Le court-métrage en fête à Rabat
Le Festival se déroule jusqu'au 16 janvier à l'université Mohammed V-Souissi.
Le Festival du court métrage de l'université Mohammed V-Souissi, désormais baptisé «Festival du court-métrage à l'université» a bel et bien imposé ses marques. Fort du succès des deux premières éditions, ce rendez-vous, qui se déroule du 13 au 16 janvier à la Faculté de médecine dentaire de Rabat, devrait attirer, comme à l'accoutumée, un public nombreux et diversifié, amateurs du 7e art, cinéphiles invétérés et professionnels du cinéma, en quête de nouveaux talents.
La cérémonie d'ouverture placée sous la férule du Dr Taëb Chkili, président de l'université Mohammed V, devait voir tout d'abord la projection du film «Les jardins de Samira» du réalisateur et invité d'honneur, Latif Lahlou. Les 3 jours suivants permettront au public de découvrir gratuitement un genre cinématographique souvent jugé mineur, à tort, celui du court-métrage. Cette manifestation sera, en effet, l'occasion de couronner six réalisations marocaines et étrangères ainsi que l'œuvre du cru d'un groupe d'étudiants en lice pour les prix du meilleur scénario, du meilleur réalisateur, du comité d'arbitrage et, enfin, le Grand prix.
D'autres journées placées sous le signe du débat et de la réflexion autour du cinéma au sein des universités seront au programme de ce festival, avec la présence de cinéastes, producteurs et critiques marocains et étrangers. Rachid Benyache, responsable des Affaires culturelles à l'université, déclare satisfait du succès grandissant du festival. «Quand on pense que l'idée de ce festival a démarré par la création de petits ateliers d'animation artistique… nous avions mis en place des stages de formation dans le domaine du cinéma et de l'art-vidéo afin de développer les connaissances des étudiants dans tous les domaines de l'art cinématographique.
Nous avons commencé par organiser des projections avec un accompagnement pédagogique et progressivement les étudiants sont passés à la réalisation, d'abord en DVD ensuite en 35 mm.» L'initiative a manifestement porté ses fruits, car par ce biais un grand nombre d'étudiants ont pu se doter d'une culture audiovisuelle plus affirmée et se familiariser avec les techniques de montage et de réalisation dont jusque-là ils ne connaissaient que le produit fini, à savoir le film.
Plus généralement, la démarche de ce festival a permis de faire émerger une culture cinéphile inexistante trois ans auparavant, au sein d'une institution comme l'université. «A titre d'exemple, plusieurs filières ont été créées, souligne Rachid Benyache et parmi elles, celle d'une licence professionnelle d'animateur socioculturel qui ouvre les portes des médias.» Les institutions telles que le CCM (Centre cinématographique marocain), la Fondation Education et Culture du groupe Banque populaire ou Conseil de la région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaer ne s'y sont d'ailleurs pas trompés et ont apporté leur soutien financier à la jeune manifestation.
Conscient de l'importance capitale que revêt le 7e art dans le développement artistique d'un pays, les organisateurs ont fait de ce festival une véritable plateforme d'échanges de compétences et de savoir-faire entre les milieux consacrés du cinéma et la jeunesse universitaire, véritable vivier de talents. « On en est à peine à la troisième édition et déjà les professionnels sont plus nombreux à nous prêter leur concours. Je veux parler du réalisateur Driss Drissi, des acteurs Hafide El Bedri, Aziz El Alaoui ainsi que l'actrice Anne Claude Lumet et Gilles Emounaud qui n'hésitent pas à donner de leur temps pour soutenir et
encadrer nos cinéastes et acteurs en herbe, lors de masters class, de rencontres ou d'ateliers.» «De plus, beaucoup de nos étudiants, qui ont participé aux premières éditions du festival, exercent eux-mêmes dans les métiers du cinéma, soit en tant qu'acteurs, soit en en tant qu'assistants-réalisateurs, ajoute pas peu fier, Rachid Benayache. Le projet compte bien essaimer et permettre à l'initiative de se développer à l'échelle locale, régionale et nationale. Il ne reste plus qu'à souhaiter longue vie à ce festival du court !
Repères Programme
Mercredi 14 janvier
10h00 : débat autour de la relation entre l'université et le cinéma
Projection de 6 courts-métrages marocains et français
Jeudi 15 janvier
10h00 : débat autour des ciné-clubs au sein des
universités
16 h 00 : projection de 6 courts-métrages marocains et étrangers
Vendredi 16 janvier
16h00 : projection de 6 courts-métrages marocains et étrangers
Clôture du festival par la remise des prix.
Par Samira Ezzel | LE MATIN
Libellés : Arts et culture, Vie de la cité


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