19 mars 2009

Marche nationale à Rabat le 22 mars, sous l'égide de quatre syndicats

ALBAYANE

Une première depuis l’indépendance du pays. Quatre syndicats coordonnent pour organiser, dimanche prochain à Rabat, une marche nationale, sous le mot d’ordre : «Pour l’amélioration de la situation des salariés et le respect des libertés syndicales». Les préparatifs vont bon train et la coordination syndicale est jugée «très positive».

Forts de deux récentes actions de grève communes et face à la hausse des prix et la baisse sensible du pouvoir d’achat, les syndicats UMT, FDT, ODT et UNMT semblent décidés à unir leurs forces afin de rassembler, le 22 mars dans la capitale, l’ensemble des travailleurs et salariés dans une marche revendicative sans précédent dans les annales du syndicalisme marocain.

Ils ont déposé une déclaration pour cette action revendicative auprès des autorités compétentes. Parallèlement, ils ont adressé une lettre au Premier ministre où ils proposent un agenda et un ordre du jour pour le dialogue social ainsi que la méthodologie préconisée à cet effet. Ils attendent la réponse d’Abbas El Fassi, de retour hier d’une mission à l’étranger.

Cette marche «sera historique», nous déclare M. Handouf, responsable de l’UMT au sein de la coordination syndicale. Car, mises à part les grandes marches nationales des années 90 du siècle dernier et les mobilisations lors de la fête du Premier Mai, «les Marocains n’ont jamais marché pour eux, pour leurs causes», souligne-t-il. Ce sera une première, après tant de peur et de phobie des dérapages des manifestations de masse. Mais les observateurs notent que cette marche, si elle n’est pas interdite par les autorités, marquera un tournant dans l’action et les rapports entre les centrales syndicales. Elle romprait avec une certaine pratique sectaire qui sapait tout effort d’union et d’action commune entre les principaux syndicats.

En tout cas, les initiateurs de cette action unitaire, las des querelles intestines et des rivalités nées de divisions, veulent enterrer la hache de guerre partisane et consacrer leurs efforts au service des travailleurs et salariés.
Les quatre syndicats veulent reprendre l’initiative, perdue il y a deux ans, pour mobiliser les salariés face à la cherté de la vie et le non respect du droit syndical, notamment dans le secteur privé.

Les organisateurs s’attendent à la participation de plusieurs milliers, voire des dizaines de milliers, de participants venant de diverses régions du pays. Les organisations régionales travaillent d’arrache-pied pour assurer une représentation honorable à la marche, contribuer au succès et marquer l’événement.
L’espoir est que les autorités n’interdisent pas cette marche pacifique et légale, qui entre dans le cadre du droit de manifestation, garanti par le dahir sur les libertés publiques.

M.A.

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