Un coup de jeune pour le Théâtre Mohammed V de Rabat

· La nouvelle direction dévoile son plan d’actions
· Ouverture d’un café-théâtre en mars prochain
«Le rôle du Théâtre national Mohammed V ne doit pas se limiter uniquement à une salle de spectacles et de manifestations de tous genres», a indiqué d’emblée Abdellatif Nassib El Mesnaoui, le nouveau directeur de cet établissement lors de sa première rencontre la semaine dernière avec les responsables des troupes théâtrales régionales.
Pour lui, ce lieu doit être utilisé particulièrement, et comme prévu par le dahir de sa création, pour la promotion du théâtre. «En 2006, la part de ce dernier dans les manifestations abritées par cet établissement ne dépasse pas 34% dont 7% pour le théâtre de l’enfant», explique El Mesnaoui. La grande partie restante est répartie entre le cinéma, les manifestations politiques et les expositions promotionnelles commerciales. Profitant de sa rencontre avec les professionnels, El Mesnaoui a présenté son plan d’action pour 2008 à travers lequel il ambitionne d’initier une gestion moderne et rationnelle du Théâtre national de Rabat.
Le premier travail à effectuer est de réglementer les procédures de son exploitation. La nouveauté sur ce volet est la fin de la gratuité pour l’utilisation des différents locaux du théâtre comme cela était le cas auparavant. Cette décision «provisoire» a été prise lors de la réunion du conseil d’administration de cet établissement qui s’est tenu en juillet dernier. Ainsi, à titre d’exemple, les tarifs par jour de réservation de la grande salle du théâtre oscillent entre 3.500 DH jusqu’à 45.000 DH. La fixation des prix varie selon plusieurs paramètres dont le plus déterminant est celui de la nature de la manifestation et le statut de l’organisme demandeur.
D’autres éléments sont pris en considération comme le jour du spectacle ainsi que la tranche horaire choisis. Outre le volet tarifaire, la direction de l’établissement prépare actuellement un manuel de procédure pour la réservation et l’exploitation des locaux du théâtre.
Pour le directeur de cet établissement, «l’amélioration de nos recettes est indispensable pour contribuer au financement des travaux de réhabilitation de ce complexe». Sur ce point, El Mesnaoui tire la sonnette d’alarme sur l’état de dégradation des équipements, en particulier la partie concernant la machinerie dont le fonctionnement pourrait présenter un danger pour les artistes. «Depuis 2004, le théâtre n’a pas reçu de budget d’investissement pour renouveler et moderniser ses équipements », rappelle-t-il.
Les deux nouveaux ministres des Finances et de la Culture ont été sensibilisés à la gravité de la situation, selon le responsable du théâtre national. « Pour cela, une enveloppe supplémentaire de 5 millions de DH a été accordée exceptionnellement au titre du Budget de 2008 pour attaquer ce problème de machinerie», avance-t-il. A cela s’ajoutent d’autres projets en cours de réalisation. Il s’agit de la construction d’un café-théâtre dont l’ouverture est prévue en mars prochain.
Cet espace, situé dans l’enceinte du théâtre, constituera un point de rencontres pour les artistes, les jeunes talents et le public.
La réalisation de ce bâtiment a nécessité la mobilisation de près de 1,7 million de DH. Les travaux d’aménagement d’un centre de formation pour les jeunes ont été entamés. Notons enfin que le budget de fonctionnement de cet établissement s’élève à 15 millions de DH avec 57 fonctionnaires en charge. Selon El Mesnaoui, le profil d’une partie du personnel ne répond pas aux besoins actuels du théâtre national. Pour cela, un plan de formation et de perfectionnement est au programme cette année. La direction envisage aussi de lancer un avis de candidature à travers la presse pour recruter trois techniciens spécialisés. « Fini les recrutements ne répondant plus aux besoins de l’établissement », conclut El Mesnaoui.
Nour Eddine EL AISSI
Libellés : Arts et culture, Vie de la cité

<< Accueil