23 juin 2007

Rabat lève le rideau sur son Festival international du film


La 13ème édition du Festival du film d’auteur de Rabat qui se tiendra du 21 juin au 1er juillet, s’est ouverte jeudi par un vibrant hommage à deux figures du cinéma arabe : le réalisateur marocain Ahmed Al Bouaânani, et l’acteur égyptien Adil Imam.

A leur arrivée au théâtre Mohammed V, les deux hommes ont été assaillis par une foule en délire, avant de recevoir une ovation debout de la salle comble.
Après l’ouverture solennelle du Festival par son président Abdelahak Mantrach, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement est apparu à la tribune.
Nabil Benabdellah a remercié au nom du gouvernement «la persévérance des organisateurs à poursuivre leur entreprise de promotion cinématographique et culturelle». Il a souligné que le Festival, qui en est à sa 13ème édition, «s’est désormais forgé une réputation internationale et œuvre pour le rayonnement de Rabat».
Pour conclure son allocution, le ministre a rendu un respectueux hommage à Ahmed Al Bouaânani et Adil Imam, qui se sont levés sous un tonnerre d’applaudissements. L’assistance en liesse était à proprement parler survoltée face à une icône du cinéma arabe et émue par la consécration d’un pionnier du cinéma d’auteur marocain.
Hassan Lamrani, wali de la région Rabat-Salé-Zemmour-Zaër, a remis ensuite sous le crépitement des flashs des photographes, les trophées, hommage à l’ensemble de leurs deux carrières d’hommes de cinéma.
Adil Imam, visiblement très touché par le triomphe que lui a réservé le public marocain, s’est exprimé à la tribune, en déclarant notamment que l’Art en général et sa forme cinématographique en particulier sont un rempart contre tous les extrémismes.
La star égyptienne Boussi, présente à l’occasion, est venue saluer les deux vainqueurs sur scène avant d’être elle-même ovationnée.
Le jury international du Festival a été, pour finir, présenté au public avant de laisser place au cinéma.
Cette année le jury se compose de huit membres : Greg Cokinakis, producteur grec, Pilar Velazquez, actrice espagnole, Mjid Rchich, réalisateur marocain, Mohamed Bennani, peintre marocain, Diego Galàn, critique espagnol, Cheik Doukouré réalisateur guinéen, Sepideh Farsi, réalisatrice iranienne et enfin Fabienne Bichet, directrice de casting française.
Ils auront la délicate tâche de départager les films d’auteur en compétition, et pour la première fois de juger des documentaires, formes d’expression cinématographique de plus en plus en vogue.
Le film présenté pour la soirée d’ouverture, «La vie des autres», a été réalisé par l’Allemand Florian Henckel von Donnersmarck. Il nous plonge dans les rouages de la Stasi, sécurité d’Etat chargé de l’espionnage de la collecte d’informations de feu la République Démocratique d’Allemagne (RDA).
Le film, bien tourné, bien réalisé trouve sans conteste sa place dans le bourgeonnement récent des films allemands de «mémoire», sur ce qui a précédé la chute du mur de Berlin. L’intrigue met en scène un dramaturge épié pour ses fréquentations et son égérie Christa-Marie Sieland, convoitée par le très peu communiste ministre de la Culture de l’ancienne démocratie populaire.
Au départ haletant, le film tourne pourtant peu à peu au mélodrame à l’eau de «rouge», tant certaines scènes clefs du dénouement de l’intrigue sont exagérément improbables.
«La Vie des Autres» reste un film poignant sur les dérives de la puissance étatique et sur la déshumanisation qu’elle induit mais aussi un document intéressant sur l’écriture du passé commun par le vainqueur.


Léo PURGUETTE

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