31 mai 2008

Concours Génération Mawâzine : Les groupes «Tigresse Flow», «Sakadoya» et «Taghrast» primés


La cérémonie de remise des Prix du concours Génération Mawâzine s’est déroulée samedi 24 mai à Rabat. Un espace qui vise à encourager l’esprit d’initiative chez les jeunes talents.

Les groupes «Tigresse Flow»de Casablanca, catégorie Hip Hop ; «Sakadoya» de Settat, catégorie Rock et Thaghrast, catégorie Fusion, ont remporté le Prix « Génération Mawazine » dans le cadre de la 7-ème édition du festival Mawâzine rythmes du monde.


«Sans le concours «Génération Mawâzine», nous aurions difficilement eu l’occasion de diffuser notre art et de montrer nos talents. C’est l’une des rares manifestations qui promeuvent les jeunes musiciens», déclare à ALM Hicham Hamzi le batteur du groupe «Sakadoya».

«Pendant plus d’une année, nous nous sommes investis à fond, motivés pour la préparation de ce concours», ajouta-t-il, soulagé que le groupe «Sakadoya» ait été primé. La cérémonie de remise des Prix s’est déroulée samedi 24 mai sur la scène du parc Nouzhat Hassan à Rabat et a été marquée par des spectacles de groupes participant à ce concours. «Ce trophée qui a récompensé avant tout notre effort, prouve en même temps que la musique métale a sa place dans la nouvelle scène marocaine», déclare Hicham.

Le jury de «Génération Mawâzine» avait la rude tâche de choisir un groupe dans chacune des trois catégories qui sont : la fusion (musique néopopulaire), le rock et le hip hop. Ce jury était composé de Ahmed Aydoun, musicologue et président du jury, Belaïd Akkaf, compositeur, Younès Migri, musicien ainsi que de la chanteuse roumaine Johanna Rusu. Selon le président du jury, cette 3-ème édition de «Génération Mawâzine» a connu la participation de 136 groupes, toutes couleurs musicales confondues, venus des différentes régions du Royaume. Sur les 114 présélectionnés au niveau régional, dix ont été retenus en finale, a-t-il dit, ajoutant que l’association «Le Maroc des cultures» produira un album et un clip-vidéo pour les trois premiers primés. Selon Aydoun, Génération Mawâzine, espace d’expression, vise à encourager la créativité et l’esprit d’initiative chez les jeunes talents.

«L’objectif de ce concours est de découvrir de nouveaux talents, et leur offrir la possibilité de jouer leur musique dans des conditions professionnelles. Ainsi les lauréats du concours Mawâzine de chaque édition seront automatiquement invités à l’édition suivante où ils seront sur scène aux côtés de grands artistes internationaux», avait déclaré Ahmed Aydoun à ALM.

Par : Amine Harmach

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27 mai 2008

Nouveau parc zoologique à Rabat - Démarrage en juillet de travaux de construction


Les travaux de construction du nouveau parc zoologique national d'une superficie de 50 hectares, qui sera édifié près du Complexe sportif Moulay Abdellah, commenceront début juillet prochain, a annoncé le directeur du zoo de Rabat, Saïd Hajib.


Dans une déclaration à la MAP, M. Hajib a précisé que ce zoo qui nécessitera un financement de 400 millions de dirhams, ouvrira ses portes aux visiteurs en 2011 et répondra aux normes et standards internationaux dans ce domaine. Ce zoo, a-t-il dit, "contribuera à la préservation de l'équilibre écologique et à la sauvegarde des ressources animales et des espèces menacées d'extinction".

M. Hajib a relevé que le transfert de l'actuel zoo n'est pas une décision fortuite et qu'il s'agit d'une action réfléchie, sachant que la situation actuelle de l'ancien zoo n'est plus propice puisqu'il se retrouve avec l'expansion urbanistique de la ville, au milieu d'une zone urbaine dense.

Il a, en outre, ajouté que les installations du zoo qui date de 1969 sont vétustes et ne répondent plus aux normes internationales d'un parc zoologique moderne. Le responsable a noté que le prochain zoo qui sera un projet structurant complémentaire aux autres réalisations qui verront le jour à Rabat, reposera sur la création d'infrastructures modernes devant abriter les animaux qui évolueront au sein de réserves naturelles comprenant des faunes originaires de cinq continents.

Le futur parc zoologique comprendra également des jardins pour enfants, un musée, un pavillon d'exposition de peinture, un centre de recherche scientifique, une salle des congrès, un hôtel et un village d'accueil.

Le total des animaux du parc zoologique national, selon un état récapitulatif établi par l'administration de cet établissement, s'élève, jusqu'au mois de mars dernier, à 1732 animaux, dont 1.90 oiseaux, 603 mammifères et 39 reptiles.

Par MAP

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Les artisans de Rabat souffrent en silence



Le manque de moyens est le dénominateur commun de ces ouvriers

Nous sommes partis les rencontrer à l'ancienne médina de Rabat. C'est dans un Riad en ruine dans le quartier des consuls qu'une dizaine d'artisans se sont regroupés dans de petits commerces qu'ils ont transformés en lieu de fabrication.


Ces pièces étroites servent en effet d'ateliers pour ces «ouvriers». Des espaces qui manquent de toute mesure de sécurité. Mais les artisans sont loin de se soucier de ce «détail». Pour eux, le plus urgent est de régler leur situation financière et sociale. En effet, ils sont jeunes et moins jeunes travaillant dans des conditions très difficiles en contre partie de sommes dérisoires. «On commence le travail à la première heure du matin et jusqu'au soir pour 60 Dhs la journée. Pire encore nous sommes payés pour chaque article et non pour la journée. Nous n'avons pas le choix. Ici soit tu tiens la cadence, soit tu pars» confie Ahmed, un jeune artisan.

Dans cette «usine» de fabrication d'objet en cuir, l'artisan perçoit 30 dirhams pour chaque article achevé. Mais même les ouvriers les plus chevronnés ne dépassent pas 2 articles par jour. «C'est un travail de longue haleine qui exige de la patience et surtout un bon savoir faire. Tous ces jeunes artisans que vous voyez ont hérité le métier de leurs parents. Les jeunes d'aujourd'hui refusent de travailler dans l'artisanat car ils savent que c'est un métier dur et peu rentable», ajoute Mohamed, un autre artisan.

Issus de quartiers pauvres à Salé, ils ont souvent une famille nombreuse à leur charge sans bénéficier d'aucune assurance maladie où de régime de retraite. «Si vous faites un tour dans les autres Fendak vous allez rencontrer des septuagénaires qui travaillent encore, car ils n'ont pas d'autres ressources et leur familles dépendent toujours d'eux. Ces vieux n'arrivent même pas à terminer un seul article par jour. Pourtant, ils s'accrochent et luttent pour survivre. Certains, après des années de labeur se sont transformés en mendiants parce qu'ils n'arrivent plus à travailler. Ici tu es payé pour ce que tu produis et quand tu arrêtes de travailler, on arrête de te payer. Nous ressemblons en quelque sorte aux ouvriers journaliers sauf que eux, ils travaillent chaque jour dans un lieu différent et que nous, nous avons plus au moins une adresse fixe» ironise Hafid. Selon ces artisans, les choses ne sont pas meilleures arrangées en cas d'accident. Ces «employés» sont souvent virés en cas d'accidents de travail et ne perçoivent aucune indemnité. «On nous a proposé de payer 150 Dhs chaque mois pour pouvoir bénéficier d'une assurance. Mais aucun ouvrier n'a pu le faire à cause du manque de moyens. Nous sommes même exclus des aides en nature «denrées alimentaires». Nous n'avons jamais pu bénéficier de ces subventions qui ont été accordées il y a trois ans par la Chambre d'artisanat et qui allaient uniquement aux propriétaires des bazars» souligne Mohammed.

Selon cet artisan, les conditions de travail difficiles des «ouvriers» reflètent en partie, la situation de ce secteur qui souffre de plusieurs maux, notamment le problème de marketing. Confronté à l'économie moderne et à l'exportation, le secteur reste pourtant fragile et stagné en l'absence d'une stratégie de commercialisation, la rareté des galeries et l'absence de foires nationales régulières.

L'artisanat marocain serait en perte de vitesse. Et ce malgré son importance du secteur dans l'économie et l'équilibre social. Il suffit de savoir que ce secteur emploie 2 millions de personnes à l'échelle nationale. Ce qui représente 20% de la population active et contribue à hauteur de 19% au PIB. Au niveau de l'export, les chiffres indiquent encore une fois l'importance du secteur.

En effet la recette de l'export tourne autour de 600 millions de DH. Mais malgré le rôle primordial qu'il joue dans le développement de l'économie nationale, l'artisanat semble avoir beaucoup de mal à décoller. Le Maroc trouve toujours de la difficulté à créer une marge forte et à suivre les tendances sur le marché international.
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Artisanat : vision 2015

Le secteur de l'artisanat recèle un énorme potentiel de croissance. Il existe en effet une forte demande de l'art de vivre, du patrimoine culturel artisanal, de la décoration d'intérieur et la mode marocaine. Mais malheureusement l'offre ne suit pas la demande. A cela s'ajoute le problème de moyens financiers alloués à ce secteur. Le budget du département de l'artisanat reste limité.

C'est dans ce contexte que la Vision 2015 a été lancée en février 2007. «Cette vision peut être considérée comme étant un cadre de développement et de mise à niveau des entreprises artisanales et un processus d'amélioration constante du produit d'artisanat pour qu'il soit adapté aux exigences de la qualité et de la compétition», affirme le secrétaire d'Etat chargé de l'Artisanat. Cette vision prévoit donc de créer 115 000 emplois, générer 7 milliards de DH, multiplier par 10 les exportations formelles et doubler le chiffre d'affaires de l'artisanat à contenu culturel.

