6 avr. 2009

Communales : la bataille électorale s'annonce rude à Rabat

Le Matin.ma

La bataille électorale à Rabat s'annonce rude, un peu plus féroce qu'à l'accoutumée. Il faut dire que la capitale représente un symbole particulier pour les grandes formations politiques.

La ville attise, en effet, les convoitises. A l'heure actuelle, les préparatifs de part et d'autre vont bon train pour réussir le pari électoral. En gros, trois partis convoitent, en ce moment, la présidence de la ville et se préparent, ainsi au niveau de chaque arrondissement, afin d'atteindre l'objectif tant escompté quoiqu'on sache d'emblée que les calculs au niveau local sont loin d'être logiques. L'expérience des communales de 2003 en témoigne puisque quelque 14 composantes du champ politique se sont unies pour former la majorité.

Le mouvement populaire aspire à garder sa position qu'il a pu obtenir en 2003 grâce à des alliances contre-nature avec presque tous les partis politiques. Selon des sources harakies, Omar Bahraoui et Driss Sentissi, main dans la main, œuvrent pour tirer leur épingle du jeu, chacun dans sa ville. Conscient que cette fois-ci la concurrence est on ne peut plus serrée, le maire actuel de la capitale a déjà entamé ses tentatives auprès de ses troupes en présentant différents services, ajoute notre source. Jusqu'à présent, appuyé par son parti qui juge que son bilan est positif, Omar Bahraoui se sent en position de force tout en sachant qu'il devra se méfier entre autres des ambitions des usfpéistes.

En effet, l'USFP n'arrive pas à oublier la déception de 2003 et essaiera autant que faire se peut de récupérer la place qui lui a été arrachée brutalement. En critiquant souvent le bilan des réalisations du conseil communal, le parti de la Rose tente d'attirer un maximum de sympathisants r'batis. Si des noms comme Fathallah Oualaou ou Driss Lachguer sont présentés par-ci par-là comme favoris à la présidence de la ville, rien n'est encore tranché, à en croire les militants locaux. Pour l'élu ittihadi A. Mantrech, annoncer en ce moment des noms serait une pure spéculation car les premières listes ne seront prêtes que d'ici quelques jours. En dépit de leur grande ambition, les socialistes paraissent réalistes comptant beaucoup sur leurs alliés traditionnels.

« On sait que même si le premier secrétaire se présente à Rabat sans alliances, on ne peut prétendre à rien. », tient à souligner un socialiste. L'enthousiasme des ittihadis se confronte non seulement à la persévérance des harakis mais également à la nouvelle tactique du Rassemblement national des indépendants. Les bleus convoitent plus que jamais la présidence de la capitale quitte à miser sur des candidats qui viennent à peine de rejoindre le parti quittant le navire d'autres formations qui ont peu de chance de décrocher la mairie. Après les opérations de transhumance de trois présidents d'arrondissement de Rabat (Saâd Benmbarek, Hussein Karroumi et Faouzi Chaâbi), le RNI semble être dans une position de force alors qu'auparavant il ne pouvait quasiment prétendre à aucune chance. Les bleus, qui détiennent désormais trois arrondissements sur cinq, sont en train de préparer leur programme avec un objectif très clair. L'ex-élu du parti du Livre est, jusqu'à présent, le candidat favori à la mairie.

Les desseins politiques de ce dernier, qui a décidé de rejoindre les bancs gagnants des indépendants, se confrontaient à la faible position du PPS qui ne peut pas prétendre à la présidence. Le parti du Livre regrette le départ d'un élément actif qui lui garantissait la présidence d'un arrondissement. Le PPS s'est toujours contenté d'appuyer ses alliés de la koutla et de la gauche. « On n'a jamais pensé à la présidence, surtout à Rabat, qui nécessite, outre une majorité, une volonté politique. On connaît très bien notre position, mais cela ne nous empêche pas d'être fort présents au niveau local », souligne un militant.

Du côté de l'Istiqlal, on annonce que les objectifs au niveau de la capitale administrative ne sont pas encore définis. Le parti de la Balance ne veut pas se prononcer pour le moment sachant parfaitement que tout se joue après l'annonce des résultats du jour J. Une question demeure en suspens : les convoitises pousseront-elles encore une fois les composantes de la koutla à oublier leurs engagements en se livrant, entre elles, à une concurrence acharnée ?

Par Jihane Gattioui | LE MATIN

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