28 août 2008

Vallée du Bouregreg : un vaste projet d'expropriation.


· Près de 3.300 ha potentiellement concernés

· Une enquête pour recueillir avis et oppositions des propriétaires des terrains

· La loi n’oblige pas l’Agence à les prendre en considération

Le plan d’aménagement de la vallée du Bouregreg est fin prêt. Le projet de décret le validant l’est aussi et n’attend que la signature du Premier ministre. Mais, «avant que le plan ne devienne opposable aux tiers», pour reprendre les termes de Lamghari Essakel, directeur général de l’Agence de développement du Bouregreg Valley, il y a encore un bout de chemin à faire.

L’une des étapes qui reste à franchir, c’est la réalisation d’une enquête publique auprès de tous les propriétaires et ayants droit des terrains situés sur la zone en question. Une procédure prévue par la loi. Dans ce sens, l’Agence a publié dans la presse nationale un avis aux personnes concernées pour qu’elles se manifestent auprès des sièges des communes de Rabat, Salé, Oum Azza et des Shoul. Un grand tableau qui reprend en détail les références des terrains (numéro de titre foncier, situation juridique...), ainsi que leurs propriétaires. L’objectif de cette enquête est de recueillir les remarques ou oppositions possibles autour du projet du plan d’aménagement. Mais, précise Essakel, «il n’y a rien dans la loi qui oblige l’Agence à modifier son plan en fonction des résultats de cette enquête». En tout cas, les personnes concernées par cette enquête ont un mois pour se manifester, du 24 septembre au 28 octobre.


La Vallée du Bouregreg s’étale sur une superficie de 6.000 ha dont près de 55% sont propriétés de particuliers, soit environ 3.300 ha. Pour pouvoir utiliser ces terrains tel que prévu par le plan d’aménagement, l’Agence du Bouregreg doit d’abord les acquérir. Son directeur général, Lamghari Essakel, affirme «pousser ses collaborateurs dans le sens de la négociation et du dialogue». Ainsi, son agence a pu entrer en propriété d’un certain nombre de terrains auprès de particuliers. A quel prix? «Au prix défini par un comité d’experts constitué de représentants des départements de l’Intérieur, des Finances et de l’Urbanisme», répond Essakel. «Mais les gens ont le droit de refuser le prix proposé», ajoute-t-il. En cas de blocage définitif des négociations, l’Agence du Bouregreg peut avoir recours à l’expropriation des terrains. Ce sont alors quelque 3.000 habitants qui risquent de se voir délogés.

La promulgation du décret sur le plan d’aménagement sera l’arme fatale sur laquelle l’Agence pourra compter. Son entrée en vigueur vaut automatiquement déclaration d’utilité publique de toute la zone concernée par le plan, c’est-à-dire la totalité des 6.000 ha. «Si l’Etat juge stratégique tel ou tel projet, l’intérêt public passe toujours avant l’intérêt individuel. C’est quelque chose qui se pratique partout dans le monde», explique Essakel. Ce dernier précise que «bien que l’ensemble de la zone soit d’utilité publique, il n’est prévu d’urbaniser qu’entre 15 et 20% du total». La majorité des terrains sera donc gardée en l’état. «Il s’agit de préserver le cachet écologique et historique de la vallée», argue le DG de l’Agence du Bouregreg.

Nabil TAOUFIK

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27 août 2008

Les expropriations font peur à Bouregreg



"Nous avons reçu une lettre de l’Agence pour l’aménagement de la vallée du Bouregreg nous invitant à consulter le plan d’aménagement de la vallée pour vérifier si notre maison est située dans la zone du projet. Nous nous sommes inquiétés d’autant plus qu’on est loin de la partie concernée par le projet ". Ce sont là les préoccupations formulées par deux membres d’une même famille habitant à Salé, et qu’ils sont venues exprimer auprès de l’Agence d’aménagement de la vallée du Bouregreg.

Cette mère de famille et son fils ne sont pas les seuls à avoir frappé à la porte de l’agence pour avoir plus de renseignements. Les responsables de la sécurité de l’annexe de l’agence reçoivent régulièrement des habitants inquiets après avoir reçu cette fameuse missive. A ces personnes, les responsables de la sécurité donnent une seule réponse. « Veuillez consulter la liste des personnes concernées par le projet qui sera publiée dans deux journaux nationaux ».