Et afin d'atteindre ces objectifs, cette stratégie se propose de participer à l'émergence et au développement d'un tissu d'acteurs producteurs de référence et d'appuyer les mono artisans urbains et ruraux en termes de production/vente et d'amélioration de leurs conditions de vie

Par Yousra Amrani | LE MATIN

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26 mai 2008

Le Quartet Lansine Kouyaté et David Neerman au Festival Jazz au Chellah


Le balafon et le vibraphone en fusion à Rabat


Samedi 14 juin, le magnifique site historique de Chellah à Rabat accueille, à partir de 21h30, un spectacle de jazz inédit et magique. Avec Lansine Kouyaté au balafon, David Neerman au vibraphone, Ira Coleman à la contrebasse et Laurent Robin à la batterie.

Le Quartet Lansine Kouyaté et David Neerman représente la France à la 13ème édition du Festival européen du jazz au Chellah qui se tient du 12 au 16 juin prochain, sur le thème actuel de la mobilité.


Au programme de ce rendez-vous musical: du jazz oriental, de l'électro jazz, de la world music et du classic jazz. Les plus belles fusions jazz au monde résonneront aussi entre les murailles du Chellah qui verra se succéder des artistes de grand renom, au bonheur d'un public amateur et mélomane de plus en plus nombreux.

La rencontre entre l'improvisateur délicat et vibraphoniste, David Neerman, et le maître du balafon malien, Lansine Kouyaté, promet une balade en musique magique, émouvante... Et surtout inédite entre deux instruments aux sonorités différentes, le balafon et le vibraphone. Les deux talentueux compères tentent ingénieusement d'harmoniser les sons. Une démarche qui séduit les plus récalcitrants d'oreille. Il faut dire que de cette aventure, tout à fait naturelle et forcément osée, ressort une musique empreinte de poésie du genre à mettre en transe le public.

A travers ce spectacle, le Festival Jazz au Chellah nous convie à explorer un répertoire où se mêlent traditions mandingues et d'excellentes compositions originales. Un cocktail de belles sonorités proposé par des musiciens d'exception. Seront aussi de la fête, « Yakhouba Sissokho qui a déjà fait les quatre cents coups avec Lansiné Kouyaté ainsi que le jeune virtuose de l'accordéon, Vincent Peirani », rassurent les organisateurs.

Jazz au Chellah est organisé à l'initiative de la Délégation de la Commission européenne, les Ambassades et Instituts culturels des Etats membres de l'Union européenne et la Délégation Wallonie-Bruxelles en partenariat avec le ministère de la Culture et la wilaya de Rabat-Salé-Zemmour-Zaêrs.

A l'instar des précédentes éditions, le public appréciera tout au long de ce Festival le talent et le génie des musiciens venus essentiellement d'Europe
et dont les prestations promettent d'intenses moments de bonheur, de joie, de partage et d'échange. Dans un cadre mystique et convivial. Une fête comme le mérite la capitale qui ne se résume pas pour autant qu'à la danse. Puisque « le Festival Jazz au Chellah est (aussi) une scène de choix pour relancer l'esprit de tolérance, de dialogue et d'expression artistique ouverte sur l'espace euro-méditerranéen et sur le monde», souligne Bruno Dethomas, Ambassadeur, chef de la Délégation de la Commission européenne.

Outre le Maroc, sont représentés à cet événement treize pays d'Europe dont notamment la Hollande, la Pologne, l'Autriche, la Belgique et la Grande-Bretagne.

Concert de jazz
Site de Chellah (Rabat)
Samedi 14 juin
21h30

ALAIN BOUITHY

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Whitney Houston enflamme les R’batis


· C’est une artiste très émue que le public a admirée

· Feux d’artifice pour la clôture


Rabat a vécu depuis une dizaine de jours au rythme des musiques du monde. Cette 7e édition du festival Mawazine s’est achevée samedi 24 mai avec un feu d’artifice exceptionnel dont un spectacle de la diva américaine Whitney Houston. Pendant toute la journée, des fans attendaient avec impatience de voir la super star chanter. C’est par milliers qu’ils ont pris d’assaut le stade de Hay Nahda dès les premières heures de la matinée.

L’entrée en scène de Whitney Houston a été triomphale. C’est sous un tonnerre d’applaudissements que la star américaine est apparue devant le public, toujours aussi belle et gracieuse. Pour son spectacle, Whitney Houston a mis le paquet en offrant au public marocain un spectacle époustouflant pendant une heure et demie, où elle a repris ses tubes et quelques chants de gospel. C’était une Whitney nostalgique et émue à Hay Nahda. Et pour cause, l’artiste ne s’est produite pas devant son public depuis plusieurs années déjà. «J’ai vécu de bons et de mauvais moments dans ma vie», a-t-elle dit pendant le concert. Ce festival marquera quelque part le come-back de l’artiste. Ne cessant de remercier le public, de sa «gentillesse et son hospitalité», elle a exprimé son admiration pour le pays et sa beauté.


La diva a d’ores et déjà promis qu’elle reviendra bientôt. Un moment très fort du festival marquera pour longtemps les esprits, celui de l’interprétation de la bande originale du film The Bodyguard, le tube «I will always love you». Le public était en totale communion avec l’artiste répétant après elle les refrains et scandant son nom: Whitney! Whitney! Après cette prestation, l’artiste a eu un geste surprenant. Accroupie devant le public, elle a prié pendant quelques secondes, en silence. Retour sur certains autres moments forts du festival. La veille, sur la même scène, le Tunisien Saber Roubahi, sacré par la presse arabe super star de la chanson arabe, a réussi aussi à attirer la foule. «Le public marocain, vous êtes de vrais artistes», lui a-t-il lancé. En même temps, avec tout autant de succès, le Colombien Juanes à la Camisa negra, se produisait sur la scène Bouregreg. La soirée s’est terminée par un immense feu d’artifice en guise de clôture du festival.

Les R’batis sont ravis, l’évènement est une réussite puisqu’il a touché toutes les catégories sociales de tous les âges. Ils attendent déjà la prochaine édition.

Jihane KABBAJ

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25 mai 2008

Festival Mawazine de Rabat - don royal à de jeunes musiciens marocains


La SNRT procédera à la production d'albums et de clips vidéo

La 7e édition du festival Mawazine Rythmes du monde, organisée du 16 au 24 mai à Rabat, sous le Haut patronage de S.M. le Roi Mohammed VI, a été couronnée par la remise d'un don royal à des jeunes créateurs marocains dans le domaine de la musique et de la chanson.

"S.M. le Roi Mohammed VI, qui entoure de sa haute sollicitude les artistes et le monde de l'art, a bien voulu ordonner l'octroi d'un don en guise d'encouragement aux jeunes groupes prometteurs ayant hissé leurs productions au rang de la créativité", a annoncé le directeur artistique du festival, Aziz Daki, dans une allocution lors de la cérémonie de clôture de cette manifestation, tenue samedi soir au quartier Annahda à Rabat.

Ce don illustre l'intérêt que porte le Souverain à la promotion de l'art et des artistes, a souligné M. Daki, affirmant que conformément aux Hautes orientations Royales, l'association "Maroc Cultures" a accordé une attention toute particulière aux groupes de jeunes lors de cette 7e édition du festival et veillé à leur assurer une présence remarquable au plan aussi bien de la qualité que du niveau de participation. Il a expliqué que le don Royal bénéficie à trois catégories de troupes, à savoir les jeunes artistes qui comptent à leur actif un important parcours au service de l'art, ceux en début de carrière ainsi que les lauréats du concours Génération Mawazine.

Cette généreuse initiative Royale sera un stimulant pour les jeunes à davantage de créativité en matière de musique et de chanson, avec l'ambition de permettre à l'art marocain d'atteindre le stade du professionnalisme et de s'illustrer sur la scène internationale.


Ont profité de ce don les troupes H-Kayne, Darga, Hoba Hoba Spirit, Mazagan et l'artiste Joudia, en plus des lauréats du concours Génération Mawazine 2007, en l'occurrence May Ara-Fusion, Hakmin et The Stunt Boys. Pour sa part, le président-directeur général de la Société nationale de radiodiffusion et de télévision (SNRT), a indiqué que sur ordre de S.M. le Roi Mohammed VI, la société procédera à la production d'albums ou de clips vidéo pour les artistes ayant bénéficié du don Royal.

A cette occasion, les jeunes artistes bénéficiaires du don Royal ont exprimé leurs remerciements et leur gratitude au Souverain pour cette Haute initiative en faveur des jeunes talents.

Par MAP

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23 mai 2008

«Rabat, une dame pour le Bouregreg»


Subtile mélange de photos et d'histoire, l'ouvrage met la mémoire en mouvement.
Quand un photographe de talent et une historienne de renommée combinent leur savoir faire, cela donne «Une dame pour le Bouregreg».


Ce beau livre, signé Amina Aouchar et Stefano Ciannella invite le lecteur à une balade à travers un Rabat qui s'ouvre à lui et s'offre à son regard, en douceur et avec beaucoup de réserve. Et l'on découvre une ville dans tous ses états, telle qu'on ne l'a jamais vue.

