16 janv. 2008

Rabat : halte aux incivilités


Elles sont hélas fréquentes, les incivilités, bien entendu. Mais ce qui est plus grave pour une société, c’est le laisser faire, le laisser aller, et donc la banalisation. Les autorités qui ne font pas leur travail d’application des règles et des lois, sont autant responsables que ceux qui commettent des infractions sachant qu’ils ne courent aucun risque.

La vie en communauté exige des règles, des lois, des interdits, et surtout le respect par tous de ces exigences sans lesquelles une société se désorganise. Il ne peut en effet y avoir d’ordre, dans le désordre.

Ce que je vais décrire dans la capitale est hélas commun à de nombreuses villes de notre pays. Encore que Rabat est une ville particulière, ceux qui y habitent et qui se croient au dessus des lois, sont plus nombreux qu’ailleurs.

Dans une société organisée, les règles sont pour tous, les interdits pour tous, et les lois applicables à tous. Il ne peut y avoir de démocratie si la justice ne s’applique pas à tous, du bas de l’échelle, jusqu’à sa plus haute marche.

En matière de lutte contre les dérives écologiques et sociétales, j’ai vu des politiques de différents bords se succéder aux affaires locales. A l’analyse le constat est le même, pas de grands changements.

Je circule dans les artères et artérioles de la capitale, ayant un moteur dans ma voiture, je produis des gaz toxiques dans l’atmosphère, et je pollue.

Je dois dire que mon souci d’écologiste, m’incite à un usage limité de mon véhicule. Seules les contraintes professionnelles sont honorées, ma vitesse en ville est limitée, les consignes et règles de circulation, strictement respectées.

Ce n’est là qu’un devoir de citoyen, que je ne m’impose même pas, je le respecte pour marquer mon respect envers les autres et la nature, cette oubliée du monde moderne.

Les autres, ce sont les citoyens avec lesquels je partage le circuit urbain de la ville et les autorités qui ont imposé les règles et fixé les interdits qui en découlent.

Quelques exemples d’interdits vont me permettre de rentrer dans le vif du sujet.

Les arrêts aux feux rouges sont une obligation de sécurité d’abord et de priorité partagée pour les uns puis les autres. C’est la seule façon de pouvoir circuler sans paralyser le trafic. Hélas le nombre de conducteurs qui grillent les feux rouges est impressionnant.

Quant on peint les trottoirs successivement en rouge et en blanc, cela veut dire qu’il est strictement interdit d’y garer des véhicules. Le nombre de voitures en stationnement prohibé est colossal.

Fut un temps où les trottoirs étaient les lieux de passage pour les piétons.

Actuellement ce sont des parkings, et pour donner l’exemple on y trouve garées perpendiculairement et interdisant totalement le passage, des voitures officielles de couleur bleue.

Garer des voitures en double file sur la rive droite et la rive gauche d’une avenue mise en sens unique pour faciliter la circulation, cela est interdit aussi.

Occuper le réseau urbain comme le font les chauffeurs de taxis, sans aucun respect des règles, cela aussi mérite des corrections. L’éduqué respecte son lieu de travail.

Comme vous tous, je constate que tous les interdits sont bafoués, et que chacun fait ce qu’il veut où bon lui semble, c’est cela le désordre grandissant et grave qu’il faut corriger.

Pour diminuer la pollution, augmenter la sécurité, améliorer la fluidité du trafic en ville, il faut contraindre au respect des règles, et sanctionner sévèrement toutes les infractions.

C’est un devoir des autorités, car si on continue dans ce laisser-faire et ce laisser-aller, on banalise les infractions qui deviennent des actes normaux, puisque répandus et non réprimés.

Il faut des agents de la circulation avec des consignes strictes, des policiers intraitables puisque la sécurité dont ils ont la charge est en jeu. La collecte financière de toutes les infractions, permettrait de doubler les effectifs dans le recrutement des agents de la circulation.

La circulation à Rabat est dans un immense désordre, il est impératif de faire revenir l’ordre, pour lutter contre la « sur-pollution ». Quand des chauffards bloquent la circulation et contraignent aux arrêts et aux ralentissements, la pollution est bien entendu augmentée, c’est ce que j’appelle la « sur-pollution ». Nous respirons, et plus grave, nos jeunes enfants respirent un air de plus en plus toxique et de plus en plus agressif. Ne pas engager une lutte pour un air moins toxique relève d’une immense irresponsabilité. Prenons, tous, nos responsabilités et agissons.

Cette lettre est à lire par les responsables de l’Intérieur, par les responsables de la Santé, par les Walis et les maires des villes, mais aussi et surtout par tous ceux qui bafouent les lois et engendrent le désordre, l’insécurité, la pollution et la maladie.

Docteur Fayçal Bouhlal

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