Contacté par Libé, un responsable de l’agence nous a affirmé que cette liste sera publiée aujourd’hui sur les colonnes de deux quotidiens nationaux et sera rediffusée le 04 septembre dans ces mêmes journaux afin de donner une deuxième chance aux personnes ayant raté la première diffusion. Une fois cette étape terminée, ces dernières seront par la suite invitées à consulter le plan d’aménagement de la vallée qui sera affiché dans les communes pendant un mois.

Durant ce temps, les personnes concernées auront toute la latitude de vérifier les données contenues dans ce document et de contester les informations jugées incorrectes. C’est l’amorce de tout un processus qui se fera par étapes et qui doit, in fine, conduire à l’expropriation des terrains et lotissements entrant dans la zone de ce projet structurant.

Le mot est lâché. C’est ce processus d’expropriation qui explique les inquiétudes exprimées par les habitants, qui appréhendent non seulement la perte de leurs biens immobiliers, mais en plus, la cession de ces biens à un prix dérisoire, comme c’est le cas de toutes les expropriations.

Ce qui est sûr aujourd’hui, c’est que l’Agence pour la promotion de la vallée du Bouregreg est décidée à aller jusqu’au bout dans ce processus en vue d’achever ce programme structurant, qui est celui de l’aménagement des deux rives du Bouregreg. Après avoir traité certains cas de gré à gré, elle sera tenue d’appliquer la loi pour les cas les plus coriaces, poursuit notre interlocuteur.

Amina SALHI

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Les agents de protection des espaces publics de Rabat non payés depuis 11 mois


L'avenue Mohammed V est parmi les lieux les plus fréquentés de Rabat. Chaque jour, ce sont des milliers d'habitants de la capitale ou des touristes qui traversent cette grande artère de la ville. Toujours sur cette voie, en allant vers la mosquée «Sounna», les flâneurs peuvent effectuer leur promenade sans jamais être inquiétés.

Sécurité et propreté règnent sur les lieux grâce au dévouement d'une dizaine de gardiens qui veillent jour et nuit sur les lieux. Ces agents de protection des espaces publics, qui comptent parmi les 35 employés recrutés par l'arrondissement de Hassan à Rabat, dans le cadre des chantiers de la promotion, n'ont pas été payés depuis octobre 2007. «Nous avons toujours été payés en retard. Des fois, cela durait trois, quatre, voire sept mois. Pour cette fois-ci, notre attente dure 11 mois. Il faut dire que depuis octobre dernier, nous n'avons rien reçu, sauf à l'approche d'Aïd Al Adha en décembre dernier, où nous avons eu 600 DH.


Depuis cette date, aucune nouvelle ne nous a été donnée sur le versement de nos salaires», témoigne un salarié, père de famille. «Dernièrement, des responsables nous ont demandé d'aller chercher du travail ailleurs en attendant que la paie arrive, mais nous ne pouvons pas le faire de peur d'abandon de poste», ajoute-t-il. Criblés de dettes, la majorité de ces salariés trouvent beaucoup de difficultés à joindre les deux bouts du mois. Certains parmi eux n'arrivent même pas à payer leurs loyers. «A l'approche de la rentrée scolaire ainsi que du Ramadan, nous ne savons plus où donner de la tête.Nous avons frappé à toutes les portes mais, à force de s'endetter, personne ne peut nous avancer de l'argent. Chose tout à fait compréhensible», reconnaît ce salarié.

Pis encore, lorsqu'il arrive que ces travailleurs touchent leur paie, celle-ci ne dépasse pas les 1.200 DH, soit une somme loin du SMIG (Salaire minimum interprofessionnel garanti), qui s'élève, selon le Code du travail, à environ 1.800 DH. Certains racontent que leurs responsables leur présentent, en revanche, une carte où il faut cocher 24 jours, alors qu'ils disent travailler tout le mois, y compris les week-ends et les jours fériés.

Quant aux congés, aucun d'entre eux n'en bénéficie (repos hebdomadaires et congés annuels), alors que certains parmi eux sont en service depuis quatre ans.
Qu'est-ce qui justifie cette situation loin de respecter la législation du travail ? Pour certains, l'aberration que vit cette catégorie de travailleurs s'explique par le fait que leur statut d'employés ne figure nulle part, pour la simple raison que ces agents ont été recrutés dans le cadre de la promotion pour des chantiers, dont l'objectif principal est la lutte contre la précarité.