Dotée d'une sensibilité à fleur de peau, Stefano Ciannella se laisse emporter par un élan lyrique que laissent transparaître ses photos. Lyrisme auquel font échos les textes de Amina Aouchar, qui lèvent le voile sur une partie du patrimoine historique et culturel que renferme la capitale administrative. Au fur et à mesure que l'on égrène les pages, la ville majestueuse dévoile ses secrets. Sans trop l'agresser ou la brusquer, le photographe suit cette dame, la charme tel un amant, un amoureux langoureux, pour enfin la dompter et la soumettre à son objectif. Majestueuse, elle laisse entrevoir petit à petit ses trésors les plus enfouis.

Ancrée dans l'histoire, Rabat se tourne fièrement vers un avenir prometteur qu'elle aborde avec assurance. «Au bout du siècle dernier, Rabat surgissait, telle une oasis saharienne insolite au bord de l'Atlantique», écrit l'historienne, avant de poursuivre : «Trois casbahs, trois citadelles s'égrenaient le long de l'oued, juchées sur les hauteurs, cernées de champs de blé et d'orangeraies. Puis la ville s'est agrandie, maisons et immeubles ont envahi les cultures, ravaudé le tissu de la cité. Toutefois, Rabat a su préserver ses carrés de verdure, en créer de nouveaux, ouvrir des espaces paisibles et planter des rangées d'arbres le long de ses avenues. Rabat est un jardin où vieux citadins amoureux de leur cité et nouveaux venus aiment flâner les jours fériés.»

Cette cohabitation entre présent et passé, la fait ressortir dans ses clichés. Tantôt solennels, tantôt enjoués, les différents sites de la ville fleurent bon l'harmonie et la symbiose. Loin des sentiers battus et des idées reçues sur la capitale, l'artiste va au-delà du folklorique pour toucher l'âme de la ville. «Par l'image «mouvante», je cherche l'émotion, l'âme.

Hors du temps. Outre l'espace. J'entre dans la circularité», avoue-t-il. «La recherche naît de la passion pour la matière des lieux, de l'envie, mieux encore, du besoin de percevoir l'espace comme un trait d'union. Un plein qui véhicule sensations, émotions, énergies et qui évoque la mémoire du mouvement et de l'action», écrit-il plus loin. Souvent, ce chasseur d'images surprend sa dulcinée dans ses moments de sérénité et de solitude. Personnage principal de son histoire, elle ne souffre pas de concurrence. Personne n'ose lui voler la vedette.
Les rares âmes qui figurent sur ses photos sont soit floutées, soit placés en second plan. Ils font office de figurants devant la star incontestée. Au moment où le photographe livre ses belles œuvres, l'historienne accompagne le lecteur dans ce voyage dans le temps et dans l'espace.

Opérant en véritable guide, elle suit une démarche didactique mais très agréable. Elle éclaire la lanterne, du récepteur, sur l'histoire des lieux, anecdotes et petites histoires à l'appui. Amina Aouchar prend comme point de départ, les pratiques et les usages de certains lieux à présent, pour ensuite effectuer un flash back dans le passé en vue d'expliquer comment ils étaient dans les époques révolues et qui les peuplait dans le temps.

C'est ainsi qu'on apprend que les Oudayas, Bab el-Alou, El-Gza, l'avenue Mohammed V, l'Agdal… n'ont pas toujours été ce qu'ils sont aujourd'hui et que Rabat, l'éternelle dame de Bouregreg «incorpore jalousement le nouveau dans l'ancien».

«Rabat, une dame pour le Bouregreg». texte Amina Aouchar, photographie, Stefano Ciannella. Senso Unico éditions.
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Brin d'histoire
«… Ce n'est qu'au début du XXème siècle, lorsque Rabat devient la capitale du Royaume et que le roi est appelé à y séjourner une bonne partie de l'année, que le palais subit des transformations importantes, particulièrement sous le règne du défunt roi Hassan II et de Mohammed VI. Ainsi deux grandes portes ont-elles été récemment réaménagées.

Lors des cérémonies officielles, le roi, précédé par les trompettes des hérauts juchés au-dessus du linteau, sort par une porte haute, élégante ouverture richement décorée. Un peu plus loin, la porte des Hôtes, bel ouvrage de bronze et de cuivre, est surmonté de marbre sculpté, de faïences et d'un large linteau de bois couvert de tuiles vertes, suivant les canons de l'art marocain le plus classique.

Cette entrée est précédée d'une cour dallée, encadrée par des massifs de rosiers. Elle ouvre sur une grande salle au plafond en carène renversée, décoré de cèdre sculpté et peint. Un escalier imposant descend vers un large patio planté de cèdres et de bosquets. Dans cette cour, lors des fêtes nationales, le roi reçoit invités étrangers et notabilités du pays, cérémonie rythmée par l'orchestre des khamsa ou khamsin (cinquante-cinq). Sur trois côtés de la cour, sont aménagées des galeries qui bordent des salons richement meublés. Pendant le mois de Ramadan, dans l'une de ces salles se déroulent el-dourous el-hassaniya, les conférences religieuses, une tradition inaugurée par feu Hassan II».



Par Kenza Alaoui | LE MATIN

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Gestion déléguée du transport urbain - Rabat soumet le dossier à l’Intérieur



· L’intermodalité bus-tramway sera assurée

· Les tarifs proposés sont inférieurs aux niveaux actuels


La wilaya de Rabat vient de boucler les dernières négociations avec les trois opérateurs en compétition pour décrocher le contrat relatif à la gestion déléguée du transport urbain au niveau de l’agglomération de Rabat. Rappelons que les trois candidats qui restent en lice sont Veolia, Keolis et National Express (maison mère d’Alsa). Les offres de ces trois opérateurs ont été transmises dernièrement au département de tutelle pour décision en ce qui concerne le choix du futur gestionnaire délégué. Ce dernier devrait approuver les clauses du contrat qui lui sera soumis par le ministère.

En cas de refus par le candidat sélectionné, on fait appel au second. Il était difficile de trancher rapidement dans ce dossier, depuis juillet dernier date d’ouverture des plis, selon un responsable de la wilaya. Pour lui, on doit prendre le temps nécessaire pour éviter de ne pas reproduire l’exemple de Casablanca. Il s’agit d’un dossier épineux et complexe qui présente des difficultés sérieuses d’ordre technique et social.

Le premier problème posé est d’éviter que le réseau de bus constituera un danger pour la pérennité du futur tramway, dont la mise en service est prévue pour 2010. «Notre but est de parvenir à instaurer une complémentarité entre ces deux modes de transport dans le cadre d’un système de circulation efficace avec un coût supportable pour la collectivité», précise le même responsable de la wilaya. Pour satisfaire cet objectif, la ville s’est engagée dans un long processus de négociations avec les trois candidats. Sur ce point, on doit retenir que les tarifs proposés ont été intéressants. La concurrence a bien joué au profit des usagers: les prix proposés sont inférieurs par rapport à ceux pratiqués actuellement. Toujours sur le même chapitre, il faut noter qu’un délai d’une année a été accordé au futur gestionnaire pour renouveler son parc de matériel roulant. Les bus à mettre en circulation seront d’une meilleure qualité et en conformité avec les normes internationales, révèle la même source.

Ces véhicules seront équipés d’un système de communication à distance (GPS) ainsi que des caméras de surveillance et de contrôle. Sur le plan social, il faut trouver une solution pour la plupart du personnel appartenant aux différentes sociétés de transport privé sans oublier ceux de l’ex-Régie autonome de transport urbain de Rabat. Lors des négociations avec les candidats, il a été convenu que le futur opérateur procède au recrutement de ces employés dont le nombre avoisine les 2.000 personnes. Et ce dans le cadre d’un regroupement avec la grande partie des transporteurs privés.

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Des obstacles



Le bras de fer qui perdure depuis 5 mois entre deux grands opérateurs sur l’exploitation de la ligne 55 et 42 risque de bloquer ou perturber la mise en service de cette gestion déléguée. Il s’agit de Karama bus et de la société STAB (Bouzid). Cette dernière accuse la première de pratiquer une concurrence déloyale dans une ligne exploitée illégalement. Pour El Joumani Sidi Brahim, directeur de Karama Bus, la compagnie STAB ne veut pas de concurrent au niveau de Salé considéré comme son territoire protégé. Mais à travers ce conflit, El Joumani veut marquer son opposition à l’externalisation du service en faveur d’un opérateur étranger, alors qu’il estime que sa société est en mesure de relever le défi. Durant ces derniers mois, il a procédé à l’acquisition de 44 bus neufs. «Mais cela est insuffisant pour acquérir le professionnalisme nécessaire à l’activité», estime un responsable de la ville.

Nour Eddine EL AISSI

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22 mai 2008

Mawazine : Blues à Ryad

Au fil des soirées, Mawazine gagne de plus en plus de terrain sur les activités quotidiennes du monde rbati.

La répartition équitable par genre musical et par artiste, en plus du timing des concerts, a réuni les mélomanes chacun autour de sa scène, mais surtout, a réussi à joindre les indécis et les curieux au rang de fidèles attachés aux lieux de concert qui leurs sont proches. Les concerts se suivent et se ressemblent par leur éblouissement, le nombre d’assistance augmente.

Cette édition, en bon relais de tous les goûts, semble avoir été réfléchie de manière à toucher tous les habitants de Rabat, renversant le stéréotype voulant que le style musical soit intimement lié à la classe sociale. Le constat fut visible mardi soir: des assidus de l’harmonica et fanas du blues aux mères de familles en djellabas accompagnées de leur progéniture, la société miniaturisée était venue s’enquérir de la véracité de la bonne réputation précédant l’arrivée du groupe. Matthew Skoller et sa bande de vétérans sont venus au Maroc avec l’étiquette de l’« avant-garde d’une génération découverte et formée par les célébrités de la scène blues », il fallait en donner la preuve devant quelque trois cents personnes que la scène de Hay Ryad avait du mal à contenir.


