6 janv. 2009

Rabat prépare son plan vert

L'Economiste 1er quotidien électronique du Maroc

· Près de 4 milliards de DH seront mobilisés

· Au programme, 96 projets

· Plusieurs objectifs ont été arrêtés à l’horizon 2020


La région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër est en train de finaliser son projet vert qui s’inscrit dans le cadre du programme national lancé par le gouvernement. En vue d’impliquer tous les acteurs concernés à la préparation de ce travail, une présentation du projet de ce plan a eu lieu la semaine dernière en présence du wali de la région de Rabat et des professionnels. Pour élaborer ce projet, il a été procédé en premier lieu à la décomposition de la région en cinq zones territoriales agricoles qui présentent une similitude en particulier au niveau du climat et de la nature du sol. La zone la plus grande est celle comprenant les cercles de Khémisset, Rommani et Aïn Aouda. C’est une zone «tirs» à pluviométrie relativement favorable. Elle représente près de 48% de la superficie de la région et assure la production de 50% des céréales. Sur ce point, il convient de signaler que la superficie des terres utilisées pour l’agriculture dépasse 440.000 ha, soit 47% de la surface totale. Alors que celle des zones irriguées représente uniquement 5%, soit 22.000 ha.

Les grands problèmes auxquels doit faire face le plan vert sont la mobilisation et la gestion rationnelle des ressources en eau sans oublier celui du foncier. Pour ce dernier volet, on doit retenir que la surface moyenne des exploitations au niveau de la région est de 2,6 ha. Le manque d’investissements aussi bien publics que privés est également parmi les sérieux problèmes posés pour le développement du secteur. Conscient de cette insuffisance, on prévoit la mobilisation de plus de 4 milliards de DH dans le cadre du plan vert de la région. Ceci pour permettre la réalisation de 96 projets. 64 projets visent l’amélioration de production végétale à l’horizon 2020 avec un coût d’investissement de près de 2,8 milliards de DH.

Le développement de l’olivier figure également au menu. Pour cette filière, le plan prévoit 10 projets qui vont toucher près de 16.400 agriculteurs avec un investissement de 323 millions de DH. A titre d’exemple, pour la filière céréalière la plan ambitionne de réaliser 34 projets sur une superficie de plus de 100.000 ha avec un coût d’investissement de 1,549 milliard de DH. Alors que pour les légumineuses, 8 projets figurent au menu dont la réalisation nécessite la mobilisation de 447 millions de DH. A noter que l’autre partie du plan vert de la région a été consacrée à l’amélioration de la production animale. Pour ce faire, 32 projets seront réalisés durant la prochaine décennie. La production du lait et celle de la viande rouge accaparent le grand lot. Pour le premier, le plan prévoit la réalisation de 7 projets avec un coût global de 239 millions de DH. Ce projet touchera 64.000 vaches appartenant à 1.300 fermes et 34 coopératives agricoles. A noter que le plan ne se limite pas uniquement l’amélioration de la production mais touche également les volets de la commercialisation et la mise à niveau des infrastructures. Sur ce point, on doit retenir un projet pour la construction d’un abattoir moderne avec un coût d’investissement de 48,5 millions de DH. Sans pour autant omettre de citer que le plan prévoit une série d’actions transversales pour accompagner la réalisation de ce programme ambitieux. Ces actions d’ordre social visent la formation des enfants des agriculteurs ainsi que l’intégration de la femme dans le monde rural.

Objectifs à l’horizon 2020

Par l’ensemble de ces projets, les responsables ambitionnent améliorer les conditions de fonctionnement du secteur depuis la production jusqu’à la commercialisation du produit. Et également améliorer les capacités productives dans une grande partie de filières où la région présente des potentialités. A titre d’exemple, pour la production céréalière qui est actuellement de 2,9 millions de quintaux devrait s’accroître de 60% en 2013 et de 100% en 2020. Alors que pour l’olivier on vise de doubler la production en 2013 et la multiplier par 5 à l’horizon 2020 pour atteindre plus d’un million de tonnes. Pour les agrumes on attend la forte performance à réaliser pour que la production passe de 88.000 tonnes à près 996.000 tonnes. Les mêmes ambitions sont affichées au niveau du secteur de la production animale. On vise que la production de la viande rouge passe à 27.000 tonnes en 2020 contre 14.000 tonnes actuellement. De même pour la production du lait. Le plan vert prévoit une production de 210 millions de litres en 2020 contre 90 millions de litres actuellement, soit un accroissement de 130%.

Nour Eddine EL AISSI

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