« Ce sont simplement des saisonniers auxquels la ville fait recours pour des opérations ponctuelles. Pour ce fait, ils ont été recrutés dans le cadre de la promotion pour réaliser des chantiers tels que le désherbage, l'assainissement, le chargement et le déchargement des barricades, le gardiennage et autres. Ce sont eux qui surveillent, par exemple, les statues exposées actuellement sur la Place Mohammed V», indique un responsable qui préfère garder l'anonymat.

Et de reconnaître : «Ces agents, qui constituent une équipe rôdée, sont très utiles à la ville et je ne comprends pas pourquoi ils ne sont pas payés à temps».
En effet, notre interlocuteur affirme ne pas savoir la date de paiement de ce personnel. «Il faut chercher cette information chez d'autres responsables», répond-il. Et c'est ce que nous avons fait. Mais nous sommes restés sur notre faim. Sans donner de date précise, les autres responsables contactés nous ont confirmé que ces agents seraient probablement payés avant le mois de Ramadan.
«Nous allons payer prochainement tous ces employés. Cela devra intervenir probablement avant le mois de Ramadan», indique Mohamed Regraga, secrétaire général àla wilaya de Rabat-Salé.

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Ce que prévoit le code du travail

Le nouveau code du travail considère comme salariée toute personne qui s'est engagée à exercer son activité professionnelle sous la direction d'un ou plusieurs employeurs moyennant rémunération, quels que soient sa nature et son mode de paiement. Il considère également comme employeur, toute personne physique ou morale, privée ou publique, qui loue les services d'une ou plusieurs personnes physiques (art. 6).

Par ailleurs, il doit être accordé obligatoirement aux salariés un repos hebdomadaire d'au moins 24 heures allant de minuit à minuit (art. 205). Lorsque le contrat de travail est à durée déterminée, le salarié doit avoir bénéficié de la totalité de son congé annuel payé avant la date d'expiration dudit contrat (art. 233).

Enfin, pour ce qui est du salaire minimum légal, il ne peut être inférieur aux montants fixés par voie réglementaire pour les activités agricoles et non agricoles après avis des organisations professionnelles des employeurs et des organisations syndicales des salariés les plus représentatives (art. 356).
Toujours selon le code du travail, «est nul de plein droit tout accord individuel ou collectif tendant à abaisser le salaire au-dessous du salaire minimum légal» (art. 360).

Par Rachid Tarik | LE MATIN

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26 août 2008

«Les Enfants du Bouregreg». Éblouissant !


Un spectacle grandiose, digne d'une vraie mise en scène cinématographique.

Baptisé « Karacena 2008», le spectacle était prévu pour 21 heures, la nuit du 21 août 2008, coïncidant avec la Fête de la Jeunesse.


Mais vu l'originalité et la dimension de l'événement, la population de Rabat-Salé n'a pas hésité à venir s'amasser sur les deux rives bien avant l'heure indiquée, puisque certains ont déjà eu un clin d'œil du spectacle durant les dix soirées de répétitions. «Nous avons eu le privilège de vivre jour pour jour les préparatifs de la manifestation. Toute l'installation s'est effectuée devant nos yeux, depuis les bateaux de guerre, jusqu'à l'entraînement des chevaux, passant par les superbes acrobaties, le jonglage avec le feu, la percussion aérienne, les jeux de lumières… les berges du Bouregreg se sont transformées en un vrai studio de cinéma», indique un habitant de la Kasbah des Oudayas. Le soir du jour J, rien n'a été épargné pour déguster cette belle soirée. Terrasses et murailles furent aussi prises d'assaut pour guetter de bons moments de magie et de créativité. Une marée humaine a pu suivre cette merveilleuse création monumentale urbaine, organisée par L'Amesip et le Cercle Aldébaran, sur le prestigieux fleuve du Bouregreg.