Un grand chapeau à Matthew Skoller, actif à l’harmonica et au chant, qui n’oublie pas de saluer chaque tirade acoustique du guitariste Lurrie Bell, et réclamer de chauds applaudissements pour les swings de son claviériste. Leur musique est fondée sur l’harmonica. Leur dernier album, « These kind of blues » est un recueil de sept chansons originales, reflet du titre de l’opus, en plus de reprises des titres de Junior Parker, James Cotton et Jimmy Reed. Matthew Skoller Band pratique un blues qui s’inscrit dans la pure tradition du genre, par l’orchestration basée uniquement sur les instruments de musique sans le concours des ordinateurs ou synthétiseurs.

On a eu le temps aussi d’apprécier un groupe issu de Cologne, en Allemagne, les Schäl Sick Brass Band. Après avoir mis l’assistance devant une variété nouvelle de jazz lundi dernier sur la scène de Qamra, il était prévisible que l’impact laissé allait générer l’intérêt pour la soirée du mardi.

Chose constatée de visu puisque avant même leur entrée sur scène, leur style faisait l’objet de débats savants parmi les connaisseurs présents en masse. Les Schäl Sick Brass Band sont les inventeurs de la fanfare jazzistico-ethnique. Le groupe concilie tradition des cuivres, jazz et sonorités orienta Le SSBB est un ensemble de cuivres, adepte de mélodies douces et de sons percutants, entre poésie persane chanté par un souffle germanique, la musique turque accompagne les accents venus d’Orient. Ils trouvent aussi des sources d’inspiration à portée de main, puisant dans le bouillonnement culturel dont l’Allemagne est si fière.

Illias Mesnaoui

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20 mai 2008

Festival Mawâzine : près de 30.000 spectateurs pour voir Ziggy Marley


Ziggy Marley, fils du mythique Bob Marley, a enchanté la scène Qamra à Rabat samedi soir. Figure importante du reggae, Ziggy a su se faire un prénom et imposer son style durant les 10 dernières années.

Quelque 30.000 spectateurs étaient présents, selon les estimations des organisateurs du festival Mawâzine, à la scène Qamra pour assister au concert de Ziggy Marley, fils du mythique Bob Marley. Dès les premières notes, le public rbati s’est mis dans le bain du reggae. Soutenu par son groupe (Carl «Santa» Davis, à la batterie, Sticky aux percussions, le guitariste japonais Takeshi Akimoto, du collectif Dub de Tokyo Dry & Heavy, le bassiste Pablo Stennett, et la ravissante choriste Jessy), Ziggy a alterné, dans ce concert, entre tubes des Wailers et titres issus de son dernier album «Love is my religion».

Ziggy a envoûté le public marocain. On croyait entendre et voir Bob Marley. Tout le monde fredonnait avec lui les fameuses chansons de son père notamment «Is this love», «No woman no cry», «Africa unit».


Mais même si l’aîné de la dynastie Marley imite à merveille son père, en reproduisant son fameux timbre vocal et ses emblématiques pas de danse, il n’en possède pas moins son propre style. Musicalement, Ziggy s’est émancipé du «strictly» reggae, allant tâter vers des styles comme la soca, la soul, le ragga, le R’n’B.
De même, au niveau de thématique, il semble avoir fait de l’amour sa religion. Sachant que le reggae est un style qui aborde par essence des sujets politiques et sociaux, Ziggy, lui, l’utilise à des fins plus spirituels. «Mon objectif est de propager l’amour. J’évoque dans mes chansons des expériences personnelles, et je ne me sens pas obligé de parler des problèmes sociaux et politiques du monde. Parce que je crois que ces aspects sont éphémères et que le retour à la spiritualité est le remède le plus efficace à tous les maux de l’humanité», avait-il déclaré lors d’une conférence de presse organisée avant son concert, ajoutant : «ma mission est celle de ramener une énergie positive et un peu de lumière dans l’obscurité du monde». Ainsi «L’amour est ma religion», un message que le monde a besoin d’entendre, a été merveilleusement chanté et scandé par Ziggy sur la scène Qamra ce samedi à Rabat. Selon lui, «l’amour est ce qui unifie tous les peuples. Il doit être prêché dans les églises, mosquées et synagogues». Il a également chanté parmi d’autres chansons de son dernier album «Black cat» (Chat Noir), un titre contre le racisme, les préjugés et la superstition. Il y dit: «chat noir, viens me visiter ! ... tu es beau. Pourquoi tout le monde court en te voyant. Est-ce que quelqu’un t’as-t-il jamais dit je t’aime...».

Né en 1968 à Kingston en Jamaïque, c’est à 17 ans qu’il sort son premier album «Play the game Right» en compagnie de The Melody Makers, formation dans laquelle il joue avec ses frères et soeurs. Suivent 5 albums : «Hey world!», «Consious Party», en 1988, «One Bright day», en 1991 Jahmeyka et en 1993 «Joy and blus». Parallèlement, Ziggy monte son propre label «Gehetto Youth United E à kingston» avec lequel il enregistre «Free like we want 2 B» en 1995, puis «Fallen is Babylon», «The spirit of music» en 1999, et enfin «Love is my religion» en 2006, qui remporte le titre de meilleur album reggae lors des Grammy Awads 2007. Figure importante du reggae, Ziggy Marley a su se faire un prénom et imposer son style durant les 10 dernières années. «J’ai été très touché par l’hospitalité du peuple marocain et j'ai un grand estime pour SM le Roi Mohammed VI. Et tout au long de mon séjour au Maroc, je n’ai senti que de bonnes vibrations» avait-il déclaré.

Le 20-5-2008
Par : Amine Harmach

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19 mai 2008

Festival Mawazine - le rendez-vous des «poids lourds»



· Parade d’ouverture et feux d’artifice pour démarrer

· Un replay de la fête de la musique à Rabat



La 7e édition du festival Mawazine a démarré en grande pompe vendredi dernier. Jamais Rabat, réputée pour son calme et sa quiétude, n’a été aussi animée l’espace d’une soirée. Les visages sont décrispés et l’humeur joyeuse. C’est à croire que le public de Rabat n’attendait que l’occasion pour faire la fête.

Et le lancement de cette première soirée en dit long, toutes les lumières de la ville ont été éteintes pour l’occasion afin de laisser la place à un immense feu d’artifice. Impressionnant ! Il y a eu ensuite la parade d’ouverture des Xarxa Teatre d’Espagne et les Mariachis Real de Oro du Mexique qui ont sillonné toute la nuit les grandes artères de la ville. C’est une véritable fête de la musique, comme il se fait chaque année en Europe. Le concept de l’évènement est simple: celui de proposer plusieurs spectacles en même temps, le public s’arrêtant au gré de son humeur pour admirer celui de son choix. En effet, c’est l’état d’esprit que recherchaient les organisateurs: donner la même chance aux artistes et amener le public à circuler dans la ville. Pari gagné. Un monde fou dans les rues et des embouteillages jusqu’à onze heures du soir!

Pour le concert inaugural, les Rbatis ont eu droit à un poids lourd du jazz. George Benson, avec son légendaire morceau «Give me the night» et son jeu particulier qui consiste à chanter simultanément les notes des solos improvisés à la guitare, a enflammé la scène du Bouregreg. D’ailleurs, à chacune de ses apparitions, il se voit offrir des ponts d’or. Et à Rabat, ça n’a pas raté. Certains n’en croyaient toujours pas leurs yeux de voir leur idole dont les chansons ont bercés leur jeunesse. Samedi soir, les mordus de musique arabe ont pu admirer la superstar d’origine syrienne à la voie rauque et sensuelle, Assala Nasri, vêtue d’un superbe caftan. Un échange fructueux entre l’artiste et son public marocain. Non loin de là, sur la scène Qamra, un tout autre style musical, le reggae et l’une de ses figures importantes, Ziggy Marley, qui n’est autre que le fils aîné de Bob Marley. Et le public aussi était d’un autre style: populaire, jeune et passionné de Reggae. L’émotion était à son comble lorsque Ziggy a repris, pour le plaisir de tous, un morceau de son illustre père, «I wanna love you». A proximité de la scène place Moulay Al Hassan, on pouvait entendre à des kilomètres à la ronde le rythme des Oulad Benaguida, de Mustapha Bourgogne et les chants populaires du Maroc. Dimanche soir, c’était au tour des groupes marocains de musique urbaine, idole de la nouvelle génération de donner leur représenation: Fnaïre, H-Kayne.

La séduisante Nancy Ajram a réussi aussi à capter la foule. Voilà ce qu’était Rabat ce week-end, de la musique dans chaque quartier, des gens qui dansent dans la rue, des grands-mères, des enfants, des adolescents…, le festival s’adressant à toutes les tranches d’âge. L’évènement se poursuit encore cette semaine jusqu’au week-end prochain. Que la fête continue donc…

Saluons au passage, en particulier, l’organisation qui est allée bien au-delà de toutes les attentes, et les forces de l’ordre qui ont veillé à ce qu’il n’y ait aucune fausse note à la fête.

Jihane KABBAJ

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18 mai 2008

90 millions d'euros pour le tramway de Rabat



Alstom a signé avec l'Agence pour l'Aménagement de la Vallée du Bouregreg (AAVB) un contrat de 90 millions d'euros pour la fourniture de 22 rames de deux voitures de tramways Citadis destinées au futur réseau de Rabat-Salé.

