Rabat veut faire peau neuve illico presto
Face à l’encombrement causé par les multiples chantiers dans leur ville, les R’batis se consolent en se projetant dans un avenir qui leur est promis radieux.
« L’année 2008 a été marquée par le lancement de 308 projets dans les domaines des études, des travaux, des services, des fournitures et autres, avec un coût estimé à 410.561.989, 82 Dh. Ces projets ont concerné principalement les routes, les espaces verts et l’aménagement des rues ainsi que les grandes artères de la ville de Rabat. Au cours de l’année passée, il a été aussi procédé à l’évaluation technique des appels d’offres internationaux, respectivement pour la gestion du transport urbain par bus ainsi que la collecte et le nettoiement des déchets ménagers ». Ces précisions sont celles du wali de la région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër. Hassan Amrani précise par ailleurs que les principaux axes d’intervention pour l’année 2008 concernaient la mise en œuvre de l’organigramme de la préfecture, la dynamisation du programme de mise à niveau de la ville, le lancement des projets de partenariat inscrits au programme de développement économique et social de la région ainsi que l’accompagnement des grands projets structurants de la ville de Rabat.
60 projets INDH
Selon Hassan Amrani, les actions lancées dans le cadre de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) totalisent 60 projets avec un coût global de plus de 86 millions de dirhams.
Au cours de l’année 2008, le budget de fonctionnement des collectivités locales s’est élevé à 798. 692.585.00 Dhs. Quant au budget d’investissement, il a atteint 1.406.476.046, 14 Dhs. Pour ce qui est du montant global alloué à l’action sociale, le chiffre est de 276.605.974 Dhs.
Le haut responsable a exprimé sa volonté d’améliorer le rendement de la wilaya en mettant en œuvre le processus de restructuration et de réorganisation de ses entités et la mise en place d’une planification concertée, entre administration, collectivités locales et autres intervenants. Objectif tracé : améliorer l’efficacité et l’efficience d’emploi des moyens financiers et humains.
Dans ce cadre, plusieurs initiatives ont été programmées pour l’année en cours afin de soutenir et d’accompagner la mise en place des différentes réformes structurelles engagées. Il s’agit, entre autres, de la conduite du projet d’informatisation des services de la wilaya et du renforcement de la requalification des cadres et des fonctionnaires à travers les programmes de formation continue.
Aïe, le transport !
« Eau, électricité, téléphone, assainissement, stationnement… Non à la colonisation économique ! ». Ce genre de slogans sont écrits actuellement en grand sur certains autobus qui sillonnent la capitale. Ces messages sont envoyés par les propriétés de certaines sociétés de transport qui affichent ainsi leur crainte d’être écartées du contrat de concession que vient d’acquérir le groupe intégré Veolia.
Il s’agit en fait d’un bras de fer qui dure depuis un certain temps et qui a affecté sérieusement la bonne marche de ce secteur vital. Les mécontents ont commencé à grincer des dents depuis l’annonce des résultats de l’appel d’offre international qui a mis en compétition des opérateurs locaux et étrangers. Les contestataires de cette opération de concession, à savoir les sociétés Ahssan Bus, Latrabus, Socotrab, Lux Transport et Karama Bus, ont même saisi récemment la justice. Elles avancent que la procédure de cette concession comporte des «vices réglementaires» et que les contrats de concession dont elles jouissent restent valables jusqu’à 2012.
Pour les responsables R’batis, la nouvelle stratégie adoptée en matière de transport en commun pour pallier les insuffisances criardes dont pâtissent les villes de Rabat et de Salé ainsi que leur périphérie, exige de passer à la logique de regroupement des exploitants des lignes, conformément à un nouveau cahier des charges. «C’est d’ailleurs ce principe de regroupement mettant en partenariat des sociétés étrangères avec des opérateurs locaux, qui a été retenu lors de la procédure de l’appel d’offre. Procédure qui vient d’aboutir avec toutes les garanties de transparence requises», nous confie un responsable proche de ce dossier. Lequel ne cesse de susciter un certain nombre d’interrogations et de reproches adressés à la wilaya de Rabat. L’une des questions posées est celle relative à la mise à contribution des communes concernées. A ce propos, les contestataires estiment que l’approbation de ces communes devrait précéder la signature du contrat de concession.
Du côté de la wilaya, on indique que toutes les démarches réglementaires sont scrupuleusement respectées et que la signature du contrat de concession interviendra effectivement après l’approbation des communes de Rabat, Salé et région. La mise en œuvre de cette gestion déléguée du transport urbain ne sera effective qu’après l’aval de la primature, tiennent à rappeler les responsables de la Wilaya. Ces derniers soulignent également que toutes les formules possibles seront examinées pour mettre à contribution tous les opérateurs du transport dans le cadre de ce grand projet de restructuration. «C’est là d’ailleurs l’objet des rencontres tenues entre les cinq sociétés contestataires et le wali de la région. Ce dernier avait réussi récemment à convaincre les protestataires de suspendre le mouvement de grève qu’ils avaient annoncé en attendant de trouver une issue en concertation avec le groupe mené par Veolia Maroc», indique-t-on.