Un tableau équestre ouvre le bal avec des cavaliers bien entraînés ayant pu séduire l'assistance avec leur savoir-faire digne des grands maîtres de la cavalerie. Les quatre actes de l'histoire définis par le concepteur et metteur en scène, Laurent Gachet, des « Enfants du Bouregreg » prennent le relais. Ainsi, devancée par les feux du rassemblement, une grande foule se masse sur les berges du Bouregreg. Tout le monde attend la tombée de la nuit pour attaquer la Kasbah des Oudayas. La citadelle tombe aux mains des corsaires. Des attaques sanglantes se sont déclarées entre les différentes tribus et les défenseurs de la Kasbah. Nous avons assisté à une vraie mise en scène cinématographique avec ses bruits de canons, sa fumée de guerre, ses cris, avec comme fond musical le bruit imposant des vagues de l'océan. Le metteur en scène définit cette rencontre sanglante en trois scènes, dont les cavalières de la nuit, la flibuste, puis la réplique. Mais, en fin de compte, les attaquants reviennent bredouilles, car la Kasbah ne s'incline pas toujours par la force des canonnades et des cavaliers.

Alors, Laurent Gachet essaye la ruse et la magie, faisant naître le long du fleuve des reflets d'or et d'argent et surgir du néant la fantasmagorique navale d'un cirque imaginaire au bestiaire fantastique. Tout ceci est monté dans une narration extraordinaire, faisant surgir des images en lumières sur les imposantes murailles de la Kasbah que chacun peut méditer à sa manière pour restituer une histoire ancestrale rassemblant tout le patrimoine de la région avec ses multiples paysages et ses monuments historiques. Ainsi, le grand convoi arrive avec sa mémoire et sa sagesse puisée de la mythologie des cités disparues, dont sept générations se sont succédé pour prendre le flambeau. La roue du temps continue. Sur une musique tzigane, une grande parade s'est assemblée glissant majestueusement devant la citadelle. Une scène très riche en démonstrations créative et imaginaire, telles la procession salétaine, les vigies de feu, le magnifique éléphant, l'embrasement des quatre mâts, le génie de la citadelle, le bal des hippocampes, puis le grand Damatine qui unira les deux rives à travers un pont de feu, pour concrétiser les prédictions de la légende.

Alors là, et juste le temps de cette 700ème lune, selon l'astrologue Ibn Idriss Marchar, tous les hommes oublieront leur rivalité, leur différence ou leur provenance pour devenir «Les Enfants du Bouregreg». Vers la fin du spectacle, la caravane de tous les participants, capitaine, artistes, rameurs, musiciens, chanteurs, comédiens, circassiens, techniciens et autres, a remonté le fleuve en un dernier salut pour le public présent. Une fin en apothéose ayant laissé le public subjugué, baignant dans un rêve fantastique que les spectateurs n'oublieront pas de sitôt. Entre les fabuleux actes de cette monumentale création urbaine, ont retenti, au-dessus de la citadelle et ses environs, des feux d'artifice placés en différents points des deux rives du Bouregreg.
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Un projet d'envergure

Réalisé dans le cadre de la deuxième édition de Karacena, « Les Enfants du Bouregreg » constitue un beau périple dans les arts du cirque et les jeux nautiques, puis un événement populaire et festif de grande envergure pour les habitants de Rabat-Salé. Cette grande parade sur le fleuve du Bouregreg s'est développée autour de 3 mois de propagation d'une légende urbaine, 3 mois de chantiers scénographiques hors normes, 10 jours de montage et de répétitions sur les lieux du spectacle qui se sont concrétisées la nuit du 21 août où de gros moyens, en ressources humaines et matérielles, furent alloués pour réussir le pari. L'impact attendu vise à créer les conditions d'un partage culturel par l'artistique et d'avancer sur le champ de l'interculturalité par le travail en groupe. C'est dans ce sens que ce spectacle a réuni des artistes de différentes catégories, dont les enfants de l'Amesip (Association marocaine d'aide aux enfants en situation précaire) ayant subi des stages de formation, dans le cirque Shems'y, par des artistes professionnels qui viennent régulièrement en résidence pédagogique et artistique sous le chapiteau de l'école.

Par Ouafaâ Bennani | LE MATIN

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25 août 2008

"Pirates 2008" : Les enfants du Bouregreg "à la rescousse" du fleuve et de la Casbah


Les habitants des deux rives de la vallée de Bouregreg ont pu revisiter avec passion, jeudi soir, lors d’un spectacle grandiose "Pirates 2008 : les enfants du Bouregreg", une période de l’histoire de Salé et de Rabat où la Casbah et le fleuve furent pris d’assaut par les pirates.