Articles liés - Partenariat TGV à long terme avec le Maroc

Cette signature entérine l'attribution du contrat à Alstom par l'AAVB annoncée en octobre 2007. Alstom assurera aussi la formation des équipes dédiées à la conduite et à la maintenance des tramways. Le projet sera soutenu par un financement du Ministère français de l'Economie, des Finances et de l'Emploi.

Le contrat prévoit également une option d'un montant de 45 millions d'euros supplémentaires pour la fourniture de 8 rames additionnelles de deux voitures, la maintenance de la flotte pour une période de 5 ans et un stock de pièces détachées.

La livraison des Citadis débutera au premier semestre 2010 et s'échelonnera jusqu'à fin 2011 au rythme de 3 rames par mois. La mise en service commercial du réseau est planifiée pour 2010. Le projet prévoit la construction de deux lignes de tramways supplémentaires.


Munis d'un plancher bas intégral, ces tramways pourront transporter jusqu'à 500 passagers par rame à une vitesse de 70 km/h. Ils circuleront sur les deux lignes du réseau qui reliera les centres villes de Rabat et de Salé et desservira les principaux pôles d'activité. D'une longueur totale de 19 km, avec un tronc commun au niveau du franchissement du fleuve Bouregreg, ce réseau comportera 39 stations. Avec une fréquence de passage toutes les 8 minutes, il pourra transporter plus de 172 000 passagers par jour (51 millions par an).

La réalisation du futur réseau de tramway fait partie du grand projet d'aménagement de la vallée du Bouregreg (oued séparant Rabat de la commune voisine de Salé), lancé par Sa Majesté Le Roi Mohammed VI en janvier 2006. Portant sur une zone globale d'environ 6000 hectares, l'aménagement de la vallée du Bouregreg vise à dynamiser ce site et à promouvoir l'espace dans le strict respect de critères environnementaux élevés. Le tramway permettra de réduire considérablement les encombrements routiers entre Rabat et Salé, auxquels sont confrontées quotidiennement les 650 000 personnes qui circulent entre les deux agglomérations.

Présent au Maroc depuis plus de 40 ans, Alstom est au premier rang des fournisseurs de l'Office National des Chemins de Fer marocain (ONCF) pour le matériel roulant et la signalisation.

David Herrgott

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15 mai 2008

Jazz au Chellah: Etonnantes fusions


Une quinzaine d’artistes marocains et étrangers

Les préparatifs pour le festival Jazz au Chellah, prévu du 12 au 16 juin à Rabat, vont bon train. Cette treizième édition, qui s’impose désormais comme un événement incontournable pour les amateurs de jazz et de fusion, est organisée par la délégation de la Commission européenne au Maroc conjointement avec les ambassades et instituts culturels des Etats membres de l’UE.


Jérôme Cassiers, conseiller politique, commercial et culturel à la délégation, a indiqué au cours de la conférence de presse que l’objectif premier de ce festival est le dialogue, l’échange et le partage. En effet, comme chaque année, des Marocains et des Européens joueront et chanteront ensemble, ce qui donne très souvent un résultant étonnant et extraordinaire. Le budget du festival n’est pas très élevé: quelques dizaines de milliers de DH seulement. Et le financement est assuré par les organisateurs. Cette année, une quinzaine d’artistes seront présents.

Le trio autrichien de Wolfgang Muthspiel (guitare) se produira avec Youssef Dhafer (oud). «Ils seront accompagnés par la voix magique et la flûte du génial Saïd Nouiar», indique Habib Achour, directeur artistique du festival, passionné de musique et de jazz. Au programme aussi, l’électro jazz hollandais du groupe State of Monc qui jouera en fusion avec le violoniste Ahmed Cherkani et le percussionniste Abdellah Allaoui. Hassan Boussou, en digne héritier de son père feu Hmida Boussou, portera bien son patrimoine gnaoui à la rencontre des sons du balafon de Lansiné Kouyaté.

Flavio Boltro, le fougueux trompettiste italien, additionnera son énergie au percussionniste Jauck El Maleh et au oud de Youssef Oulmadani. Et pour clôturer cette 13e édition, une rencontre au sommet à mettre sur l’agenda de tous: le plus beau trio de jazz métissé (Majid Bekkas, Joachim Khün et Ramon Lopez). Ces derniers nous présentent pour la première fois au Maroc le projet Kalimba, qui compte parmi les 10 meilleurs albums jazz de 2007.

N. B.

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Blues, salsa, rap... à Mawazine

·Près de 1.200 artistes étrangers se déplaceront pour l’occasion

· Des millions de visiteurs sont attendus


C’est demain 16 mai que le festival «Mawazine» va ouvrirses portes.Une grande fête de la musique en perspective! Pendant 9 jours, jusqu’au 24 mai, Rabat vibrera à des rythmes très divers (jazz, blues, salsa, rap, chaâbi, en passant par les Gnaouas…). Même les grandes artères de la ville seront animées avec des concerts en plein air. Pour cette troisième édition, neuf scènes abriteront un total de 103 concerts et près de 1.200 artistes, chanteurs et musiciens étrangers se déplaceront pour l’occasion. «Le festival a pris cette année une grande ampleur. Il s’agit du plus grand festival d’Afrique et d’un des plus grands au monde», assure Aziz Daki, directeur artistique du festival. Le budget avoisine les 22 millions de DH, indique-t-on auprès de l’association Maroc Culture, organisatrice du festival.

L’Américain George Benson se produira en ouverture du festival le vendredi 16 mai à la scène Bouregreg à Rabat et la grande star Whitney Houston le clôturera en beauté le samedi 24 mai à la scène Nahda.

La programmation est riche et variée et il y en aura pour tous les goûts. La scène Bouregreg va accueillir chaque soir de grandes stars: Los van van (Cuba), Los Delinquentes (Espagne), Amparanoia (Espagne), Issac Delgado (Cuba), Dee Dee Bridgewater (USA), Daniela Mercury (Brésil), El Bicho (Espagne) et Juanès (Colombie).

La scène Qamra abritera des concerts d’artistes marocains et algériens en majorité (Fnaîre, Orchestre national de Barbès, Bilal, Natacha Atlas, Latifa Raafat, Hoba Hoba Spirit, Darga et Kassav entre autres). La scène Hay Ryad accueillera aussi de grands noms comme David Vendetta, DJ Grace kelly, Matthew Skoller et beaucoup d’autres. De grandes stars arabes sont attendues sur la scène Nahda (Nancy Ajram, Assala, Jil Jilala, Lamchaheb, Nass El Ghiwane, Diana Haddad, Amr Diab, Fadel Chakir, Saber Roubaï). La scène Moulay Hassan abritera une quinzaine de concerts d’artistes marocains dont certains sont connus et d’autres le sont moins. Le théâtre Mohammed V recevra pour sa part Al Di Meola (USA), Biyouna (Algérie), Christiana Branco (Portugal) et beaucoup d’autres. Chellah et la Villa des Arts ne seront pas en reste. Des stars internationales d’Amérique, d’Europe et d’Asie y sont attendues. Les grandes artères de Rabat seront elles aussi animées avec les groupes espagnol et mexicain Xarxa Teatre et Mariachi Real De Oro. Enfin, la scène Nouzhat Hassan abritera «Génération Mawazine», un concours de jeunes artistes marocains.
A noter que les petites scènes (Chellah, Villa des Arts, place Moulay Hassan, Nouzhat Hassan et le théâtre Mohammed V) seront payantes, pour éviter les débordements (entre 50 et 150 DH). Elles peuvent accueillir entre 600 et 5.000 personnes. Les grandes scènes (Bouregreg, Qamra, Hay Ryad et Nahda), qui peuvent elles accueillir jusqu’à 30.000 personnes chacune, seront gratuites à 80%. Des espaces aménagés avec places assises, seront payants, avec des billets de 200 ou 300 DH en majorité. Pour le concert de Whitney Houston cependant, des places assises sont proposées à 800 DH.

Les billets sont disponibles au théâtre Mohammed V à Rabat et au Megarama et à l’agence Maroc Telecom au Twin center à Casablanca.
A noter que les organisateurs s’attendent à recevoir plusieurs millions de visiteurs.

Côté sécurité, les forces de police et la sécurité nationale seront mobilisées pour l’occasion, afin que tous les concerts se déroulent dans de bonnes conditions, et pour éviter tout risque de débordement. Les stars seront protégées par des gardes du corps.

Nadia BELKHAYAT

le programme 2008 de MAWAZINE en format pdf

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Mawazine : “Le plus grand festival en Afrique et l’une des plus grandes manifestations musicales au monde.”




Ce soir, à Rabat, va débuter la septième édition du festival Mawazine avec un concert exceptionnel de Georges Benson... Jusqu'au 24 mai, les différentes scènes installées dans la capitale du Royaume, comme l'explique Aziz Daki, Directeur artistique de l'événement, vont vibrer au rythme d'un panel impressionnant d'artistes internationaux et marocains.

Mawazine va souffler sa septième bougie sous le thème de la musique tsigane et du jazz. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Le jazz et la musique tsigane sont plutôt des fils rouges qui traversent de bout en bout la programmation. Vous avez raison de les souligner, mais le Mawazine de cette année ne se limite pas à ces deux genres, représentés par les meilleurs artistes du moment. Nous avons Taraf de Haidouks, considéré comme le meilleur groupe de musiques tsiganes par les observateurs et l’inclassable Goran Bregovic qui se produit à Rabat avec un orchestre formé de 39 musiciens et choristes. Un très grand moment musical en perspective. Pour le jazz, il suffit de dire que certains noms légendaires, comme George Benson, Al Di Meola ou Dee Dee Bridgewater, sont là pour se convaincre de la qualité de la programmation.

