9 févr. 2009

Rabat/Transport urbain - Le contentieux devant la justice

L'Economiste 1er quotidien électronique du Maroc

· Des privés contestent l’opération de concession

· La wilaya poursuit les procédures pour boucler ce dossier


Le bras de fer entre la wilaya de Rabat et les sociétés de transport continue, mais sous une autre forme. Après la série de mouvements de perturbation du transport au niveau de l’agglomération, les opérateurs privés passent à la justice. Ils contestent l’opération de concession de la gestion déléguée de ce secteur au profit d’un groupe dirigé par Veolia. Rappelons que ce dernier a été sélectionné après un appel d’offres international auquel ont participé des opérateurs locaux et étrangers.


Le collectif des contestataires est composé de cinq sociétés. Il s’agit d’Ahssan Bus, Latrabus, Socotrab, Lux Transport et Karama Bus. Ces deux dernières sociétés appartiennent au groupe Joumani. En principe, l’affaire devrait être examinée par le tribunal au début de cette semaine, mais elle a été reportée à une date ultérieure, selon une source proche du dossier.

Pour les amis de Joumani, la procédure de concession de la gestion déléguée du transport urbain n’est pas réglementaire. Sur ce volet, ils avancent deux arguments. Le premier concerne la validité de leur contrat de concession qui est encore valable jusqu’à l’horizon 2012. Pour y mettre un terme, la wilaya devait les saisir par écrit en 2001, date de fin de cette concession, pour ne pas donner possibilité à sa tacite reconduction comme prévu par le contrat. «Durant ces dernières années, les prestations fournies par ces sociétés laissent beaucoup à désirer », rappelle notre source. Et d’ajouter qu’une grande partie du parc en exploitation se trouve dans un état lamentable et commence à constituer un danger pour la sécurité des usagers.

Devant cette situation, la ville a invité les opérateurs de se constituer en groupe pour leur permettre de répondre à un nouveau cahier des charges pour passer de la logique de la ligne à celle du réseau. Cette initiative n’a pas abouti, selon un responsable de la wilaya. Car, selon lui, les sociétés n’ont pas pris au sérieux la volonté des autorités de mettre en place un nouveau système de transport qui permet d’accompagner le développement de la capitale. «Les responsables de la ville ont été donc obligés de lancer un appel d’offres auquel ont participé des opérateurs étrangers sous forme de groupement avec des sociétés locales dont une partie des sociétés contestataires», rappelle notre source.

Outre ce volet, les amis de Joumani reprochent à la wilaya de procéder à la signature du contrat sans l’approbation de cette concession par les communes concernées. Sur ce point, le responsable de la wilaya précise que le contrat n’est pas encore signé. Cela se fera après le feu vert des communes de Rabat et Salé. Ce point figurera à l’ordre du jour de leurs conseils prévus au cours de ce mois. Après cette étape, la convention sera soumise à la signature du Premier ministre avant la mise en œuvre effective de la gestion déléguée. «Plusieurs initiatives ont été menées par la wilaya pour faire intégrer les contestataires dans ce projet, mais en vain», souligne notre source.

--------------------------------------------------------------------------------

Personnel


Le sort du personnel exerçant dans le secteur est parmi les problèmes clés évoqués par les contestataires. Ces derniers avancent un effectif qui avoisine les 5.000 personnes alors que Veolia va se contenter uniquement d’un effectif de près de 2.800 employés. Sur ce dossier, la wilaya reste optimiste quant à une solution surtout pour le personnel titulaire qui ne dépasse pas, selon elle, 2.500 personnes. Sans oublier de signaler l’opportunité d’emploi qui sera offerte par le nouveau centre de maintenance du tramway à Salé.

Nour Eddine EL AISSI

Libellés : ,