Des milliers de spectateurs ont pris place sur les deux rives du Bouregreg pour assister à ce spectacle inédit, organisé sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI, par l’Association marocaine d’aide aux enfants en situation précaire (AMESIP) et labellisé par l’Association "12 siècles de la vie d’un Royaume".

Le spectacle, qui rejoue la prédiction fantastique de l’astrologue Ibn Driss Marchar, selon laquelle la Casbah des Oudayas tombera aux mains des corsaires venus des deux mers, s’ouvre par une cavalerie sur la rive droite du fleuve qui étale toute sa puissance pour céder la place ensuite à l’apparition d’un grand bateau.

Ainsi au moment où les pirates s’apprêtent à occuper la Casbah, un désordre affolant et un bruit tonitruant envahissent l’espace. Les coups de canons qui se sont fait entendre visaient à coup sûr la Casbah des Oudayas et les bruits des tambours qui s’enchaînaient annonçaient la guerre.


Le metteur en scène, le Français Laurent Gachet, concepteur et initiateur du spectacle "Pirates 2008", s’est inspiré de la légende "Le cheval de Troie".

Ainsi, chaque scène du spectacle a combiné des projections d’images inédites sur la citadelle, des jeux nautiques et des jeux de cirque, le tout mis en lumière par des images de feu et des effets proscéniques de toute beauté.

Le spectacle des "Enfants du Bouregreg" a permis d’assembler côte à côte des artistes chevronnés et d’autres débutants, des professionnels et des amateurs.

Il s’agit d’une école d’écoute réciproque et d’invention d’une nouvelle pratique de l’art dans la ville avec et pour tous les habitants. Entre autres objectifs de cette manifestation fut la création d’un partage culturel à travers l’art et la réalisation d’un progrès dans le champ de l’interculturalité et la réconciliation de Salé avec son patrimoine.

En outre, cette manifestation aura un prolongement, avec le développement d’un lieu de spectacle sur le site de la future cité des arts et des métiers de Salé, sur la rive du Bouregreg, qui deviendra une destination touristique, tout en restant ouverte au public.

La 1ère édition de la biennale des arts du cirque et du voyage a été organisée en 2006, en partenariat avec l’Académie Fratellini, ce qui a conduit à la création de Shems’y en tant que première école de cirque au Maroc.

L’AMESIP oeuvre dans le domaine de l’éducation non-formelle. Elle s’assigne pour objectifs, entre autres, de permettre aux enfants d’accéder à l’école ou à la formation professionnelle et artistique.


Edité le: lundi 25 août 2008

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20 août 2008

Le Maroc célèbre le 55e anniversaire de la Révolution du Roi et du peuple

Le coup de force contre Mohammed V ou le déclenchement de la révolution patriotique nationale.

Quand le général Guillaume, résident général, exila le Roi et sa famille le 20 août 1953 et précipita le compte à rebours de l'empire colonial.

Il y a cinquante-cinq ans, le 20 août 1953 exactement, les autorités du Protectorat français au Maroc, avaient forcé feu Sa Majesté Mohammed V et ses enfants à s'exiler hors du Maroc pour installer à sa place un autre Roi, un «Roi potiche» du nom de Mohamed Ben Arafa.

La décision d'écarter le Roi et sa famille était en réalité un complot que le résident de France à Rabat, le général Augustin Guillaume, avait fomenté avec le pacha de Marrakech, Thami Glaoui, les caïds de la région, les membres de certaines confréries et les représentants de tribus alliés au protectorat français. Mohammed V qui avait accédé au Trône en 1927 après le décès de son père, le Sultan Moulay Youssef, avait acquis entre cette même date et 1953 une grande expérience politique et s'était imposé comme l'inspirateur, mieux comme le guide fédérateur du mouvement nationaliste et patriotique marocain alors incarné par de grandes figures comme Allal El Fassi, Mohamed Hassan Ouazzani, Abdelkhaleq Torres et plusieurs autres. Parce qu'il incarnait également la légitimité historique, son poids politique et sa popularité n'avaient pas manqué de mettre à l'épreuve les félons et leurs soutiens dans l'administration coloniale.