Chaque soir, à la fois des têtes d’affiche internationales, mais aussi des découvertes… C’est un peu ça la philosophie de Mawazine, non ?

L’orientation du Président du festival, M. Majidi, est claire dans ce sens: pas de temps mort ou de relâchement pendant les neuf jours du festival. Il y a bien entendu des pics pendant le week-end, mais chaque jour se produit un artiste qui ferait la réussite à lui seul de n’importe quel festival de musiques du monde. A côté des têtes d’affiches, Mawazine permet de découvrir de nombreux artistes et formations qui ne se sont jamais produits au Maroc. La scène du Chellah et le théâtre Mohammed V permettent des rencontres inédites. Les grandes scènes aussi.

Une programmation digne des plus grands rendez-vous européens ?

Nous sommes débordés par les demandes d’agents, de professionnels des spectacles et même des artistes qui souhaitent prolonger leur séjour à Rabat pour assister à d’autres concerts. Beaucoup de journalistes internationaux nous disent que la 7ème édition de Mawazine en fait le plus grand festival en Afrique et l’une des plus grandes manifestations musicales au monde. Mais nous sommes trop dedans pour nous en rendre compte.

Une programmation pour tous les goûts ?

Une programmation plutôt diversifiée mais qui obéit au concept fondateur du festival: les musiques africaines et les rythmes d’Amérique latine avec une ouverture sur la chanson arabe et les expressions musicales au Maroc. Tout un chacun, aussi exigeant soit-il, va trouver des concerts à son goût. Nous voulons aussi attirer un très large public, c’est pour cela que nous avons privilégié des artistes qui attirent des foules comme Whitney Houston, Juanes, Ziggy Marley, Nass El Ghiwane, Amr Diab, Nancy Ajram ou Assala Nasri.

Des exclusivités aussi ?

Juanes, Ziggy Marley, Los Van Van, Rokia Traoré, Freshly Ground, Cristina Branco, Daniela Mercury, Biyouna et bien d’autres se produisent pour la première fois au Maroc. Et nombre d’artistes ont une actualité : ils viennent de sortir un album ou sont en train de le faire.

Enfin, pouvez-vous dresser un portrait du public marocain ?

Le public marocain est très exigeant. Je pense que nous répondons à cette exigence avec la 7ème édition du festival Mawazine.

Auteur : Propos recueillis par S.G

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14 mai 2008

Plateau d’Akrach : du foncier pour casser à la spéculation


- Mais aussi pour conforter le schéma d’urbanisation de Rabat-Salé

L’ouverture à l’urbanisation du plateau d’Akrach constitue pour la ville de Rabat un enjeu majeur. C’est le premier constat dressé par les rédacteurs du rapport justifiant l’urgence et l’opportunité du projet. D’abord pour la maîtrise du développement urbain de la capitale administrative. Pour être au diapason, ensuite, de la nouvelle politique des pouvoirs publics qui prend de plus en plus en considération l’impact des instruments d’urbanisme sur le devenir des villes. Politique axée sur la couverture la plus large possible du territoire en documents d’urbanisme et la mise en place d’institutions de gestion et de contrôle de l’évolution urbaine. Et le réservoir foncier que constitue le plateau d’Akrach s’y prête à merveille pour réaliser ce double objectif.

Plus encore, sa mobilisation s’avère être une urgence pressante. En raison de la forte spéculation foncière ambiante avec tout son lot de conséquences néfastes sur le marché de l’immobilier et, partant, l’exclusion des populations vers les périphéries démunies de toute infrastructure de base. Mais aussi pour renouer avec la dynamique imprimée à l’urbanisation générale de la ville de Rabat et son environnement. A travers notamment le lancement de projets structurants au rayonnement régional et national comme la création de la ville de Tamesna, l’aménagement de la vallée du Bouregreg ou encore celui de la Corniche de l’Atlantique. Cette nouvelle dynamique porteuse d’investissements et donc de développement économique et social, est de nature à réguler le marché de l’immobilier dans toutes ses composantes: habitat, services, équipements, activités économiques et commerciales.

Inséré dans cette vision urbanistique cohérente, le plateau d’Akrach peut, à l’évidence, conforter cette dynamique. Mais encore faut-il lui assurer toutes les conditions de réussite. A commencer par une forte action volontariste de la part des pouvoirs publics. «Dans ce sens, la mise en place d’une structure institutionnelle jouissant à la fois des prérogatives de la puissance publique et de la souplesse pour une gestion efficiente ouverte aux partenaires sociaux, reste le préalable incontournable», est-il recommandé.

Surtout que le site met en équation des propriétaires terriens et les autorités en charge de l’aménagement urbain (voir article page 4). Aussi ne faut-il point s’étonner si les promoteurs du projet favorisent le scénario visant la mise en place d’une structure mixte associant les propriétaires des terrains à un organisme de droit public. Les premiers avec leur apport en foncier et le second fournissant expertise et garantie pour la levée des fonds.

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Les atouts du site

Le premier atout du plateau d’Akrach tient d’abord à l’importance de la réserve foncière qu’il recèle pour l’extension de la ville de Rabat: 1.010 ha dont 920 sont urbanisables. Cette superficie peut recueillir 200.000 habitants. En outre, le site dispose d’un environnement construit abritant aussi bien l’habitat collectif que le résidentiel. D’où une mine d’activités socio-économiques. En troisième lieu, le site bénéficie d’un emplacement en hauteur de grande qualité avec vue sur la Tour Hassan, la Kasbah des Oudayas, la Médina…

Enfin, il ne présente pas de difficultés relatives à son assainissement et son équipement en réseaux. Seul bémol, ses liaisons avec l’agglomération de Rabat-Salé, et des ouvrages d’art seront nécessaires pour la traversée de la rocade.

A. G.

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Une nouvelle ville aux portes de Rabat


· Ultime étape pour l’aménagement du plateau d’Akrach

· Un site de 1.100 ha pour abriter 200.000 habitants.


Le foncier est devenu rare à Rabat. D’où la flambée des prix de l’immobilier. Pour pallier cette situation, plusieurs projets urbanistiques ont été lancés dans la périphérie de la capitale. Mais l’offre n’arrive pas encore à suivre une demande galopante et souvent attisée par une spéculation à toute épreuve. Et le projet d’aménagement et d’ouverture à l’urbanisation du plateau d’Akrach est considéré, dans ce cadre, comme ultime solution. Pour lutter contre la rareté du foncier, mais aussi pour maîtriser le développement urbain durant les prochaines décennies.



D’une superficie de 1.109 ha, le plateau est situé au sud de la capitale surplombant les quartiers de Takaddoum et Youssoufia ainsi que la vallée de Bouregreg. Pour ce faire, les responsables de la ville ont lancé la préparation d’un plan d’aménagement de cette zone. Ce travail a été piloté par l’Agence urbaine de Rabat et adopté en décembre 2006 par le conseil de la ville. «Aujourd’hui, il vient de franchir la dernière étape de son homologation», précise un responsable de l’Agence urbaine de Rabat. En effet, le plan a été validé en mars dernier par la commission centrale. Il sera déposé incessamment via le ministère de l’Habitat au secrétariat général du gouvernement pour examen et publication dans le Bulletin officiel.

Un rapport justificatif a été également établi. «Ce document est destiné aux décideurs pour les éclairer sur les différents scénarios à adopter pour l’aménagement de ce plateau», indique la même source. Le choix n’est pas facile, car le projet présente une situation particulière. Le terrain n’appartient pas au Domaine de l’Etat comme c’est le cas à Hay Ryad ou pour la nouvelle ville de Tamesna. Cette zone est composée de plusieurs parcelles appartenant à des particuliers, dont 20% possèdent plus de 80% de la superficie du plateau. D’où la multiplicité d’approches retenues pour la gestion du projet. En effet, le rapport retient trois options.

La première consiste en un aménagement classique basé sur les lotissements individuels. Cette démarche nécessite des conditions préalables pour une ouverture progressive à l’urbanisation du plateau. Entre autres, on peut retenir la réalisation des voies d’aménagement par la commune urbaine. Mais encore faut-il s’assurer l’adhésion et l’engagement des différents propriétaires pour la réalisation des infrastructures. N’empêche que cette option est porteuse de difficultés au niveau de la maîtrise de la planification des réalisations à même de garantir la cohérence et la qualité du projet dans son ensemble. A cela s’ajoutent les difficultés de mobilisation du financement global nécessaire à l’aménagement et à la réalisation des équipements.

Le deuxième scénario envisagé propose de confier cette mission à un organisme public appelé: Société d’équipement du plateau d’Akrach. Cette expérience a été déjà pratiquée pour les projets de Hay Ryad à Rabat et de Sala El Jadida à Salé. Cette société devrait chapeauter le projet depuis la mobilisation des fonds jusqu’à la valorisation des opérations immobilières, en passant par la réalisation et le suivi des travaux. L’avantage de cette option est d’assurer une valorisation et un phasage maîtrisé du projet avec un respect des objectifs urbanistiques arrêtés. Elle permet également d’assurer une participation équitable des propriétaires aux frais d’équipements. Quant au dernier scénario, il consiste en la création d’une société mixte pour l’aménagement du plateau d’Akrach. L’avantage de cette démarche est de permettre de conjuguer les efforts du secteur public et des opérateurs privés dans le cadre d’un partenariat auquel seront associés les propriétaires par un apport de leurs terrains. Le capital de cette entité sera constitué de deux types d’apports: le foncier et le capital-investissement.

