Matin.ma

Pour célébrer le cinquantenaire des relations diplomatiques entre le Maroc et la République de Pologne, la galerie d'Art de Tanger, le ministère de la Culture et l'Ambassade de Pologne ont organisé une exposition d'art plastique à la galerie Bab Rouah de Rabat.

Intitulée « Dialogue des Cultures », cette prestation met en relief la peinture polonaise et marocaine, à travers les deux artistes-peintres résidant à Tanger, Tomek Kawiak et Mohamed Benmoussa. Quoi de mieux, pour commémorer cet anniversaire, qu'une conversation picturale élaborée entre ces deux peintres issus de différents univers et cultures, prouvant une fois de plus que l'art n'a pas de frontières, du fait qu'il possède une langue commune qui n'est autre que la création. «Je crois que cette manifestation est la meilleure occasion pour réfléchir comment enrichir davantage les relations entre nos deux pays. Il suffit d'un petit geste pour s'assurer que nous sommes proches les uns des autres », souligne Mme l'ambassadrice de la République de Pologne, Joanna Wronecka, louant, par la même, les efforts considérables fournis par le ministère de la Culture pour appuyer toute sorte de collaboration avec d'autres organismes et établissements. «Le choix des deux artistes Tomek Kawiak et Mohamed Benmoussa n'est pas fortuit, puisqu'ils représentent un symbole très significatif d'un dialogue culturel entre nos deux pays ».

Un dialogue qui ne date pas d'aujourd'hui, car les Polonais ont été séduits par le Maroc depuis de très longues années. Le secrétaire général du ministère de la Culture a, lui aussi, soutenu cette initiative qui met côte à côte l'art marocain et polonais, insistant sur le fait d'enrichir encore plus, dans l'avenir, les échanges entre les deux pays. Ainsi, la rencontre plastique entre Kawiak et Benmoussa est très significative, appelant à un dialogue culturel entre deux artistes pour célébrer le cinquantenaire des relations diplomatiques de leurs pays respectifs. Le premier s'inspirant de la culture marocaine, de certaines spécificités des objets et des mots usuels de tous les jours, ainsi que des personnages en mouvement, habillés de vêtements traditionnels (djellaba, caftan, burnos,…). Ses sculptures en fer, bronze ou aluminium sont aussi bien le reflet de la vie quotidienne.

« L'expérience en elle-même est historique, car l'idée d'exposer deux peintres, un Polonais et un Marocain, est très fructueuse afin d'établir un dialogue pictural enrichissant, d'autant plus que moi-même je me suis très imprégné de la culture et des traditions marocaines depuis que je suis installé au Maroc. J'ai, également, un penchant pour la calligraphie arabe que j'ai commencée à utiliser dans mes travaux. Comme vous le voyez, mes tableaux sont tous à base de matériaux que je trouve sur place. Rien ne vient de l'extérieur du pays. Avec ces matières je réalise des images à ma façon. Ceci est pour moi une reconnaissance extrêmement évidente envers des objets marocains », précise l'artiste Tomek.

Quant à Mohamed Benmoussa, enseignant d'arts plastiques faisant partie de la génération des peintres des années 70, celui-ci exprime, à travers ses peintures, ses inquiétudes et ses espoirs. Ses travaux sont porteurs de messages et de sentiments profonds. « Je peints ce que je ressens dans la vie. Celle-ci est pleine de rebondissements et d'espoir. Mais, s'il n'y a pas d'espoir, il n'y a pas de vie », nous confie M. Benmoussa. Ce langage expressif a impressionné plus d'un et a montré, encore une fois, que l'art peut rapprocher les peuples des Nations aussi lointaines qu'elles soient. L'exposition se poursuivra jusqu'au 18 avril.
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Une amitié bien raffermie


C'est depuis 1959 que les relations entre Varsovie et Rabat ont commencé à se développer, entraînant dans leur sillage plusieurs accords de partenariat dans divers domaines, notamment politique, économique, judiciaire, touristique et culturel. Mais la fascination des Polonais par le Maroc remonte à 1791 quand Jean Potocki y a séjourné pendant deux mois et il fut ébloui par sa culture, la beauté de ses paysages et l'hospitalité de sa population. Un beau séjour qui n'a pas manqué de lui insufflé l'écriture de son ouvrage intitulé «Voyage dans l'empire du Maroc en l'an 1791 » en langue française. Après ce premier document mono-géographique, d'autres voyageurs ont suivi le pas, dont des ouvriers, des dockers, des entrepreneurs et des représentants de professions libérales. Une vague d'immigrants ou de voyageurs qui n'a cessé de croître jusqu'à ces dernières décennies, où il reste au Maroc quelques représentants de l'ancienne émigration, mais avec une majorité de ressortissants polonais constituée de couples mixtes et leurs enfants.

Par Ouafaâ Bennani | LE MATIN

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