Le général Augustin Guillaume, qui avait par trois fois vécu au Maroc entre 1912 et 1952 comme militaire, ne pouvait se résoudre à ce que Mohammed V fût à ce point populaire et aimé par son peuple . Il voyait son prestige se renforcer et s'étendre dans les fin fonds du Maroc, les campagnes et les bourgs. Comment donc, le Prince effacé, écrasé encore en 1927 sous la férule de deux frères aînés, s'était-il transformé non seulement en Roi inventif mais en leader politique national ? Il ne pouvait non plus accepter que la profonde symbiose entre le Roi et son peuple pût si puissamment se transformer en un facteur politique propre à ébranler l'ordre colonial et en même temps donner l'exemple d'une administration militaire vacillante.


Il s'inclina devant les exigences du lobby colonial coalisé avec les tribus féodales de Marrakech, il mettra à exécution leur machiavélique plan pour écarter le Souverain et le remplacer par Mohamed Ben Arafa. Le complot du général Guillaume contre Mohammed V a commencé après sa désignation par le gouvernement français en 1951, en remplacement du général Alphonse Juin qui le recommanda au poste de Résident de France à Rabat. Coalition vicieuse d'intérêts véreux ? Plus grave que cela. Le lobby colonial français, agriculteurs, industriels liés aux milieux de l'extrême droite française, prétendus « oulémas » qui avaient vendu leur âme, collaborateurs de l'ordre colonial, caïds et pachas au service de Guillaume, formaient ainsi la « colonne armée » d'une conspiration redoutable qui n'avait de cesse de réclamer privilèges et de crier à l'exil et l'éloignement du Roi et de sa famille…D'une obscure réunion à des simulacres de pétitions, ils avaient fini par tracer un funeste plan que le gouvernement français, notamment un certain Georges Bidault, avait entériné en catimini.

Mais les forces libérales françaises et la gauche, dont François Mitterrand notamment, avaient crié au scandale et dénoncé la manœuvre. Le 20 août 1953, entre 6 heures du matin, heure à laquelle le Roi Mohammed V et ses enfants furent brutalement réveillés et arrachés à leur sommeil, ensuite vêtus seulement de simples jellabas, et 14 heures, une page de l'histoire du Maroc était tournée. Le petit avion qui attendait à Salé avait embarqué la Famille Royale vers Ajaccio en Corse avant l'éloignement total à Antsirabé, à Madagascar. C'était déjà le compte à rebours colonial….

Par Hassan Alaoui | LE MATIN

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Nuit féerique sur le Bouregreg



· Un cirque géant prévu le 21 août

· 1.000 artistes et 500 enfants choristes y participent

· Le budget avoisine les 13 millions de DH



Un spectacle grandiose gratuit et en plein air est en cours de préparation sur le Bouregreg la nuit du 21 août. Les organisateurs, l’Amesip (Association marocaine pour les enfants en situation précaire) et le Cercle Aldébaran pensent attirer jusqu’à 150.000 personnes. Ce spectacle entre dans le cadre de la deuxième biennale «Karacena» des arts du cirque et du voyage, sachant que la première édition s’était tenue en 2006.


Création urbaine sur le Bouregreg, ce projet est monumental, puisqu’il a nécessité une enveloppe de 13 millions de DH. Il aura pour scène la casbah des Oudayas et 1,5 km de Bouregreg. Près de 1.000 artistes, âgés de 16 à 22 ans, y participent. La majorité sont issus de milieux défavorisés ou sont d’anciens enfants des rues. Grâce à l’école du cirque Shems’y, basée à Salé et gérée par l’Amesip, ils ont appris les techniques du cirque. Leur formation, ils la doivent aussi à l’académie française Fratellini, qui a envoyé au Maroc des formateurs qualifiés et a accueilli des jeunes Marocains en tant que stagiaires. Cette manifestation est extrêmement importante pour eux, puisqu’elle leur permettra de montrer leur talent au public, et d’avoir ainsi une reconnaissance pour les efforts fournis. Leur rêve à tous: devenir des professionnels du spectacle et gagner leur vie dans le domaine du cirque. En tout cas, et c’est un bon début, tous ces jeunes artistes percevront un cachet pour leur contribution au spectacle Karacena.