Parmi les autres avantages de ce dernier scénario figure l’opportunité d’éviter les interventions ponctuelle et partielle au gré de la disponibilité et des prix du foncier. Propriétaires et investisseurs auront ainsi une meilleure visibilité pour parer à la spéculation. Selon des sources proches du dossier, c’est Al Omrane qui pilotera ce projet, en partenariat avec les grands propriétaires, qui possèdent 80% des terrains. Cette démarche facilitera la mobilisation des fonds pour réaliser l’aménagement du site dont le coût avoisine les 2 milliards de DH. Ce montant couvrira les travaux de voirie, d’assainissement et de branchement aux réseaux d’eau et d’électricité. Sur le plan urbanistique, le projet apporte une vision prospective pour une nouvelle cité d’une capacité d’accueil de près de 200.000 habitants. En effet la variété des zonages proposée introduit des produits jusque-là inexistants sur le marché, comme des immeubles de grandes hauteurs: jusqu’à R+10 étages. Ce projet permet de doter la capitale d’un grand pôle urbain et commercial avec des infrastructures et des équipements modernes. Mais la réalisation de ce grand chantier a besoin d’une décision de haut niveau, comme c’est le cas pour le projet d’aménagement de la vallée de Bouregreg.

Nour Eddine EL AISSI

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Rabat - Une ville touristique à fort potentiel



Une ville touristique à fort potentiel
La cité dispose d'une capacité de 5.200 lits



Capitale administrative, politique et diplomatique du Royaume, Rabat est devenue, depuis quelques années, la destination touristique privilégiée d'une clientèle haut de gamme.

Avec un taux d'occupation de 55 %, soit 6 % de plus que la moyenne nationale, elle conforte son positionnement d'une ville touristique prestigieuse. Malgré la ‘'croissance vertigineuse'' de la ville de Marrakech, Rabat demeure la sixième destination touristique du Maroc. Elle dispose, à fin 2007, d'une capacité de 5.200 lits et compte 309.000 arrivées et 636.000 nuitées. Cette évolution de la capacité hôtelière est un indicateur avéré de tous les chantiers réalisés ou en cours d'achèvement ayant fait de la capitale une destination touristique incontournable. Avec le réaménagement de sa vieille médina, ses ‘'scalas'', ses ‘'bordjs'', ses ruelles, ses places, ses espaces verts… Rabat ‘'attise'' l'intérêt par son héritage arabo-mauresque et sa légende des deux rives.


«Pluriculturelle, Rabat est, comme le souligne Hassan Amrani, wali de la région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaërs, un carrefour où se sont croisées différentes civilisations et histoires. Par sa mixité, elle est unique en son genre et préserve une identité qui lui est propre ». Une identité qui fait sa force actuelle. Grâce à cette diversité culturelle, cette ville présente tous les atouts touristiques à fort potentiel: un tourisme culturel à travers la richesse de ses patrimoines historique et artisanal et le secteur balnéaire avec l'agencement de la future corniche s'étendant sur 13 km et la création de nouvelles zones touristiques le long du littoral de Skhirat et du littoral de Salé.

La réalisation de plusieurs grands projets, dont l'aménagement des rives du Bouregreg et le développement de nouveaux sites touristiques, y compris ceux qui voient le jour dans le monde rural comme la réalisation de la station touristique de Dayt Roumi où un hôtel 5 étoiles est né ainsi que des espaces de loisirs, projette la capitale et sa région dans une vision touristique d'envergure. Une vision qui tend à positionner Rabat sur tous les circuits de distribution à forte contribution: congrès, culture, shopping, écotourisme… Un positionnement réussi puisque grâce à ses infrastructures performantes, Rabat a connu l'augmentation du nombre des hôtels 5* avec plus de 15 % durant les trois dernières années et une baisse notoire de 19 % des hôtels 2*.

Face à cette évolution, cette cité ambitionne, dans le cadre de la Vision touristique 2012, d'augmenter la capacité litière à 10.000 lits, soit la création de 30 nouveaux hôtels, de recevoir 640.000 touristes, soit un plus de 290.000 et de réaliser 1 million de nuitées.

Des objectifs réalisés à plus de 63 % grâce à la mobilisation de tous les professionnels du tourisme, mettant leur expérience professionnelle à profit pour la commercialisation de la capitale, de la wilaya de la région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaërs et des collectivités qui veillent à la réhabilitation des infrastructures de la ville. Autant de projets réussis qui ont fait de Rabat une ville où la sécurité est assurée, où l'urbanisme se développe de manière maîtrisée accordant une part de plus en plus large aux services qualifiés (banques, assurances, professions libérales, grande distribution…) et où s'est affirmée la dimension d'un aspect culturel qui concurrence celui de Fès.

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Communales 2009

Le réseau Maillage Maroc a lancé, à Rabat, l'initiative "Fais entendre ta voix" dans l'objectif de sensibiliser les jeunes à la participation aux élections communales de 2009. S'exprimant lors de cette rencontre, qui s'est déroulée en présence de plusieurs personnalités, dont Ahmed Herzenni, président du Conseil consultatif des droits de l'homme (CCDH), Mohamed Maliki, vice-président de Lions Club, et Mme Aziza Aouad, expert en développement humain, les jeunes ont mis l'accent sur le faible taux de participation qui a marqué les dernières élections législatives du 7 septembre 2007. Ils ont également appelé les jeunes à participer massivement aux prochaines échéances électorales afin de faire entendre leurs voix et participer à la gestion de leurs communes

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13 mai 2008

Exposition Photo : «Regard sur Rabat» de Michel Nachef


Les photographies de l’artiste Michel Nachef seront accrochées aux murs de la Villa des Arts de Rabat du 16 au 25 Mai 2008.

C’est à celui qui a eu pour mission de repérer des sites anciens dans 10 villes du royaume que nous rendons hommage. Il a crée ainsi la collection «repère de mémoire» avec un souci de laisser aux générations à venir la mémoire de notre patrimoine architecturale. Son exposition s’intitule «Regard sur Rabat». Michel Nachef, dans son originalité et sa fragilité, parcourt les méandres de la médina, à la rencontre de ses habitants.

Face à l’ordonnance architecturale, le photographe privilégie les longues perspectives, les rues qui s’enfoncent jusqu’au cœur de la cité ancienne et offrent une ombre bienfaisante à ses habitants. Ici, Nachef capte deux femmes, de dos, elles s’avancent ensemble, l’une porte un foulard, l’autre non.

Là, il s’empare de la solitude de deux hommes, ils sont deux, eux aussi, mais ne se rejoignent pas, jusque dans leur corps ils sont différents, l’un porte l’habit traditionnel, l’autre porte pull et pantalon, pauvres vêtements universels. Presque jamais de vide intégral, d’absence humaine, toujours les murs encadrent les passants, cependant, il arrive que des personnages semblent prêts à disparaître, à sortir du champ, tant ce qui a retenu l’œil du photographe est ce mur blessé, autour duquel se rythme la vie.
13/5/2008

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Guerre de pouvoirs à Rabat entre Chaâbi et Bahraoui

· Le maire Bahraoui arrête une construction de Chaâbi-père

· Fawzi, le fils, accuse la ville de bloquer les projets de la famille


C’est de notoriété publique. Les rapports entre la famille Chaâbi et le maire de Rabat Omar Bahraoui ne sont pas au beau fixe. La dernière frasque en date entre les deux parties concerne l’arrêt d’un chantier appartenant à Miloud Chaâbi. «Les services de la commune de Rabat ont décidé l’arrêt des travaux concernant un chantier de Chaâbi situé au niveau de l’avenue Imam Malik dans le quartier Souissi», confie-t-on auprès de la commune urbaine de Rabat, en prenant soin de souligner que le chantier qui appartient à Chaâbi-père se trouve dans l’arrondissement présidé par le fils. Selon la commune, Chaâbi a deux options: «Il doit démolir toute la partie non conforme, ou bien réaliser un plan modificatif». Contacté par L’Economiste, Fawzi Chaâbi confirme le «blocage du chantier». Il précise néanmoins qu’il ne s’agit «que d’un dépassement de quelques centimètres au niveau du sous-sol». Chaâbi-fils ajoute qu’il «connaît des maisons et des projets construits sans la moindre autorisation dans le même quartier».

De plus, ajoute le député PPS, «le président de la commune urbaine de Rabat nous bloque trois autres projets sans aucune raison valable». Allusion faite au projet de construction d’une centaine d’appartements et d’une grande surface Aswak Assalam dans le quartier Yacoub El Mansour de la capitale, ou encore au terrain de 26.000 m2 à Souissi sur lequel les Chaâbi envisagent de bâtir des villas. Pour illustrer ses propos, Chaâbi-fils cite également l’exemple de Marrakech où la famille dispose de plusieurs projets immobiliers.

«Avant l’arrivée de Mohamed Hassad à la tête de la wilaya de la ville ocre, plusieurs de nos projets ont été bloqués par les élus de la ville qui nous réclamaient d’importantes sommes d’argent pour délivrer les autorisations. Nous avons donc attendu l’arrivée de Hassad qui nous a délivré les autorisations nécessaires», se souvient Fawzi Chaâbi. L’homme d’affaires sait comment prendre son mal en patience puisqu’il affirme qu’il «attend calmement les élections communales de 2009 et espère un changement à la mairie pour reprendre ses projets à Rabat».

Rappelons que Chaâbi et Bahraoui ne sont pas à leur première querelle. Déjà en 2007, lors des élections législatives, les deux hommes s’étaient livrés une bagarre sans merci pour remporter un siège parlementaire dans la célèbre circonscription de Chellah. Mais le premier bras de fer s’était soldé par un match nul puisque les deux parties avaient réussi à investir l’hémicycle.