Pour l’heure, les conflits d’intérêts créent «une anarchie insoutenable», selon les termes utilisés par un R’bati, usager des transports en commun. Il est, comme des milliers d’autres usagers, révolté devant les «rallyes» auxquels s’adonnent actuellement les conducteurs de «ces lamentables bus » qui sillonnent les principales artères de la capitale. Tout le monde se dit aujourd’hui lassé par ce gâchis qui a assez duré…
Enfin un «Plan vert» !
Autre dossier de taille pour la Wilaya de Rabat-Salé, Zemmour-Zaër, le très attendu plan vert. Un projet dans ce sens a été conçu avec la mise à contribution des professionnels concernés, assure-t-on. Pour la bonne conduite de cet autre énorme chantier, la région a été subdivisée en cinq zones territoriales agricoles. Lesquelles présentent des similitudes du point de vue climat et morphologie du sol. Les cercles de Khémisset, Rommani et Aïn Aouda constituent la zone la plus grande. Cette zone représente près de 48% de la superficie de la région et assure la production de 50% des céréales, mais avec seulement 5% des zones irriguées (22.000 ha). En fait, c’est là le principal défi de ce fameux «Plan vert», la gestion rationnelle des ressources en eau et bien entendu une utilisation tout aussi rationnelle du foncier. Il faut savoir que la surface moyenne des exploitations au niveau de la région est de 2,6 ha. Pour les responsables de ce projet, il y a effectivement un problème de manque d’investissements publics et privés. «Ce qui entrave sérieusement le développement du secteur», affirme-t-on. Que faire alors ?
La solution que prévoit le «Plan vert» consiste à mobiliser, dans un premier temps, quelque 4 milliards de dirhams pour toute la région. Cet effort financier permettra la réalisation de 96 projets dont 64 projets visent l’amélioration de la production végétale à l’horizon 2020, avec un coût d’investissement de près de 2,8 milliards de DH. 10 projets viseront la promotion de la culture de l’olivier. Le nombre des agriculteurs bénéficiaires est estimé à environ 16.400 agriculteurs. Concernant la filière céréalière, il s’agira de réaliser 34 projets sur une superficie de plus de 100.000 ha, avec un coût d’investissement de 1,549 milliard de DH. La production animale bénéficiera, quant à elle, de quelque 32 projets qui s’étaleront sur les prochaines dix années.
Capitale en tout
Une ville dédiée à la technologie et à la science. Rabat-Technopolis lancé en avril 2007 fera la fierté de la capitale du Maroc qui a longtemps pâti de la réputation un peu terne d’être « seulement une capitale administrative ». A terme, ce projet grandiose s’étendra sur quelque 300 ha qui abriteront toutes sortes d’activités liées aux domaines de l’informatique, à l’offshoring, aux média, à la microélectronique et à la recherche & développement. Il s’agit aussi d’un pôle universitaire international qui permettra, et c’est ça l’essentiel, de mettre en connexion le monde du savoir et de la recherche scientifique ainsi que le marché des produits et services à grande valeur ajoutée. En effet, le bijou de cette merveille technologique est bel et bien le centre de développement technologique, notent les concepteurs de ce projet porté par MEDZ du groupe CDG, le fameux bras financier du Royaume.
Pour les responsables de la Wilaya, il s’agit d’un projet qui permet de consacrer l’identité De Rabat comme étant la «capitale» dans le plein sens du terme. Au passage, la ville est en train de retrouver aussi le statut culturel qu’elle mérite avec la rénovation de la Bibliothèque Nationale. S’y ajoutent le grand musée national des arts contemporains et le nouvel institut de musique et des arts chorégraphiques. Et ce n’est pas tout !
Il y a aussi l’Académie Mohammed VI pour la formation des futures gloires footballistiques, en plus de l’institut Moulay Rachid de formation des cadres et des autres installations sportives notamment le complexe Moulay Abdellah… Toutes ces infrastructures mettent Rabat-Salé à l’avant-garde de cette action de renouveau qui se veut «la consécration d’une approche professionnelle répondant aux standards internationaux», pour reprendre les termes qui reviennent le plus souvent dans la bouche des chevilles ouvrières de ces chantiers prometteurs. A propos de « standards internationaux », Rabat aura enfin son parc zoologique, selon les normes et standards internationaux, s’il vous plait.
Hassan Laghcha
Libellés : Economie, Vie de la cité


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