3 juil. 2007

Clôture du Festival international du film d’auteur

Rabat rend hommage au Kosovo

Baisser de rideau, dimanche 1er juillet du Festival international du film d’auteur de Rabat. Une 13ème édition vouée exclusivement au cinéma et plus particulièrement celui dit d’auteur que les distributeurs et propriétaires de salles ont coutume de bouder pour des raisons plutôt sonnantes et trébuchantes.
Cette année, le jury que présidait le réalisateur marocain Majid Rchich a choisi, tout en faisant du cosmopolite et de l’universel un art, de récompenser des films où souvent le combat pour les libertés est un long chemin fait d’errance et d’apprentissage. C’est ainsi que le Grand Prix Hassan II est allé à un film venu tout droit du Kosovo, "Kukumi" de Isa Qosja qui remporte également une mention spéciale pour l’interprétation féminine. Un film, métaphore moderne de la fin de la guerre dans ce petit pays meurtri par la Serbie, des anciens pensionnaires d’un asile psychiatrique et leur errance à travers un pays en quête de liberté.
Le prix du jury a retenu une fois encore la guerre au Kosovo, celle que raconte le Roumain Christian Nemescu, décédé dernièrement, dans "California dreaming" et dont le prix est allé à une fondation roumaine d’aide aux jeunes réalisateurs. Le public a, lui, décerné son prix à la Tunisienne Selma Bekkar, réalisatrice d’une très jolie "Fleur d’oubli" et dont l’actrice principale, Rabia Ben Abdallah, repart avec un prix d’interprétation féminine. Dans la besace du réalisateur iranien Ashgar Farhadi, le prix de la mise en scène pour son "Fireworks Wednesday". Le cinéma marocain, également en compétition, ne quitte pas bredouille cette édition en arrachant un prix de l’interprétation masculine revenu au jeune comédien Tarik Boukhari pour sa prestation dans le dernier film de Omar Chraïbi, "Tissée de mains et d’étoffe".
A 48 heures de la clôture du Festival international du cinéma d’auteur de Rabat, les organisateurs ne cachaient pas leur satisfaction. Pari tenu, la ville a confirmé sa vocation de capitale culturelle, se débarrassant du triste label d’une ville Rabat-joie. Ceux du festival auront même réussi à créer l’événement de la rencontre. Ce n’est pas la présence de l’immense et capricieux Adil Imam, ce monstre sacré du cinéma égyptien, mais surtout la création d’un forum des festivals du cinéma arabe qui ont tenu congrès, à Rabat, en marge du festival. Un réseau cinématographique est en train de naître dans le monde arabe et c’est tant mieux pour le cinéma d’auteur que fête Rabat tous les ans. Motif de fierté encore, les salles où étaient projetés les films de cette 13ème édition qui a reçu quelque 200 invités n’ont pas désempli. Bien au contraire. Le public aime le cinéma, le 7ème, le film d’auteur. Il a même fallu faire parfois appel au service d’ordre pour gérer cet engouement cinéphile… De toute évidence, le cadre associatif de l’organisation de cette rencontre internationale et annuelle devient étroit. C’est pourquoi le président du festival, M. Mantrach, a appelé dimanche à la création d’une fondation qui serait en charge de l’organisation du Festival international du cinéma d’auteur de Rabat. En attendant, les dépenses de cette 13ème édition qui a bénéficié d’une enveloppe budgétaire de 8 millions de dh seront rendues publiques dans les tout prochains jours alors que toutes les dettes des éditions précédentes ont été comblées.



Narjis Rerhaye

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