20 août 2007

le maire de Rabat Bahraoui accuse


· Il pointe du doigt ses concurrents
· La défense réclame l’ajournement pour «étudier le dossier»

La première audience de l’affaire Omar Bahraoui ressemblait au procès d’une star hollywoodienne. Le maire de Rabat, qui est accusé de fraude au code électoral (cf.www.leconomiste .com), s’est présenté jeudi 16 août au TPI de la capitale accompagné de plusieurs de ses collaborateurs et surtout de ses sympathisants.

A la sortie de la séance, ceux-ci ont scandé des slogans en l’honneur de «leur candidat préféré».L’audience, qui a démarré à 13h15, n’a duré que quelques minutes. Le temps pour les quatre avocats de Bahraoui de réclamer «le report afin d’étudier le dossier». Après consultation du ministère public, la Cour accède à la demande de la défense et le procès est renvoyé sine die. «La Cour s’est basée sur l’article 299 du code de procédure pénale qui ne l’oblige pas à fixer un jour précis pour la prochaine audience. Cela lui permettra, ainsi qu’à toutes les autres parties, d’étudier le dossier sans pour autant être tenue par un délai qu’elle risque de ne pas respecter», explique une avocate présente dans la salle.
«Le procès aura peut être lieu après les élections législatives», ironise un collaborateur du maire de Rabat. Celui-ci n’a pas hésité à accuser ses concurrents en lice dans la circonscription de Chellah-Rabat, «d’avoir fomenté cette opération afin d’affecter son image».

«L’issue de ce procès déterminera la position du gouvernement par rapport à la démocratie. Nous saurons alors si les autorités veulent le multipartisme ou bien si elles défendent la politique du parti unique», souligne Bahraoui, qui paraissait très décontracté à la sortie de l’audience. Allusion faite à l’USFP, et à son ministre de la Justice, Mohamed Bouzoubaâ. Même si le maire se refuse à citer des noms, beaucoup de ses collaborateurs accusent nommément Driss Lachguar, candidat Usfpéïste dans la circonscription Chellah-Rabat et concurrent direct de Bahraoui.

«Les infractions au code électoral doivent normalement être constatées et traitées par un ministère de souveraineté comme l’Intérieur. Les candidats aux élections ne doivent pas être à la merci d’un parti justement parce qu’il est au ministère de la Justice», ajoute le maire. Me Abdelfettah Zahrach était également présent lors de l’audience du 16 août. Il confie à L’Economiste qu’il représente le parti de gauche Attaliâa (Avant-garde démocratique), et qu’il intervient en tant que contrôleur dans ce procès. «Nous comptons suivre ce procès de très près afin de s’assurer du bon déroulement des élections et de l’absence de fraude», souligne Me Zahrach.

A la sortie du tribunal, de nombreux partisans de Bahraoui se sont donnés rendez-vous au domicile du maire «afin de célébrer cette victoire sur les concurrents». Reste à savoir si les autorités profiteront de cette occasion pour faire une seconde descente au domicile du maire afin de l’attraper à nouveau en flagrant délit de campagne électorale prématurée!

Naoufal BELGHAZI

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