17 sept. 2007

L'offre des facs se modernise : Rabat en tête des villes universitaires pour les propositions de diplômes à dominante économique


· Des formations spécialisées pour coller à la mutation économique

L’enseignement de l’économie au Maroc se professionnalise d’une année à l’autre.Si de par le passé, les filières spécialisées en gestion, management ou marketing étaient l’apanage des écoles privées, l’université est en train de rattraper son retard. Mieux, elle innove plus rapidement que ses rivaux privés. L’enseignement supérieur public propose aujourd’hui pas moins de 168 diplômes aux intitulés «tendance»: communication financière, marketing du tourisme et comptable normes françaises et IFRS pour exemple. Les licences professionnelles sont prédominantes avec 61 formations sur les 168. Accréditées pour quatre ans, «cette année sera pour les licences professionnelles celle de l’évaluation», affirme El Bachir Kouhlani, directeur de l’enseignement supérieur.Les Masters, instaurés il y a à peine un an, font autant avec 33 à orientation recherche et 28 spécialisés (professionnels).

Signe de la mutation, les licences d’économie classiques sont devenues marginales. En effet, on en dénombre à peine 21. La répartition par région des formations reproduit les décalages habituels entre zones économiquement riches et régions à la périphérie de l’économie nationale. Ainsi, l’axe Casablanca-Mohammédia-Rabat-Kénitra concentre à lui seul plus du tiers des formations avec 61 diplômes. Cette portion passe à près de 30% lorsqu’on intègre la ville de Settat.

En termes de ville, c’est Rabat qui caracole en tête avec 30 diplômes devant Fès (21) et Marrakech (18). La capitale économique arrive cinquième avec seulement 14 diplômes à dominante économique. Mais si on ajoute les diplômes préparés à la faculté de Mohammédia le nombre grimpe à 28.En bas du tableau, l’on retrouve El Jadida et Kénitra avec respectivement 5 et 3 diplômes.Dans le privé, les formations proposées sont au même nombre que celles de l’université publique soit 168 diplômes. Ces derniers varient en termes de niveau et vont de bac+2 à bac+5 en passant par bac+3 et bac+4. Les écoles privées ne peuvent pas utiliser les appellations Master et Licence. La procédure d’accréditation est en attente de décret d’application.

Ce dernier «hiberne encore au Secrétariat général du gouvernement», déplore-t-on au niveau du ministère de l’Enseignement supérieur. Rappelons que le ministre sortant, Habib El Malki, avait annoncé les premières accréditations pour la rentrée 2007-2008 (cf.www.leconomiste.com).Côté offre, l’étiquette management revient 26 fois sur les 168 diplômes proposés. C’est, visiblement, le «sésame ouvre-toi» pour convaincre une clientèle de plus en plus large d’étudiants. Sans être aussi présentes, les spécialisations marketing, finance, commerce et gestion complètent le spectre des formations.Néanmoins, on peut constater, qu’à la différence de l’université, le privé ne joue pas du tout la carte «nouveaux métiers du Maroc», du moins au niveau des appellations des diplômes. Par exemple, certaines licences professionnelles affichent clairement cette orientation avec la mention «offshoring». Ce n’est le cas d’aucun des diplômes privés.

Nabil TAOUFIK
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