23 mai 2007

Festival Mawazine Que du bonheur !




· Rabat touchée par la world music jusqu’au 24 mai

· Une organisation sans fausse note

Le public et les critiques sont unanimes. Pour une fois que l’on s’accorde, c’est pour saluer Mawazine 2007 qui connaît un véritable succès !!! Il n’y a qu’à essayer de trouver un taxi sur Rabat le soir, pour se rendre compte de l’ampleur du phénomène. Impossible.
Résumé de ces quelques moments de pur bonheur. Des instants volés au théâtre Mohamed-V dirigé par Abdelatif Nassif El Mesnaoui, fraîchement nommé.
L’inauguration, le vendredi 18 mai, laissait déjà présager de la qualité des programmes à venir. Artistes et public, ce soir là, s’étaient donné rendez-vous pour la sixième édition du festival des rythmes du monde. « Une occasion unique de découvrir la richesse d’un patrimoine musical mondial souvent inconnu », précise Maroc-Culture, les organisateurs. Et c’est vrai !!!
Ouvrant le bal ce soir là, une surprise portugaise : le Trio Chainho. Un de ces guitaristes hors pair…D’ailleurs, la cuvée 2007 en propose toute une palette du même acabit). 40 ans de carrière. Ses mains glissaient littéralement sur les 12 cordes de son instrument, qui rappelait étrangement les guitares de ce côté-ci de la méditerranée. Moment d’émotion. Frissons (de plaisir) garantis.
Puis c’est au tour du Brésil et au groupe Banda do Pelo, d’enflammer littéralement la scène. Les spectateurs sont comme magnétisés, possédés par des notes de samba et danse acrobatique, comme la capoera (art martial brésilien). Danse, cris, applaudissements. Grosse chaleur… « Encore, on en veut encore !!!», criait le public, le lendemain à Hay Nahda pour leur deuxième passage sur les planches marocaines. Puissance des percussions, magie de ces corps dénudés et des danseuses au corps élastique, virevoltants sur ces sonorités latines.
L’Angola et le Congo représentaient le continent africain. Semba master’s et Kekele, deux groupes alliant tradition et modernité, offraient la possibilité de partager, l’espace d’un concert, les douceurs de la rumba. Déhanchements et frôlements de rigueur… Ah, quand l’Afrique se réveille…
Samedi soir, tout le monde est parti voir Hajja Hamdaouia, derrière le théâtre Mohamed V. Un succès total. Une performance. La « grande dame » de Zagora égraina ses tubes, sous les bravos. No comment !!!
Dimanche, place à l’Espagne. Près d’une heure de tubes avec les Gipsy King. Leurs plus grands hits. Musique gitanes, passes de torero. Séquence souvenir … Puis ce fut au tour de Manitas de Plata, dit « les mains d’argent». Cet autre virtuose, guitariste génial et fulgurant, ne joua que 20 minutes, mais d’une intensité rare. Standing ovation, pour le doyen des artistes. Respect.
Hier soir, près du Hilton, Mory Kante, le Malien, nous rappela les liens entre l’Afrique subsaharienne et notre pays. Musique d’inspiration berbère, et kora (guitare traditionnelle) s’apprivoisèrent le temps d’une chanson. Féerique…
Maroc-Cultures, et son président Abdeljalil Lahjomri, affichent la mine des grands jours. L’édition 2007 du festival Mawazine, rythmes du Monde 2007, dépasse tous les pronostics. Marocains et Marocaines dans la rue, pour autre chose que du football, c’est si rare. Et dire que ce n’est pas encore fini. La fête continue jusqu’au 24 mai…

Alexis Bensâad

Libellés :