Allal Benabdallah, l'homme qui a signé le 11 septembre 1953, à Rabat, une page glorieuse
Le peuple marocain et la famille des anciens résistants et anciens membres de l'armée de libération commémorent, mardi, le 54e anniversaire de la disparition du martyr Allal Benabdallah, un homme qui n'avait pas hésité à consentir le sacrifice suprême pour la défense de la devise éternelle des Marocains : Dieu, la Patrie, le Roi.
Le geste de Allal Benabdallah fut la preuve d'une grande conscience nationale et d'un sens aigu du patriotisme face aux menées des autorités coloniales qui avaient osé, le 20 août 1953, envoyer en exil le symbole de la souveraineté nationale, feu S.M. Mohammed V, que Dieu l'ait en Sa Sainte Miséricorde, et Son illustre famille, souligne à cette occasion le Haut commissariat aux anciens résistants et anciens membres de l'armée de libération.
Le colonisateur pensait qu'en agissant comme il l'avait fait, il pourrait éteindre la flamme du patriotisme et de la résistance, mais ce fut agir sans compter la communion profonde entre le Peuple et son Souverain et leurs capacités de déjouer les manœuvres qui se déroulaient alors autour de l'identité marocaine et de la souveraineté du pays.
Contrairement aux attentes du pouvoir colonial, son coup de force n'avait fait que renforcer la résistance dans sa conviction qu'il fallait en finir avec la présence coloniale par un Combat Sacré du peuple marocain.
C'est ainsi que le 20 Août s'est transformé, au grand dam des autorités coloniales, en date symbole de l'attachement indéfectible du Peuple au Trône et en tournant décisif sur le chemin de la libération.
Dans ce contexte, feu Allal Benabdallah s'est hissé au rang des martyrs qui, bravant la répression et la tyrannie coloniales, s'étaient investis corps et âmes dans le combat pour la liberté des hommes et de la terre des ancêtres.
Allal Benabdallah est né en 1916 à Guercif (tribu des Haouara), dans la province de Taza. Il avait commencé par pratiquer le métier de peintre dans sa ville natale avant d'emménager à Rabat, au quartier Akkari. Il était réputé pour son attachement aux nobles valeurs, aux bonnes manières et à l'esprit patriotique, ce qui lui avait permis de tisser des relations avec de nombreux nationalistes.
Le vendredi 11 septembre 1953, le commun des mortels que fut Allal Ben Abdallah avait accompli un acte héroïque, qui le fit passer dans la postérité, en s'attaquant au cortège officiel de Mohamed Ben Arafa, l'homme que les autorités coloniales avaient mis illégitimement sur le trône.
La sécurité du sultan fantoche a certes empêché Allah Ben Abdallah d'arriver au bout de ses intentions d'en finir avec la marionnette qui usurpait le trône, mais elle ne pouvait rien contre l'onde de choc de l'idée que le martyr portait en son sein, à savoir l'idée de consentir le sacrifice suprême pour la patrie.
Après lui, cette idée avait fleuri partout en terre du Maroc, en en faisant un territoire invivable pour le colonialisme. Dopés par le geste du martyr et du courage de leur Souverain, les hommes des organisations et cellules de la résistance ne se privèrent pas de l'usage de tout ce qui est de nature à convaincre le colonialisme de cesser de nourrir le rêve d'une pérennité de sa présence sur le sol marocain.
A cet égard, feu S.M. Mohammed V avait dit : "la patrie, reconnaissante, perpétue la mémoire de résistants tels que Mohamed Zerktouni, Allal Ben Abdallah, et leur réservera dans ses Fêtes, une grande journée anniversaire digne de leur glorieux combat".
Depuis, la Famille des anciens résistants et anciens membres de l'armée de libération consacre, chaque année, le 11 septembre à la mémoire du martyr Allal Ben Abdallah et à la réflexion des multiples significations de son geste et de son effet sur le déroulement ultérieur de la lutte pour l'indépendance.
MAP
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