Certains vont jongler, d’autres feront des acrobaties, d’autres se tiendront en équilibre sur des échasses… Une chorale de 500 enfants, âgés de 8 à 12 ans, issus de l’Amesip, accompagnera les artistes. Il y aura aussi des rameurs, des marins, des musiciens, des chanteurs, des comédiens… D’après Touraya Bouabid, présidente du projet, 75 artisans ont œuvré à la réalisation du spectacle, et 50.000 heures de travail auront été nécessaires.

Le spectacle des enfants du Bouregreg rejouera la prédiction fantastique de l’astrologue Ibn Driss Marchar, selon laquelle la casbah des Oudayas tombera aux mains des corsaires venus des deux mers, et ce, dans 700 lunes, c’est-à-dire le 21 août (d’après les recherches et les calculs des astronomes du Cercle Aldébaran). Lors de ce rendez-vous imaginaire, des cavaliers, des canons, des bateaux viendront prendre d’assaut la forteresse de la casbah des Oudayas et créeront une effervescence soudaine. Ainsi, en cette nuit du 21 août 2008, la fière citadelle va tomber aux mains des corsaires et si les tirs de canon ne suffisent pas, la ruse et la magie seront utilisées. «Du néant surgira alors la fantasmagorie navale d’un cirque imaginaire», explique Laurent Gachet, concepteur et metteur en scène du spectacle. «Les remparts seront parés de zellige et de bois précieux, de lumières et de feux. Quand le génie de la citadelle apparaîtra, un pont de feu unissant les deux rives sera édifié… Alors la légende aura dit vrai et, en cette nuit unique, les habitants des deux rives oublieront leurs rivalités, leur différence ou leur provenance pour devenir, le temps d’une lune, les enfants du Bouregreg…».

Chaque scène du spectacle combine une projection d’images inédites sur la casbah, une écriture musicale spécifique, une action sur le plan d’eau ou les berges faisant appel aux jeux nautiques et aux disciplines du cirque, un éclairage par la lumière et le feu et un effet pyroscénique.


Spectacle permanent


L’intérêt de cette manifestation est multiple. Pour la société d’aménagement du Bouregreg, c’est l’occasion rêvée d’avoir un impact maximum pour le retour des deux rives du fleuve à la circulation piétonne et l’appropriation de cet espace par la population locale. Comme l’explique Touraya Bouabid, ce projet aura également des répercussions économiques et sociales positives sur la région. «Les chantiers de préparation des 18 tableaux du spectacle fluvial ont permis de développer des compétences individuelles et collectives. Les répétitions artistiques ont déclenché de nouveaux besoins pour la cité: logistique des repas, sécurité dans les espaces publics, transport des personnes, formation de techniciens de régie, constructions scénographiques avec les artisans…».

La présidente du projet indique aussi que Karacena 2008 aura un prolongement, avec le développement d’un lieu de spectacle sur le site de la future cité des arts et des métiers de Salé, sur la rive du Bouregreg, qui deviendra une destination touristique, tout en restant accessible à la population. Un spectacle permanent sera créé dans ce lieu, ce qui offrira des débouchés pour une trentaine d’artistes avec, tous les deux ans, un changement de spectacle, ajoute-t-elle.

Nadia BELKHAYAT

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13 août 2008

Régie du transport en commun de Rabat-Salé



Le personnel sans salaire depuis plus de trois mois


Le calvaire du personnel de la régie autonome du transport urbain de Rabat-Salé est loin d’être terminé. Et pour cause, les salariés de « la défunte » régie, qui s’élèvent à plus de trois cents, n’ont pas perçu leurs salaires depuis le mois d’avril dernier. Ces derniers qui n’aspirent plus à partir en vacances faute de moyens, espèrent aujourd’hui obtenir leurs émoluments pour faire face à des dépenses plus contraignantes, celles relatives à la rentrée scolaire et au mois de ramadan qui pointe du nez.

Afin d’obtenir justice, le syndicat des ouvriers et salariés de la régie autonome a frappé à toutes les portes, dont celle de l’un des responsables de ce dossier, qui n’est autre que la mairie de Rabat, mais en vain. Toutes les démarches entreprises n’ont pas réussi en effet à faire évoluer le dossier d’un iota.