Naoufal BELGHAZI

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8 mai 2008

Le «Chœur des trois cultures» à Rabat


«Chants de paix, hymne à la vie» constitue le point d'orgue de ce concert
Le Festival des Alizés a déjà annoncé ses couleurs pour la 8e édition qui se déroulera du 8 au 11 mai. Elles sont chatoyantes avec des styles très colorés, nous assurent les organisateurs.

Ainsi, entre autres, musique classique, symphonique, de chambre, populaire, lied et airs d'opéra, les chœurs des trois cultures enchanteront, encore une fois le public souiri, avec le thème choisi pour l'occasion : «Chants de paix, hymne à la vie». Mais, en avant-goût du Festival, cette soirée très attendue par les festivaliers a été donnée, hier, en première, au Théâtre National Mohammed V, date coïncidant avec la Journée nationale de la musique.

Quoi de mieux pour un dialogue des cultures que ce chœur drainant avec force et enthousiasme un message de paix et de fraternité, à travers des jeunes de nationalités et de confessions différentes, dont il est composé, chantant d'une seule voix leurs convictions communes et leurs différences. Un projet visionnaire de la Fondation des Trois Cultures, exprimant l'ouverture et le pluralisme propres au Maroc.



Ainsi, l'Orchestre National de Lille dirigé par Jean-Claude Casadesus est sollicité pour prendre part à ce rassemblement très significatif et particulièrement emblématique des trois cultures : musulmane, juive et chrétienne.

«Je suis absolument heureux de cette collaboration avec ces trois chœurs. C'est une initiative magnifique pour rassembler les différentes esthétiques de différentes communautés. Je pense que cela peut œuvrer à travers la musique au rapprochement des uns et des autres, à la paix et à l'amour. Il n'y a pas mieux pour arriver à cela, car la musique est le plus court chemin. Avec ces merveilleux chanteurs et ce beau travail, nous transmettons au public quelque chose qui laisse une trace de fraternité dans la tête et dans le cœur», précise M.Jean-Claude Casadesus.

Le Chœur des Trois Cultures était, donc, là pour éblouir. Dirigé par Michel Piquemal (France), Nayer Nagui (Egypte) et Jalila Bennani (Maroc), ce Chœur a interprété trois œuvres, respectivement en latin, en arabe et en hébreu.
Accompagné par le prestigieux Orchestre National de Lille et Jean-Claude Casadesus, le Chœur a séduit l'assistance venue nombreuse, par le grand ouvrage du répertoire sacré en latin, le Requiem de Fauré, avec en solistes Caroline Casadesus, soprano et Michel Piquemal, baryton. La seconde partie n'a été que plus sublime, enrichie de deux pianos et des percussions, avec la composition de Nayer Nagui «Falsafat Alhayât » (en arabe) dirigée par son auteur, et une autre en hébreu d'Alain Huteau sur des extraits du « Cantique des Cantiques » sous la baguette de Michel Piquemal.

Né de la volonté et de l'engagement de la Fondation des trois cultures, cet ensemble de chorales gagne d'année en année l'estime des publics, toutes nationalités confondues. Son engouement et son esprit d'ouverture touchent de plus en plus et deviennent le point d'orgue de cette manifestation. C'est que le Maroc est une terre de rencontre et de dialogue par excellence où le partage et l'échange sont à l'ordre du jour.

«Chaque année, ce sont des œuvres de très haut niveau, de grands chefs, qui sont interprétées par les chœurs des trois cultures. C'est aussi une occasion pour les jeunes de se rencontrer, de chanter ensemble, d'évoluer et ensuite tisser des liens d'amitié en dehors de la prestation. Nos jeunes ont, alors, l'opportunité de s'élever à un niveau international. C'est une belle aventure qu'ils sont en train de vivre », souligne Mme Jalila Bennani, chef de chœur marocain.

En effet, ce rendez-vous annuel rassemble des jeunes de différentes cultures qui sont là pour dire au monde qu'avec de la volonté et de l'amour, tout peut se faire. C'est l'objectif escompté par la Fondation des Trois Cultures qui œuvre pour rapprocher les Hommes, leur permettre de mieux se comprendre et de se rencontrer autour de valeurs communes. Le Choeur des Trois Cultures, composé de jeunes chanteurs arabes et européens appartenant au pays du pourtour méditerranéen, sont là pour réunir ces peuples de différentes cultures et confessions en vue d'un idéal de paix et de tolérance.
Pour cela, ils unifient leurs voix dans la convivialité et l'esprit de partage.
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L'Orchestre national de Lille
Créé en 1976 grâce à la volonté de la Région Nord / Pas-de-Calais et l'appui de l'État, l'Orchestre National de Lille s'est doté d'un projet artistique ambitieux initié par Jean-Claude Casadesus (Chef d'orchestre, compositeur, Chef fondateur de l'Orchestre National de Lille, président de Musique nouvelle en liberté, directeur musical de l'Orchestre Français des Jeunes), en direction de tous les publics : diffusion du répertoire, création contemporaine, promotion des jeunes talents, activités pédagogiques et actions jeune public. À l'invitation de son directeur, chefs et solistes internationaux s'unissent ainsi à l'Orchestre National de Lille pour « porter la musique partout où elle peut être reçue ».

En France, à l'étranger ou naturellement au coeur de près de deux cents communes de la région Nord / Pas-de-Calais qu'il irrigue musicalement dans une démarche exemplaire de décentralisation. L'Orchestre National de Lille s'est, ainsi, imposé en trente ans comme une formation prestigieuse, véritable ambassadeur de sa région et de la Culture française dans quatre continents et trente pays.

Par Ouafaâ Bennani | LE MATIN

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1 mai 2008

Ambiance andalouse à la Villa des Arts de Rabat

· Panneaux explicatifs illustrés, maquettes, appareils olfactifs…

· Objectif: valoriser et promouvoir le jardin andalou


Plantes aromatiques, arbres fruitiers, produits horticoles… Les différents produits agricoles provenant de la période de la civilisation andalouse font l’objet d’une exposition intitulée «Le Jardin andalou», qui se tient à la Villa des Arts de Rabat jusqu’au 11 mai prochain. Organisée par la Fondation espagnole Founci (fondation de culture islamique), avec la collaboration de la Fondation ONA, «cette exposition itinérante vise à promouvoir la période andalouse par le biais d’un événement ludique et informatif», indique Meryem Mouline, directrice de la Villa des Arts de Rabat. D’énormes panneaux explicatifs illustrés (en espagnol, en arabe et en français) y sont installés.


Le visiteur apprend que l’eau était toujours présente dans tous les types de jardins et de propriétés rurales, sous forme de fontaines, jets d’eaux, étangs, canaux d’irrigation et bassins. Extrêmement valorisée, elle était même devenue un élément architectural et décoratif. D’ailleurs, si les exploitations agricoles de l’époque étaient performantes, c’est grâce à un savant système d’irrigation et de distribution d’eau (canaux d’irrigation, norias…), que les Andalous avaient hérité de leurs ancêtres du monde oriental islamique et des Romains.

Les norias étaient utilisées pour extraire l’eau des fleuves ou des canaux. L’eau était recueillie grâce à des récipients placés sur une roue actionnée par le courant. Lorsque la roue tournait à sa vitesse maximale, les récipients versaient l’eau dans un canal, à partir duquel elle était ensuite distribuée aux canaux d’irrigation des vergers et des jardins, aux bassins et aux canalisations urbaines.

L’exposition «Jardin andalou» présente plusieurs jolies maquettes en miniature représentant des systèmes d’irrigation de l’époque. D’après des descriptions anciennes, le jardin andalou était organisé de la manière suivante: les massifs de plantes aromatiques et de fleurs étaient situés près d’un bassin d’eau. Des vignes et des figuiers entouraient la propriété, tandis que les allées étaient couvertes par des treilles, en guise de pergolas. Les grands arbres fruitiers étaient plantés dans la partie nord pour protéger le jardin du vent.

Parmi les arbres fruitiers des jardins-vergers figuraient les palmiers dattiers, les grenadiers, les pêchers, les citronniers, les cerisiers, les cognassiers et les bigaradiers. Et ce, sans oublier les figuiers, oliviers, vignes et pommiers qui poussaient déjà dans la péninsule ibérique. Entre les arbres fruitiers, on trouvait des cultures de melons et de pastèques, d’aubergines, d’épinards, de fèves, d’artichauts, de carottes et de laitues, entre autres produits horticoles cultivés grâce à l’eau abondante provenant des canaux d’irrigation.

Afin de reconstituer l’ambiance des jardins-vergers andalous, la Villa des Arts de Rabat a apporté sur place une centaine d’arbres fruitiers (grenadiers, bigaradiers, oliviers…). Un coin «épices» a été aménagé, contenant toutes les épices utilisées à cette époque (clous de girofle, noix de muscade, cumin, poivre…).

De nombreux appareils olfactifs ont été installés dans les allées du jardin. Il suffit d’actionner des boutons pour faire monter des effluves de toutes sortes (plantes, fleurs et fruits). Ce qui fait ressortir la magie du lieu.

L’exposition a déjà été présentée à Madrid, Séville, Granada, Tolède, Ronda, Meknès, Fès, Tétouan, El Jadida et Essaouira. Elle se tiendra à la Villa des Arts de Casablanca du 28 mai au 27 juin, avant de poursuivre son périple à travers le Maroc.

Nadia BELKHAYAT

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