Le Maire de Rabat Bahraoui en flagrant délit

La «walima» du maire de Rabat a fini aux locaux du commissariat de permanence.
Voilà comment les habitants de la capitale du pays qualifient la descente jeudi soir de la police au domicile du président du Conseil de la ville de Rabat Omar Bahraoui, arrêtant plus de quatre-vingts personnes parmi les convives de la réception du maire juste après une réunion de propagande électorale tenue avec les moyens de la ville. Parmi les personnes arrêtées, figurent des employés de la commune de Youssoufia, 29 femmes, des élus, des salariés de l¹Entraide nationale et autres...
Omar Bahraoui a été convoqué, vendredi, au Parquet. Après ces interpellations des «invités» à la fête du président du conseil de la ville, des véhicules appartenant aux deniers de la commune, qui étaient exploités pour leur transport, ont été conduits aux fourrières de la ville. L¹interrogatoire des personnes appréhendées a duré jusqu¹à minuit aux locaux du commissariat de Hay Annahda (quatorzième arrondissement).
Vendredi matin, le procureur du Roi auprès du tribunal de première instance de Rabat a convoqué le président du Conseil de la ville. Au moment où nous mettions sous presse, nous ignorons les chefs d¹accusations qui seraient retenus contre cet élu habitué à l¹impunité. Selon des sources concordantes, les parages de la résidence du maire ont été jeudi soir le théâtre de scènes on ne peut plus spectaculaires lors de la descente de la police.
Les personnes qui étaient à bord de deux bus communaux ont été arrêtées au moment où plusieurs autres ont pris la fuite, les uns à pieds et les autres en voiture. Voilà, juste quelques jours après le discours royal et au moment où tout le monde appelle à ce que les prochaines élections législatives prévues le 7 septembre se déroulent dans la transparence, l¹honnêteté et la crédibilité, le président du conseil de la ville de Rabat fourbit ses armes pour battre en brèche les principes de la démocratie et de l¹Etat de droit.
Dans le collimateur Ce même président de la ville vient d¹être épinglé par la Cour régionale des comptes. Au début de cette année, l¹enquête menée par des équipes de la Cour régionale des comptes de Rabat avait révélé plusieurs irrégularités et dysfonctionnements. Dans un rapport de cette Cour (quelques dizaines de pages sous forme de lettre d¹observation), il est reproché au maire de Rabat sa gestion opaque de plusieurs dossiers et marchés de la ville.
On y parle de privilèges accordés aux siens, comme des logements pour certains, alors que ces logements, selon des sources concordantes, étaient destinés au recasement de certaines familles au quartier Yacoub Al Mansour et d¹autres obtenus du projet «Jnane Nahda», sans parler des services téléphoniques et autres avantages, comme les dotations en carburant aux proches dont la valeur est estimée à entre 1000 et 3000 dirhams par mois.
Et ce en violation des lois de la charte communale. Le rapport des équipes de la Cour régionale des comptes est devant les services compétents au ministère de tutelle. Rappelons que ce membre du bureau politique du parti de l¹épi, était responsable au ministère de l¹Intérieur (services des collectivités locales) et président de la commune urbaine de Youssoufia pendant longtemps, avant d¹être parachuté aux commandes de la gestion de la chose locale de la capitale du Royaume.
B. Amenzou - 08/08/2007
Libellés : Social et Habitat, Vie de la cité

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