Fort de cet échec, le syndicat a décidé, dans un ultime recours, de frapper à la porte du premier ministre. La lettre adressée à Abbas El Fassi sous l’objet « souffrances », et dont des copies ont été adressées au ministre de l’Intérieur et aux maires de Rabat et de Salé, est revenue sur les résultats « de la politique de marginalisation, de discrimination et d’exclusion» dont ont été victimes les salariés de la régie. Ces derniers, qui se sont retrouvés du jour au lendemain sans travail suite à la fermeture de la régie, doivent logiquement prendre part au projet de restructuration du secteur du transport en commun de Rabat-Salé. Mais en attendant la mise en place de cette solution alternative, les autorités de tutelle devaient poursuivre le versement des salaires du personnel durant cette période transitoire.

Mais cette opération est loin d’être automatique.L'on rappelle en effet que les derniers émoluments reçus par les salariés durant le mois d’avril ne l’ont été qui suite à de longues semaines de lutte et de souffrance. L’histoire se répète à nouveau après le retard enregistré dans le versement des sommes dues au personnel. Aujourd’hui, et en tirant la sonnette d’alarme sur les retombées sociales de ce retard, le syndicat demande la résolution définitive de ce problème et d’être associée au débat et aux concertations qui se tiendront dans l’avenir afin de défendre les droits et préserver les acquis du personnel.

Amina SALHI

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2 août 2008

Transport touristique routier : le plus vieux parc à Rabat


· Fès et Meknès disposent d’un parc relativement jeune

Le parc de véhicules de transport touristique est relativement jeune avec 73% des véhicules ayant moins de 5 ans. Rabat présente le parc le plus vieillissant. Cette situation s’explique par le gel des investissements de l’un des principaux transporteurs touristiques de la place, indique le guide sur le panorama 2007 du transport touristique routier au Maroc. Les villes de Fès et Meknès disposent d’un parc relativement jeune. En détail, toutes les catégories de véhicules, hormis les autocars 34 places, se caractérisent par un parc jeune dont plus de la moitié n’a pas 3 ans d’âge. La proportion de véhicules ayant plus de 7 ans est plus faible pour les minibus de 9 et 17 places, et encore plus pour les 4x4. Ce phénomène s’explique par le fait que ces «petits» véhicules sont généralement exploités sur des durées bien inférieures à la limite des 10 ans, compte tenu de leur usure plus rapide et de leur durée d’amortissement plus faible, est-il expliqué.

Par catégorie, 70% de la capacité nationale en nombre de places est assurée par les autocars de 48 places et les minibus de 17 places. Cette proportion monte à 85% en incluant les 4x4. A noter que le parc de TTR est marqué par une concentration autour des principales destinations touristiques et points d’entrée des touristes qui sont Marrakech, Agadir et Casablanca. Ces dernières concentrent 49% du nombre d’entreprises de transport touristique, 70% de la capacité nationale en véhicules et 76% de la capacité nationale en nombre de places. Il est à noter que la moyenne de véhicules par entreprise à Marrakech représente le double de la moyenne nationale (12 véhicules). Ceci est expliqué par l’existence d’un certain nombre d’entreprises de très grandes tailles. Il existe aussi une corrélation entre le positionnement produit de la région et la catégorie de véhicules majoritaires de la ville.

L’enquête dévoile que la majorité des 4x4 est recensée à Ouarzazate et Errachidia puisque ces deux régions font en sorte de promouvoir le produit désert. Rabat et Casablanca où le produit culturel et le circuit des villes impériales sont en vogue, présentent en revanche les plus grandes tailles moyennes de véhicule (autocars). De leur côté, Marrakech, Ouarzazate et Errachidia ont des tailles moyennes de véhicules faibles directement liées à la proportion importante de 4x4 dans leur parc. Globalement, les entreprises indépendantes ont des tailles de parc véhicules réduites. 40% des entreprises possédant un parc de plus de 20 véhicules forment un groupe avec une entreprise du secteur touristique ou du transport. 66% des entreprises qui font groupe avec des agences de voyages ont généralement un parc plus important (plus de 11 véhicules). Selon la taille du parc, 72% des entreprises possèdent moins de 5 véhicules et disposent au total de moins de 20% du parc de véhicules du pays. Une fois les entreprises bien établies (+7 ans), ces dernières présentent toujours un parc de véhicules dont 50% ont moins de 3 ans.

F. Z. T.

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