Menace d'éboulement à Douar El Hajja à l'approche des pluies
L’éboulement qui s’est produit samedi, au bidonville de Manshiyet Nasser, au Caire, a coûté, jusque-là, la vie à 51 personnes. Selon des sources concordantes, plusieurs dizaines de personnes seraient toujours ensevelies sous les gravats. On parle de 500 personnes piégées. Une colline, un bidonville densément peuplé et des surélévations construites de manière anarchique, c’est là une configuration qui rappelle à quelques petites différences près, un endroit de la capitale du Royaume : Douar El Hajja.
Les habitations anarchiques, haut perchées sur une falaise de ce douar, ne sont plus un secret pour le commun des mortels. Al Bayane en a parlé il y a plusieurs mois, et, il y a à peine quelques semaines, le problème a été reposé. Le but était d’interpeller et attirer l’attention des autorités publiques sur un danger potentiel. Et si on en reparle aujourd’hui, c’est à cause du rapport assez étroit avec le drame du bidonville du Caire. L’alarme se justifie aussi par le fait que la saison des pluies approche.
Au Caire, les décideurs ont pensé, à tort, comme si rien de fâcheux n’est arrivé en un demi-siècle, dans ce bidonville de Manshiyet Nasser, il n’était donc nul besoin de pallier une situation, quand bien même celle-ci pouvait être potentiellement dangereuse. On s’en est tout simplement remis au jeu des extrapolations hasardeuses et des probabilités. On a joué à la roulette russe en somme. Aussi, une question coule de source : les décideurs à Rabat ne sont-ils pas en train d’adopter la même attitude ? Tout penche malheureusement vers cette thèse. Sinon, comment expliquer que cette situation anachronique et potentiellement dangereuse n’ait pas été érigée au rang des priorités auxquelles ils doivent s’atteler. Pourquoi ne font-ils pas dans l’anticipation pour éliminer tout risque de voir d’écrouler demain une falaise qui menace de le faire depuis quelques années déjà ? Aussi, ils ne doivent surtout pas oublier qu’il y a déjà eu, par le passé, deux éboulements partiels sur ce site. Aucun n’avait fait de victime certes, mais ça n’est pas une raison qui autoriserait l’attitude passive adoptée jusqu’au jour d’aujourd’hui.
En principe, dans quelques semaines il commencera à pleuvoir. De ce fait, les sols deviendront plus friables et les risques d’éboulement plus grands. D’autant plus qu’il y a eu entre temps quelques surélévations non autorisées qui se sont faites par ci, et quelques surcharges par là.
Douar El Hajja n’est pas qu’une aberration esthétique, c’est aussi et surtout une réelle menace qui doit être prise au sérieux…, très au sérieux.
Nous n’osons pas croire que les décideurs n’en soient pas conscients. A moins qu’ils n’aient jamais mis les pieds dans ce coin là. Ce qui, somme toute, n’est pas improbable.
Jamal Hafsi
Libellés : Social et Habitat, Vie de la cité


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