13ème édition du Festival international du cinéma d'auteur de Rabat du 21 juin au 1er juillet 2007
Dans la cour des grands
Toutes les bonnes fées de Rabat se sont penchées sur le berceau de la 13ème édition du Festival international du cinéma d’auteur de la capitale.
La présence à la conférence de presse des organisateurs donnée mercredi soir du wali de la région et du maire est un signe qui ne trompe pas. Pour cette édition qui plantera ses tréteaux du 21 juin au 1er juillet, ceux du festival affichent clairement leurs ambitions. Et elles sont à la hauteur d’une capitale que l’on a trop souvent dit casanière parce qu’administrative. “Nous voulons faire de ce festival du cinéma d’auteur une rencontre internationale d’autant que ce genre cinématographique, le cinéma d’auteur, est porteur de valeurs de modernité et de pluralisme culturel”.
Parole de Abdelahak Mantrache, président du festival. Entre Carthage, Dubaï et Le Caire, Rabat et son cinéma veulent se faire une place dans la communauté cinématographique du monde. “De par sa nature et à travers ce qu’il véhicule comme message, le film d’auteur se distingue”, renchérit le directeur du festival, Hamadi Guiroum. Et ce n’est pas un hasard si le festival de Rabat accueillera le 24 juin un congrès des présidents et directeurs des festivals internationaux du monde arabe.
Avis à tous les passionnés de cinéma, mangeurs impénitents de pellicule, le programme de cette édition rassasie tous les appétits cinéphiles. D’abord la compétition officielle pour le prix Hassan II et dont le jury international est présidé par le cinéaste marocain Mjid Rchich. Pas moins de 20 pays –France, Japon, Belgique, Iran, Pays-Bas, Grande-Bretagne, Kosovo…) sont en lice en plus de deux films marocains, l’un réalisé par Farida Bourquia et l’autre par Omar Chraïbi, et qui seront projetés en avant-première mondiale. Un festival sans vedettes n’en est pas vraiment un. Cette année, Rabat rend hommage à un monstre sacré du cinéma égyptien, Adil Imam qui sera dans nos murs. Hommage sera également rendu au père fondateur du cinéma d’auteur au Maroc, Ahmed Bounani, cinéaste et écrivain bourré de talent et à qui justice est enfin rendue. Deux autres réalisateurs seront célébrés, le Turc Nuri Bilge Celan et le Français Philippe Fauc.
Plein les yeux dans le grand écran alors que des centaines de kilomètres de pellicules vont défiler. A l’affiche de ce festival international désormais exclusivement voué au cinéma, un panorama du cinéma maghrébin, une fenêtre sur le cinéma du monde et depuis laquelle seront projetés ces films rares qui échappent au circuit classique de distribution. Cette année, ils viendront du Japon, d’Iran, de Pologne, du Mexique, d’Albanie, d’Irak, de Chine, du Mali ou encore de Roumanie. Place est également faite au film documentaire, cette expression cinématographique nouvelle de plus en plus en vogue et qui est, selon les organisateurs du festival international du cinéma d’auteur de Rabat, un extraordinaire outil pour l’ancrage de la démocratie en terre marocaine.
Le cinéma Renaissance avant sa transformation.
Rabat, capitale culturelle.
C’est aussi le vœu ardent de Hassan Amrani, le wali de la région Rabat-Salé-Zemmours-Zaers. Finie, la ville Rabat-joie. Rabat veut se faire espace culturel. Le tourisme d’affaire y est en hausse mais aussi, et pour la première fois l’an passé, le tourisme culturel. “Cette année, nous avons commercialisé le festival international du cinéma d’auteur de Rabat auprès des compagnies aériennes et des hôtels r’batis”, annonce le wali face à un Abdelkak Mantrache qui rêve de programmes culturels étalés sur 365 jours.
Rabat, capitale culturelle à l’instar de Fès ville de la spiritualité n’aurait-elle de place que pour les seules musiques du monde de Mawazine ? “Rabat a besoin de plusieurs festivals sur toute l’année. Il y a toujours possibilité de développer et d’élargir ce qui existe. Le Festival de Rabat et Mawazine coûtent chacun entre 10 et 12 millions dhs”, assure, main sur le cœur, H. Amrani.
En attendant, Rabat fait son cinéma du 21 juin au 1er juillet. Même si les salles sombres ferment, les unes après les autres, même si les écrans géants se font de jour en jour noirs, marquant le générique de fin. Des motifs d’espérer existent pourtant pour ceux et celles qui aiment la vie et vont au cinéma. Le célèbre cinéma r’bati “Renaissance” ouvrira ses portes en juillet prochain après s’est transformé en espace multiculturel. Et mardi 19 juin, la wilaya de Rabat procèdera à l’autodafé de 400 000 CD piratés, ceux -là même qui ont contribué à la mort des salles de cinéma chez nous…
Narjis Rerhay
Libellés : Arts et culture, Vie de la cité

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