Projet Bouregreg : les premières infrastructures pour fin 2010
· Le calendrier respecté
· Près de 6 milliards de DH engagés
Colossal. L’aménagement de la vallée de Bouregreg est un chantier jamais vu au Maroc et qui devrait transformer la capitale du Royaume. Les engins tournent à plein régime et déjà les infrastructures et autres ouvrages prennent forme. Il s’agit en particulier du tramway, du nouveau pont Moulay Al Hassan et du tunnel des Oudayas. 
Au total, près de 6 milliards de DH ont été engagés par l’Agence pour l’aménagement de la vallée de Bouregreg (AAVB) dont 1,5 milliard de DH déjà réglés. Pour le moment, on ne signale aucun retard sur le calendrier. Les travaux avancent à bon rythme. Des visites régulières sont organisées pour la presse nationale. Afin que le public puisse suivre l’évolution de ce méga-chantier. «Les infrastructures seront opérationnelles au plus tard fin 2010», affirme Lemghari Essakl, directeur général AAVB. Sur l’avenue Alaouine, dans le quartier Hassan, les travaux de soudure des rails de la voie ferrée du futur tramway sont en cours, depuis quelques semaines. Rappelons que le réseau sera composé de deux lignes de 19,5 km. Les études sont presque finalisées à 80% et plusieurs marchés travaux sont adjugés ou en cours, représentant un engagement de 2,2 milliards de DH (HT). De même, la déviation des réseaux est bien lancée. Sur la ligne 1, le taux d’avancement avoisine les 95%, alors que les travaux sur la ligne 2 sont en cours. Pour la partie plateforme, 5 fronts ont été ouverts à Rabat et Salé pour une longueur de 5,5 km.
Pour le volet matériel, on attend la livraison de la première rame par Alstom en avril 2010. La même cadence est enregistrée également au niveau du chantier du nouveau pont Moulay Al Hassan. Pour les travaux de fondation de cet ouvrage de 1.215 mètres, 215 pieux ont été réalisés sur un total prévu de 610, soit un taux d’avancement de près de 35%. Sur ce point, il faut préciser que la profondeur de ces fondations varie entre 25 et 50 mètres. Le coût de l’ensemble de l’ouvrage est de 950 millions de DH (HT). Un ouvrage complexe situé dans une zone très sensible et accidentée. Les travaux de construction et d’équipement se déroulent sur trois fronts : océan, rocher et côté esplanade. Ainsi, du côté de l’océan, les travaux de soutènement des parois sont achevés à 100% et les fouilles correspondantes sont à 75%. Le taux d’avancement des travaux d’excavation au niveau du premier tube est de 70%, alors qu’il est de 10% pour le second. Le groupement italien conduit par Pizzarotti, adjudicataire du marché, estimé à 490 millions de DH, doit achever les travaux avant juillet 2010.
30.000 m2 de plancher
Par ailleurs, les travaux de développement de la zone de Bab El Bahr et d’Amwaj sont également bien lancés. Pour la première, les travaux de terrassement et de VRD sont en cours d’achèvement. La phase construction sera entamée la semaine prochaine pour réaliser une première tranche de près 30.000 m2 de plancher. «Nos relations avec nos partenaires émiratis Al Maabar International Investments pour le développement de cette zone sont très excellentes», précise Essakl. Sur cette zone, on prévoit la construction de 500.000 m2 avec un coût estimé à 4,5 milliards de DH non compris le foncier et les travaux d’aménagement qui ont nécessité la mobilisation de près de 1,3 milliard de DH. En principe, les plans d’exécution de cette zone seront prêts fin 2008. Et les travaux de construction devraient démarrer début 2009. Plus de la moitié, soit 261.566 m2, sera réservée au résidentiel. Les bureaux viennent en deuxième position avec une superficie de 122.280 m2. Le reste sera réparti entre les hôtels (30.330 m2), le commerce et les équipements. A noter que 100.000 m2 sont réservés pour les parkings.
Satisfaction également du directeur de l’AAVB en ce qui concerne la deuxième séquence du projet Amwaj. Ce dernier profitera de sa rencontre avec la presse pour faire taire la rumeur du retrait de Sama Dubai, partenaire émirati. «Pour ce genre de projet complexe et innovant, il faut s’attendre à des divergences au niveau de la vision et les approches à adopter notamment sur les plans urbanistiques et même commerciaux», explique Essakl. Et d’ajouter qu’il faut comprendre les investisseurs qui cherchent à rentabiliser leurs capitaux. «Mais tout ça relève du passé, car maintenant on est d’accord avec notre partenaire sur la vision pour développer le projet qui couvre une superficie de 112 ha», ajoute-t-il. La question de l’expropriation des terrains qui a suscité le mécontentement de certains propriétaires était également au menu. Sur ce point, Essakl a rappelé qu’une grande partie du foncier de la zone appartient aux domaines de l’Etat et des communes. «Les terrains privés concernés par le projet ne dépassent pas 700 ha», indique-t-il. Et de préciser que l’Agence a déjà procédé à l’acquisition, à l’amiable, de plusieurs lots auprès des particuliers. Pour les autres, des formules à la carte seront mises en place une fois le plan d’aménagement du site publié dans le Bulletin officiel.
Nour Eddine EL AISSI
Libellés : Aménagement du Bouregreg, Economie























